Black Sect
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Dosbox
Compatible avec la version 0.65
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titre LE SCENARIO

De nos jours, au coeur du Périgord Noir, la quiétude d'un village, Issegeac, est brisée par le meurtre d'un vieil homme. Cet assassinat réveille une malédiction endormie depuis près de mille ans.
En effet, en 1016, une série de disparitions et de meurtres avait plongé la communauté dans l'effroi. Homorius, un exorciste de renom, avait ramené la paix en procédant à des incantations qui avaient anéanti les membres de la Secte Noire.
Avant de repartir, l'exorciste avait confié son livre d'incantations à un membre du village, le désignant comme le gardien du grimoire. Et ainsi, de gardien en gardien, le Livre Magique avait préservé le retour du Mal dans le village.
Mais il se trouve que l'assassinat qui vient d'être perpétré est non seulement celui du gardien du Livre, mais que ce dernier a disparu. L'ombre de la Secte Noire rôde de nouveau sur Issegeac.
Dans ce jeu à la première personne, vous incarnez le petit-fils du gardien qui a été assassiné. Votre tâche est d'infiltrer la Secte Noire, de remettre la main sur le grimoire, et de le rapporter au nouveau gardien, afin de briser la malédiction.

titre LE GAMEPLAY

«Black Sect» se joue à la souris ou au clavier, mais la souris est nettement préférable, dans la mesure où l'interface est plutôt complexe. Par exemple, il y a 16 actions possibles, ce qui signifie 16 touches diffèrentes rien que pour les actions. Inutile d'envisager de les mémoriser, cela signifie jouer avec le manuel entre les mains.
A la souris, la prise en main est assez délicate. En effet, l'écran de jeu est encadré par des onglets qui pourraient faire perdre son latin au joueur peu aguerri. Le téléchargement du manuel n'est pas seulement nécessaire, il est salutaire.
-Le bas de l'écran comprend trois onglets. A gauche, c'est le menu "déplacements". En cliquant sur cette icône, vous accédez aux diffèrentes directions que vous pouvez prendre.
-Au centre, c'est le menu inventaire, qui comprend cinq objets au maximum. Bien sûr, ce défaut contraint le joueur à abandonner tel objet inutile ou déjà utilisé, mais il a le mérite de rendre le jeu plus proche de la réalité. Dans certains jeux d'aventure, il n'est pas rare de se retrouver avec une pléthore d'objets plus ou moins lourds et encombrants, ce qui n'est pas le cas ici.
L'inventaire comprend en outre trois zones: Objet en main, dépôt d'objet et action sur les objets.
-Enfin, en bas à droite, l'onglet désigne le menu de sauvegarde. Attention, vous ne disposez que de cinq sauvegardes, mais que vous pouvez écraser à votre guise.
Sur le côté droit de l'écran de jeu, il y a d'autres onglets:
-En haut, le logo de Lankhor vous permet d'accèder au pourcentage de résolution du jeu.
-L'horloge. Comme de nombreux jeux d'aventure du début des années 1990, «Dark Seed» ou «Gabriel Knight» par exemple, vous disposez d'un temps limité pour réussir votre quête. Certaines actions ne peuvent s'accomplir qu'à un moment donné. Heureusement, vous pouvez accélérer l'horloge en cliquant sur l'heure ou les minutes. Cependant, il faut une douzaine de minutes réelles pour que passe une heure dans le jeu. Et comme vous êtes censé réussir votre quête en trois jours, cela vous donne une quinzaine d'heures réelles pour aller au bout. D'où l'intérêt de bien sauvegarder en fonction du pourcentage de résolution du jeu. La bonne nouvelle, c'est que le soft est assez linéaire, et que des messages apparaissent à l'écran pour vous rappeler des éléments fondamentaux.
- L'icône sous l'horloge vous apporte, lorsque vous cliquez dessus, un indice, une aide, lorsque vous vous retrouvez bloqué.
- En dessous, il y a le menu "action", avec 16 actions possibles, comme "regarder" ou "fouiller", "lire", "montrer", etc.
-Enfin, l'onglet tout en bas est celui qui vous permet de quitter le jeu.
Là où l'ergonomie du jeu devient délicate, et c'est ce qui fut la plus grande critique lors de sa sortie, en 1993,c'est que si vous désirez montrer un objet à un des personnages du jeu, vous devez cliquer sur "menu inventaire", sélectionner votre objet, puis cliquer sur "action", sélectionner "montrer", puis cliquer sur le personnage. Ce n'est pas grand-chose, mais cela peut dérouter le joueur impatient.
Une fois que vous avez pris en main le jeu, l'aventure est dans la plus pure tradition des "point and click". Vous devez enquêter, donc interroger des personnages, trouver des clés pour entrer dans des lieux, résoudre des énigmes pour avancer dans votre quête, et ne pas tomber dans les nombreux pièges. En effet, mettre ses mains dans un buisson sans avoir mis de gants peut vous réserver une mauvaise surprise, une vipère pouvant s'y trouver pour faire la sieste, par exemple.
Vous l'avez compris, il y a des game over frèquents, mais avec du bon sens, de l'observation, bref avec toutes les qualités attendues dans ce type de jeu, vous devriez éviter la plupart des pièges. Soyez également attentif aux éléments du décor, qui peuvent contenir des objets dissimulés.

titre UN JEU A L'ATMOSPHERE GOTHIQUE: Y PERDREZ-VOUS VOTRE AME?

«Black Sect» dispose de graphismes de grande qualité, et vous emmène à travers une trentaine de lieux dans et autour d'Issegeac.
Dès le premier instant de jeu, l'ambiance glauque est posée: des rues désertes, un chat noir, une auberge bien peu avenante, et à quelques mètres de là, un nain pendu à un arbre avec un renard qui semble guetter vos allées et venues.
Les écrans sont statiques, mais des animations vous permettent de ne pas sombrer dans la solitude. Que ce soit la fermière au bord de la rivière, ou le vagabond qui mendie près des vestiges, vous ne serez jamais complètement seul, en dépit des apparences.
Le temps qui passe est suggéré par des changements de lumière, des couleurs roses ou ocres annonçant la fin de l'après-midi. L'eau qui s'écoule près du pont du silence, la nature qui reprend ses droits là où les ruines estompent la présence humaine, tout est très bien suggéré par des sons et des bruitages très à-propos.
En définitive, «Black sect» diffuse une mélancolie très poétique, une nostalgie romantique à travers les lieux figés par le Temps, que vous traversez pour aller au bout de votre quête. Les passages secrets, les artefacts qui déclenchent des ouvertures de caches, un vieux calvaire qui n'a pas dévoilé tous ses secrets, le cimetière gardé par des ombres, le repaire de la Secte Noire, la Porte des Mystères...En 1993, la publicité du jeu claironnait:"Y perdrez-vous votre âme?". Vingt ans plus tard, en rejouant à ce jeu, force est de constater que ce titre a une âme.

titre UN JEU QUI A DE LA SUITE DANS LES IDEES

«Black Sect» est un projet qui est né de la collaboration de deux rêveurs: Jean-Claude Lebon et Jean-Pierre Godey. C'est à la fin des années 1980 qu'ils mettent en oeuvre le scénario du jeu.
En 1990, La Secte Noire est éditée chez Lankhor, sur Amstrad CPC. Le jeu est assez difficile, reposant sur un analyseur syntaxique, et tout ( ou presque) se joue au clavier. Ce gameplay était encore en vogue quelques années auparavant, avec des jeux d'aventure comme «Les Portes du Temps».
L'accueil fut plutôt bon, ce qui encouragea Les dirigeants de Lankhor, comme Bruno Gourier, à adapter le jeu pour les machines 16 bits. «Black Sect» a connu un développement repoussé de mois en mois, et ce sont finalement trois années qui ont été nécessaires pour finaliser le jeu.
André Bescond, déjà auteur de la bande son de «Maupiti Island», «Vroom», ou encore G.nius, a apporté tout son savoir-faire à la réalisation du jeu.
Mais aux graphismes, on retrouve un homme, tout seul, débutant de surcroît, et à qui on a confié le soin de réaliser le jeu pour Amiga, atari St et pour Dos. Ce jeune homme, c'est Serge Fiedos. Adepte de Deluxe paint, il a réalisé un jeu de toute beauté, en mode VGA 256 couleurs, plein de détails et de lieux idylliques.
Entre temps, Godey et Lebon avaient déjà donné une suite à La Secte Noire, toujours sur CPC, avec un titre sorti en 1991, La Crypte des Maudits. Mais les jeux 8 bits ne sont plus en vogue, et les jeux d'aventure textuels sont délaissés au profit des jeux que développent des studios aussi prestigieux que Sierra, Lucasarts ou encore Delphine Software. La suite de La Secte Noire ne sera jamais développée pour Amiga, Atari St ou Dos.

titre CONCLUSION: DU FLOP AU TOP

Lorsque «Black Sect» sort enfin, au printemps 1993 ( sur Dos), le public s'extasie pour «Gabriel Knight» ou «Day of the Tentacle». A peine sorti, le titre est considéré par les critiques comme étant dépassé. Oldie avant l'heure, critiqué pour la lourdeur de son gameplay, pour la facilité ( qui reste relative, personnellement, je ne trouve pas ce jeu facile!) de ses énigmes, «Black Sect» a du mal à percer et les ventes ne décollent pas. La première année, ce sont moins de 3000 jeux qui sont écoulés. Le studio lankhor connaît alors des difficultés, et le développement du très attendu «Sukiya» est abandonné. Lankhor, studio de jeux d'aventure et de jeux éducatifs, s'oriente vers des jeux plus vendeurs et moins longs à développer. C'est l'échec de «Black Sect» qui semble expliquer le départ de Bruno Gourier, dès 1993. Quant à Serge Fiedos, dont le talent n'a jamais été remis en cause, il quitte le studio de Clamart pour aller frapper à la porte de Delphine Software. Chargé de travailler sur la suite de «Flashback», il a également fait partie de l'équipe de développement de Shaq Fu.
Mais pour «Black Sect», le jeu a continué à se diffuser, de bouche à oreille, trouvant un public tardif mais fidèle. En 2012, un remake en anglais a été réalisé par des fans. Il est d'ailleurs accessible en freeware.
Le jeu reprend les graphismes soignés, mais la lourdeur du gameplay a été gommée au profit d'un système d'icônes simplifié, une linéarité qui reste de mise, certes, mais le défilement du temps n'est presque plus synonyme de game over. Et puis parmi les améliorations, on trouve des sauvegardes en nombre beaucoup plus important. Par contre, la bande-son a été quasiment massacrée.
Mais ce remake, c'est avant tout un gros clin d'oeil fait par des fans à ce jeu injustement mésestimé et oublié. «Black Sect» a non seulement une âme, mais il appartient au patrimoine de l'histoire des jeux vidéo. Vingt ans après sa sortie, il est parmi les titres qui bénéficient d'un remake, un nouveau public le découvre. Une légende est peut-être en marche.


titre Lancement sous DOSBox

Exécutez le fichier BS.BAT. Vous pouvez changer la configuration avec CFG.EXE.



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