Fiche de la compagnie Infogrames
NomInfogrames
Autres nomsInfogrames Entertainment S.A. (France), Infogrames Entertainment GmbH (Allemagne), Infogrames Entertainment Benelux (Belgique)
PaysFrance
Création1983
Fin2003
Rôle(s)Développement, Distribution, Distribution (Europe), Distribution (France), Edition, Edition (Europe)
Site officielhttp://www.atari.com/
Développeur, éditeur et distributeur français basé à Villeurbanne, Rhône (1983).

Fondé par Bruno Bonnell et Christophe Sapet, Infogrames est devenue le n°1 européen de la création, de l'édition et de la distribution de jeux vidéo pour consoles de jeux (Nintendo, Sega ou Sony) ainsi que pour PC, ce dernier bénéficiant aussi d'un catalogue de logiciels éducatifs.

Infogrames est à l'origine d'innombrables titres originaux, que l'équipe d'Abandonware France s'ingénie à restaurer, disponibles ici-même pour certains, dans la rubrique Trésors exhumés. Je pense notamment à «Le Cube» son premier succès en 1983, suivi par «Mandragore» en 1984, ainsi qu'à la pléthore de titres qui vont sortir à partir de la seconde moitié des années 1980, comme «Bivouac», «Les Passagers du Vent» ou encore «L'Affaire Vera Cruz». Ces deux derniers titres marquent la volonté de la société de sortir des titres d'envergure, une envergure que la société veut aussi donner aux jeux d'action. Le but est de mettre sur le marché des jeux d'arcade de plus de 300 Ko ! L'activité de la société est débordante et part dans tous les sens : recherches sur les disques opto-numériques, recherches en intelligence artificielle et investissement dans les développements en télématique (voir Trivia 1). Il faut également signaler que depuis cette époque, Infogrames ne cache pas sa volonté de grossir par acquisitions et rachète tour à tour les sociétés françaises Cobra Soft et ERE Informatique. La production de titres originaux va perdurer dans le temps, avec notablement la fameuse simulation de rallye «V-Rally», vendue à plus de 3 millions d'exemplaires dans le monde, et dont le succès transformera le titre en série, jusqu'en 2003.

Infogrames dispose d'un catalogue couvrant l'ensemble des segments de marché et qui contient de nombreuses licences nationales : cette politique d'acquisition de licences prendra un essor décisif avec la signature avec la SEPP (qui détient tous les droits des personnages Dupuis), d'un accord exclusif pour la transposition de ses personnages en logiciels pour micro-ordinateurs. Cette collaboration donnera naissance à des produits tels que «Bobo» (1988), «North and South» avec Les Tuniques Bleues (1990), et plus tard, «Spirou» (1996). Par la suite, un accord avec les éditions Casterman et la fondation Hergé sera signé pour la première adaptation micro de Tintin, qui deviendra «Tintin sur la Lune». En 1989, alors que les affaires d'Infogrames ne sont pas au beau fixe avec le faux-bon d'Epyx, les faillites de Cable-France Image Logiciel, ainsi que de Nasa Electronique (voir Trivia 2) et la fermeture de ses bureaux parisiens, Infogrames décroche un contrat qui va renflouer ses caisses. C'est effectivement cette année qu'elle signe avec Maxis les droits de distribution exclusive sur tout le territoire européen, de «Sim City», qui allait s'avérer un mega-hit. Naturellement, c'est également Infogrames qui est chargé de la localisation du titre américain.

Parallèlement, Infogrames se lance dans les développements pour consoles Nintendo : NES, Game Boy et Super Nintendo. Ce n'est cependant pas une nouvelle orientation puisque trois années auparavant, la société avait déjà fait un pas sur ce nouveau marché, en signant sa première licence, avec Philips, pour sa CD-I, devenant ainsi l'un des tous premiers éditeurs à développer pour cette nouvelle plateforme. Les premiers titres pour Nintendo de la société sont des conversions de jeux déjà existants sur micro-ordinateurs : «North and South» (NES, 1990), suivi par «Drakkhen» (Super Nintendo, 1991), deux années après son équivalent micro.

Le début des années 1990 est marqué par le lancement d'une simulation de tennis réussie, «Advantage Tennis» (1991), récompensée par le "4 d'Or" de la meilleure simulation sportive par le magazine Génération 4, mais également par le titre «Alone In The Dark» (1992), qui a lui aussi été récompensé de l'Abandonware d'Or" par le magazine Abandonware France... Trêve de plaisanterie, ce titre inspiré de l’œuvre de Lovecraft, précurseur du genre 'survival horror', "mêle l'étrange, l'envoûtant, le mythique et l'effroi, et devient la référence absolue des jeux d'aventure". Ces louanges sont loin d'être usurpées, car «Alone In The Dark» innove au niveau de la réalisation. Il est effectivement le premier jeu vidéo où les personnages et les objets sont entièrement réalisés en 3D faces pleines animées. La vision du jeu par l'intermédiaire de caméras disposées à différents endroits du décor accentue encore l'atmosphère oppressante du jeu. «Alone In The Dark» suscitera un véritable engouement de la part des passionnés autant que de la presse spécialisée. Edward Carnby, le détective de l'étrange, reviendra pour de nouvelles aventures dans «Alone In The Dark 2» (1993) et «Alone In The Dark 3» (1995).

En plus des licences nationales, et pour appuyer ses ambitions à l'export, Infogrames est friand de licences à notoriété internationale, telles Looney Tunes de Warner Bros (voir Trivia 3), Mission Impossible de la Paramount, Ronaldo et l'équipe brésilienne de football de Nike ou les 24 heures du Mans.

Infogrames est présent dans une soixantaine de pays par le biais de comptoirs de distribution, et plus particulièrement en Europe où le groupe dispose d'une force de frappe de premier ordre en matière de distribution. Cette activité de distribution prend une nouvelle dimension quand Infogrames annonce le 11 avril 1996 le rachat d'Ocean International, qui comprend non seulement son catalogue, mais aussi sa force de distribution au Royaume-Uni. Cette force de frappe sera démultipliée lors du rachat des actifs de la société Philips Media France le 1er juillet 1997, avec notamment une force de distribution composée de grands acteurs européens tels qu'Ecudis en France, Bomico en Allemagne, Bomico BV au Bénélux et Dynamic Systems en Autriche. L'Europe du sud est désormais couverte par les acquisitions de Arcadia en Espagne et de A + Multimédia au Portugal.

Acquérir des distributeurs c'est bien. Avoir des titres à distribuer, c'est mieux. C'est ainsi que parallèlement, Infogrames multiplie les rachats et prises de participations de développeurs. Sur le territoire national, Infogrames participe ainsi désormais au capital de Canal+ Multimedia et rachète le studio de développement parisien de Sony, Psygnosis Paris (voir Trivia 4). En dehors du territoire français, le dévolu d'Infogrames pour des développeurs touche le Royaume-Uni, l'Australie mais peut-être et surtout les États-Unis.

Détaillons ici ces acquisitions. Le Royaume-Uni tout d'abord. Pour Infogrames, Gremlin présente deux atouts non négligeables. Premièrement, grâce à sa gamme "Actua", cette acquisition va consolider l'offre d'Infogrames sur le segment des jeux de sport, disposant déjà des licences telles que Ronaldo et l'UEFA, ainsi que V Rally. D'autre part, il faut se rappeler que Gremlin possède elle-même DMA Design et que l'ensemble représente une puissante capacité de développement, avec les trois quarts de ses effectifs affectés à la production. De plus, à l'heure du rachat, Infogrames et Gremlin ne sont pas deux sociétés étrangères l'une à l'autre. Infogrames distribue dores et déjà les jeux Gremlin en France et en Espagne. Suite au rachat de Gremlin en mars 1999 (voir Trivia 5), la distribution des jeux de la société britannique sera entièrement confiée à Infogrames et ainsi optimisée pour l'Europe, l'Australie et les États-Unis.

Seconde acquisition internationale, le 9 avril 1999, celle de Beam Software, la division logicielle de Beam International. S'ensuivent deux acquisitions américaines, celles des sociétés GT Interactive Software Corporation et Accolade. L'appétit d'Infogrames est effectivement sans fin : c'est en déboursant 135 millions de dollars, et ce, sans financement extérieur (voir Trivia 6) que la société de Villeurbanne rachète l'éditeur-distributeur américain GT Interactive Software Corporation. Cela permet à l'entreprise française de devenir l'un des plus grands groupes mondiaux en la matière et d'atteindre le milliard de dollars de chiffre d'affaires sur l'exercice 2001. Qui plus est, il semble qu'Infogrames ait également joué la complémentarité pour ce rachat, ajoutant à son catalogue typé familial, des titres GT destinés à un public plus mature (voir Trivia 7). En tout état de cause, cette prise de contrôle permet à Infogrames, déjà leader en Europe, de progresser très nettement en terme de parts de marché Outre-Atlantique : les États-Unis représentant désormais près de 50% de son activité contre 15% jusqu'alors. Pour ce qui est d'Accolade, ses bureaux et studios de San Jose seront fermés pour fusionner avec ceux d'Infogrames, Inc. à Los Angeles. La plupart des employés de l'époque de l'acquisition sont restés employés chez Atari (nouveau nom d'Infogrames). Atari possède les droits et les licences des jeux créés par Accolade.

Au final, Infogrames réunit environ alors 1200 collaborateurs. Infogrames est également actionnaire de Game One, la première chaîne de télévision spécialisée dans les jeux vidéo en Europe.

Après plusieurs déboires en 2002 (plans sociaux en France, baisse du marché en Europe), Infogrames change de nom et devient Atari fin avril début mai 2003. Ceci afin d'être plus compétitif sur le marché américain, où la marque Atari est historiquement mieux implantée qu'Infogrames. Ne le cachons pas plus longtemps, Bruno Bonnell s'autocongratule en parlant d'un moment historique dans un communiqué de presse. Pour lui, qui n'hésite pas à sacrifier son tatou stylisé, "Atari reste dans l'inconscient collectif l'inventeur du jeu vidéo et dont le logo représentant, là encore de façon stylisé, le Mont Fuji est un signe de ralliement pour toute une génération de jeunes et de moins jeunes".

Son adresse postale (1) : 79, rue Hippolyte-Kahn, 69100 Villeurbanne.
Son adresse postale (2) : 84 rue du 1er mars 1943, 69628 Villeurbanne Cedex.
Son adresse postale (UK) : Mitre House, Abbey Road, Enfield, Middlesex, EN1 2RQ.

Le slogan de Infogrames est : "Infogrames, La Micro Spectacle".

Slogan de Infogrames


Trivia 1
effectivement, Infogrames lance Otello, sa filiale télématique basée à Metz, Moselle. Grâce à elle, Infogrames va proposer des jeux à télécharger via le Minitel, pour 30 francs.

Trivia 2
la fermeture de la chaîne prive Infogrames d'un réglement de 2,5 millions de francs ...

Trivia 3
les licences nationales (qui plus est bâclées concernant «Bob Morane»), n'avaient que peu d'impact à l'exportation, c'est ainsi que la signature de licence avec le Groupe Warner pour l'exploitation des 253 personnages des Looney Tunes (Bugs Bunny, Daffy Duck, Bip-Bip et le coyote, Titi et Grosminet, Speedy Gonzales etc...) devait donner une dimension mondiale au catalogue de produits sous licence de personnages de bande dessinées et de dessins animés.

Trivia 4
l'équipe constituée d'une trentaine de personnes rejoint ainsi les équipes internes de développement et de création d'Infogrames avec deux projets majeurs dans le domaine des jeux d'aventure et de stratégie temps réel : «ODT 64» et «3X Science of War».

Trivia 5
sur le plan financier, Infogrames offre aux actionnaires de Gremlin d'acheter leurs titres au prix de 120 pence par action. L'offre porte sur la totalité des titres, pour un montant total d'environ 25 millions de livres sterling, puisque l'Europe n'a pas fait sienne la perfide Albion.

Trivia 6
ce point est notable : non seulement la société ne s'endette pas et elle ne ne cède pas non plus d'actifs pour ce rachat. Pour autant, elle conserve après la prise de contrôle une trésorerie positive d'environ 100 millions d'euros !

Trivia 7
c'est «Astérix» qui se frotte à «Duke Nukem», en quelques sortes ! Et à «E.T.» également, puisque dans la dot d'Hasbro Interactive se trouve la marque Atari.

News concernant Infogrames

Récompenses

  • Nominé aux 4 d'or 1989 dans la catégorie Meilleure compagnie française
  • Nominé aux 4 d'or 1990 dans la catégorie Meilleure compagnie française
  • Nominé aux 4 d'or 1992 dans la catégorie Meilleur éditeur

Catalogues

Médias

Article dans SVM n°30 (01/07/1986) p34
Article dans Tilt n°38 (01/01/1987) p94
Article dans SVM n°38 (01/04/1987) p10
Article dans Computer + Video Games n°72 (01/10/1987) p76
Reportage dans ASM (01/01/1988) p59
News dans Tilt n°55 (01/06/1988) p110
Article dans Tilt n°56 (01/07/1988) p12
Rétrospective dans Arcades n°13 (15/09/1988) p14
Article dans Joystick Hebdo n°2 (16/11/1988) p25
Article dans Joystick Hebdo n°3 (23/11/1988) p26
News dans Tilt n°61 (01/12/1988) p20
News dans Tilt n°62 (01/01/1989) p38
News dans Computer Gaming World n°57 (01/03/1989) p5
News dans Tilt n°68 (01/07/1989) p38
News dans Tilt n°70 (01/10/1989) p148
Reportage dans ACE n°34 (01/07/1990) p73
Article dans Tilt n°81 (01/09/1990) p34
News dans Joystick n°12 (01/01/1991) p33
News dans Joystick n°12 (01/01/1991) p34
News dans Joystick n°12 (01/01/1991) p38
News dans Joystick n°17 (01/06/1991) p30
Article dans The One n°37 (01/10/1991) p25
News dans Génération 4 n°38 (01/11/1991) p52
News dans Génération 4 n°39 (01/12/1991) p58
News dans Joystick n°22 (01/12/1991) p20
Article dans ASM (01/05/1992) p99
Reportage dans Play Time n°6/92 (01/06/1992) p22
Article dans Tilt n°107 (01/11/1992) p58
News dans Joystick n°33 (01/12/1992) p107
News dans Joystick n°40 (01/07/1993) p34
News dans Tilt n°116 (01/07/1993) p63
Reportage dans Génération 4 n°70 (01/10/1994) p58
News dans Joystick n°53 (01/10/1994) p17
Reportage dans Edge n°14 (01/11/1994) p66
Article dans Libération (31/12/1994)
Article dans Libération (16/01/1995)
Reportage dans Joystick n°57 (01/02/1995) p178
News dans Joystick n°57 (01/02/1995) p22
News dans Joystick n°63 (01/09/1995) p17-23
News dans Joystick n°64 (01/10/1995) p20
News dans Génération 4 n°82 (01/11/1995) p30
News dans Joystick n°65 (01/11/1995) p19
News dans Joystick n°71 (01/05/1996) p22
News dans Génération 4 n°89 (01/06/1996) p22
News dans Joystick n°76 (01/11/1996) p13
News dans Génération 4 n°98 (01/04/1997) p30
News dans Joystick n°91 (01/03/1998) p19
Article dans Libération (10/02/1999)
News dans Libération (17/11/1999)
Article dans Libération (21/01/2000)
Article dans Game Developer (01/03/2000) p31
Rétrospective dans PC Player n°9/00 (01/09/2000) p94






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