Total Immersion Racing
Date de sortie
11/2002 ()
Genre
Développement
Conversion sur Mac
Édition en Europe
Systèmes
systeme systeme
Dosbox
Compatible avec la version 0


titre Introduction

Razorworks est un studio britannique de développement de jeux vidéo fondé en 1996, et qui était à l’origine spécialisé dans les simulations de combats aériens, avec la série des Enemy Engaged, titres de pilotage d’hélicoptères se déroulant pendant la guerre froide. Cependant, c’est surtout pour la série des Ford Racing que le studio est aujourd’hui connu, ce dernier ayant été aux commandes de la saga à partir du deuxième épisode en 2003 jusqu’à la faillite de Empire Interactive, son éditeur, en 2008. Jeux plutôt corrects et appréciés par la critique, les premiers Ford Racing de Razorworks ne sortent pas de nulle part, puisqu’en 2002, soit un an avant, le studio sortait son tout premier jeu de course, intitulé Total Immersion Racing, déjà édité par Empire Interactive.

Ce nouveau titre avait par ailleurs une esthétique et une thématique différentes de ce qui allait suivre, puisqu’il s’agissait alors d’un jeu se présentant comme une simulation réaliste mettant en scène des voitures de course en action sur des circuits fermés, réels ou fictifs, avec la possibilité d’effectuer de nombreux réglages sur sa monture mais également de participer à des séances d’essais libres et de qualifications avant les courses. Une présentation très axée "racing" pour un soft qui en réalité n’est pas du tout une simulation, mais bien un jeu d’arcade comme en attestent la conduite très simple à prendre en main et l’absence de championnats issus du monde réel. Un titre en entre-deux donc, qui promet au joueur d’avaler du bitume sur différents circuits au volant de voitures de sport et de course taillées pour la piste, mais toujours avec l’objectif "fun" en ligne de mire. C’est donc parti pour le test de Total Immersion Racing sur PC.

titre Jeune pilote cherche CDD dans écurie prestigieuse

Dans les menus, le joueur fait face à quatre modes de jeux, avec les traditionnelles courses uniques et épreuves de contre-la-montre qui côtoient un mode carrière et un mode challenge. Comme dans de nombreux titres du genre, la carrière nous propose de participer à des courses au volant de modestes voitures de sport, en vue de remporter le championnat et d’accéder à une catégorie supérieure, et ainsi de suite jusqu’à piloter les bolides de courses les plus véloces et perfectionnés de l’époque, à savoir des monoplaces des championnats d’endurance type 24h du Mans. Il y aura donc trois catégories à remporter afin de triompher du mode carrière, à savoir GT, GTS et prototype. À chaque début de saison, le joueur va devoir sélectionner un contrat parmi plusieurs disponibles, lui permettant de courir dans l’une des catégories. Certains chefs d‘équipe vont exiger de passer un test de conduite avant de céder le volant au joueur, et il sera par ailleurs tout à fait possible de refaire une saison dans la même catégorie afin d’améliorer son score et de décrocher de meilleurs contrats pour la saison suivante. Le but ultime restera de remporter au moins un championnat dans chacune des trois catégories.

Le mode challenge quant-à-lui propose une structure différente, puisqu’il s’agira ici de remporter trente-sept championnats thématiques de difficulté croissante avec des autos de plus en plus rapides, jusqu’au grand final au volant d’une monoplace d’Indycar. De nombreux challenges proposent des restrictions sur les voitures pouvant y être engagées, forçant le joueur à maîtriser plusieurs montures dans chaque catégorie, et certains championnats possèdent même une thématique unique permettant de se diversifier des autres épreuves, entre les championnats constructeurs avec une seule voiture autorisée, les courses d’endurance, les sprints à un seul tour, les courses avec du trafic à éviter sur la piste, etc. Chaque victoire sur un nouveau circuit débloque ce dernier en modes course unique et contre-la-montre, et chaque championnat constructeur, avec une seule voiture autorisée donc, débloque cette dernière dans ces mêmes modes de jeux. Il sera donc nécessaire de compléter le mode challenge afin de tout débloquer, sans quoi le joueur devra se contenter des premières voitures du jeu sur quelques tracés seulement.

Dans chaque mode de jeu, il sera possible d’effectuer des réglages sur sa monture afin d’en améliorer les performances sur un tracé donné. Appui aérodynamique, équilibrage des freins, pression des pneus, hauteur de caisse, rigidité de la barre anti-roulis, raideur des suspensions, pincement des roues, longueur de la boîte, etc., autant de paramètres sur lesquels influer afin d’obtenir la coureuse d‘asphalte parfaite. De même, il sera possible, et parfois nécessaire, de prendre part à des séances d’essais libres et de qualifications, afin de respectivement connaître le tracé et obtenir une bonne position sur la grille de départ. Sans séance de qualification, on partira bon dernier et il faudra alors tout remonter dans des courses parfois trop courtes pour cela. Enfin, toujours dans tous les modes de jeux, certaines courses peuvent se faire avec plusieurs catégories qui courent simultanément sur la piste, le but étant de remporter sa catégorie, ou bien la victoire générale dans la classe prototype. Il sera donc nécessaire de savoir dépasser les voitures plus lentes sans trop perdre de temps lorsqu’on leur met un tour, mais également de laisser passer les voitures plus rapides arrivant derrière si l’on coure dans une petite catégorie.

titre Gameplay

Comme évoqué dans l’introduction de ce test, si Total Immersion Racing a une esthétique très axée course sur piste, et la possibilité d’effectuer des réglages et de participer à des séances de qualifications, manette en main c’est bien d’un jeu arcade qu’il s’agit. Les voitures sont simples à piloter malgré leurs différences uniques de comportement sur la piste, il est possible de freiner et d’accélérer dans les virages sans partir en tête-à-queue, ou même de monter sur les vibreurs et de couper des virages sans aucune conséquence ou pénalité, il n’y a pas de modélisation des dégâts, pas de gestion de l’usure des pneus, seules les courses d’endurance du mode carrière (et des courses uniques) proposent des arrêts aux stands et une gestion (très sommaire) du carburant, et la plupart des courses sont d’une durée relativement courte, comme dans la plupart des jeux arcades basés sur l’amusement immédiat. Une accessibilité qui ouvrira le titre au plus grand nombre de joueurs, mais qui forme une dissonance étrange avec l’esthétique et la thématique du soft, comme si les développeurs n’avaient pas pu se décider jusqu’au dernier moment s’ils voulaient créer une simulation ou un titre arcade.

Total Immersion Racing propose quatre modes de difficulté dans les modes carrière, course simple et contre-la-montre, à savoir Amateur, Professionnel, Légende et Héros, ce dernier n’étant disponible qu’après avoir complété une première fois la carrière dans une difficulté inférieure. Le mode challenge quant-à-lui ne propose pas de réglage de la difficulté, mais au contraire débute avec des épreuves très simples, et suit la progression du joueur en lui opposant des adversaires de plus en plus rapides et farouches, jusqu’aux derniers championnats plutôt relevés. Lors de ce test, la carrière a été effectuée une première fois en difficulté professionnelle, ce qui était franchement simple, les adversaires étant plutôt lents et prudents. Le mode challenge a lui été complété en intégralité, et était de même très accessible dans la majorité des championnats, même si les dernières épreuves avec les monoplaces les plus véloces haussent sensiblement le niveau.

Par ailleurs, il est possible, via les réglages de la voiture, de rendre le soft encore plus aisé, tant ces derniers ont une incidence primordiale sur la vélocité et le comportement en piste des différentes montures. Ainsi, avec des réglages optimisés (appui au maximum, pression des pneus au minimum, hauteur de caisse au plus bas, barre anti-roulis la plus rigide possible, suspensions moyennes à l’avant et au plus raide à l’arrière), on pourra gagner jusqu’à dix secondes au tour (!) par rapport à la même voiture sans modification de la configuration de base. Une mécanique qui casse donc complètement le jeu, et qui permettra de compléter le mode challenge et la carrière en difficulté maximale sans trop se ronger les nerfs. La carrière a donc été complétée une seconde fois, cette fois-ci en difficulté héros, et avec une voiture optimisée il s’agissait d’une simple balade.

Malgré la facilité générale du soft, les intelligences artificielles, quoique plutôt rapides en ligne droite mais lentes et pataudes dans les virages, sont parfois pénibles dans leur comportement sur la piste, avec une fâcheuse tendance à se croire seules sur le tarmac et à ne pas trop tenir compte des adversaires autour d’elles. Attaque et défense de position très basiques et jamais vraiment incisives, propension à vous rentrer dans la poupe à chaque zone de freinage si vous freinez avant elles par prudence, tendance également à vous tasser dans l’herbe à chaque sortie de virage lorsqu’il convient de s’éloigner du point de corde et de repartir sur l’extérieur, aucune conscience des voitures plus rapides avec un tour d’avance qui arrivent derrière et qu’elles sont censées laisser passer, etc., ce qui peut s’avérer agaçant à la longue.

Enfin, le titre de Razorworks offre une durée de vie plutôt conséquente, avec environ 4h30 pour compléter la carrière (avec une seule saison par catégorie) en difficulté professionnelle, 14h30 pour la carrière avec des autos optimisées en difficulté héros (les courses durent alors 25 tours et non 5), et pas moins de 17h pour venir à bout du mode challenge. Une durée très généreuse qui cache malheureusement une répétitivité galopante, avec seulement huit circuits et aucune variation de gameplay notable, ce qui induit assez rapidement une lassitude qui accompagnera le joueur jusqu’à la fin du jeu, si tant est qu’il n’ait pas abandonné entre temps. Trop long par rapport à son maigre contenu, et avec trop d’épreuves recyclées les unes sur les autres, Total Immersion Racing ne captivera donc que les passionnés et les complétionnistes, mais les joueurs plus occasionnels se décourageront assez vite, ce qui est dommage pour un titre ayant dans son gameplay fait la part belle à l’accessibilité et la facilité de la conduite.

titre Graphismes et sons

Visuellement, Total Immersion Racing est véritablement soigné, et offre au joueur une prestation graphique de haute qualité pour l’époque. Les modèles de voitures sont extrêmement bien rendus et font honneur à leurs homologues du monde réel, chaque auto a son propre intérieur en caméra cockpit, les circuits sont beaux et variés visuellement, les ombres, la lumière et les reflets de l’environnement sur la carrosserie sont chiadés, particulièrement lors des courses se déroulant au crépuscule, la pluie est très bien rendue, avec une réelle diminution de la visibilité et des effets de particules très propres dans le sillage des voitures nous précédant, les traces de pneus sur l’asphalte se conservent tout au long de la course, et les différentes autos s’affaissent plus ou moins sur leurs suspensions dans les virages et lors des freinages. Il est simplement dommage que, comme évoqué plus haut, il n’y ait aucune modélisation des dégâts, ni cosmétique ni mécanique ; mais également qu’il ne soit pas possible de courir la nuit ou que la pluie ne puisse pas être sélectionnée pour l’intégralité des tracés. Les menus sont quant-à-eux simples et fonctionnels, et offrent une esthétique très moderne et épurée.

Côté sons, c’est également une production dont la qualité semble dépasser l’ambition, avec un son de moteur unique pour chaque voiture, et de très bonne facture dans tous les cas. Pas besoin de regarder en arrière pour savoir quel adversaire nous talonne, il suffit d’écouter. Les musiques instrumentales des menus sont très douces et atmosphériques, et celles en course sont plus vives et plus axées électro, avec un total de neuf pistes à écouter. Globalement, Total Immersion Racing offre une présentation soignée, que l’on retrouvera dans les premiers Ford Racing de Razorworks, et il s’agira au final du meilleur aspect d’un titre qui semble un peu se chercher côté gameplay.

titre Conclusion

Total Immersion Racing est au final une expérience de plutôt bonne facture, avec quelques réussites notables à son tableau de chasse. Les modes carrière et challenge offrent deux visions différentes de la progression d’un jeune pilote, en plus de proposer une durée de vie conséquente, la conduite est agréable et différenciée en fonction de chaque auto, les courses avec plusieurs catégories sont intéressantes d’un point de vue encombrement de la piste, il y a la possibilité d’effectuer des réglages sur son bolide avant de prendre le volant, on pourra (et devra) également participer à des essais libres et des séances de qualifications avant d’entamer la course, certains championnats thématiques sont originaux et bien pensés, les courses sous la pluie offrent un challenge supplémentaire, et la présentation générale du titre est très soignée.

Cependant, quelques lacunes et maladresses viennent ternir un peu l’expérience, et empêchent le titre de faire partie des plus grands. Pas de modélisation des dégâts, pas de gestion de l’usure des pneus, arrêts aux stands et gestion du carburant limités aux seules longues courses du mode carrière, des intelligences artificielles perfectibles et propices aux collisions, une répétitivité générale qui cache un contenu trop maigre (huit circuits…) et des épreuves trop souvent recyclées entre les différents modes de jeux, un contraste étrange entre le gameplay arcade et l’esthétique ‘’course’’ du titre qui fait que ce dernier n’a pas de positionnement clair dans le spectre des jeux de courses, et l’absence d’épreuves de nuit ou de conditions climatiques sur certains circuits sont autant de petits soucis qui, une fois accumulés, rendent le soft tout juste correct, si ce n’est moyen.

Une expérience au global correcte donc, loin d’être désagréable, mais qui malheureusement souffre de quelques griefs qui l’empêchent d’atteindre les sommets. À réserver aux aficionados de la course et aux curieux, mais les joueurs plus occasionnels vont très probablement passer à côté, ce qui est plutôt compréhensible. L’année suivante, Razorworks reprendra les rênes de la saga Ford Racing d’Empire Interactive, avec deux titres corrects puis deux autres plutôt médiocres, avant la faillite de l’éditeur quelques années plus tard. Total Immersion Racing n’aura donc pas de suite à proprement parler, et reste ainsi un peu isolé dans le vaste monde des jeux de courses, situation qui n’aura pas vraiment aidé à le faire connaître, même a posteriori. Peut-être l’occasion de lui donner une seconde chance ?

titre Faire fonctionner le jeu

Jeu un peu capricieux à faire fonctionner sous Windows moderne. Premièrement, la version originale, si vous l'avez, est protégée par Safedisc, protection incompatible depuis Windows Vista. Heureusement, l'iso disponible en téléchargement provient des paquets de céréales Nestlé sans cette protection. Ensuite, utiliser le fichier setup.exe situé dans le dossier 'is" (ce jeu demande l'installation de la fonction Windows Direct Play qu'il faut obligatoirement accepter). Enfin, le plus compliqué, il ne reconnait que DirectX 8 et refuse de se lancer sans ça. Il faut ajouter dans le dossier d'installation du jeu (là où se trouve le TiR.exe) dxwrapper, disponible en téléchargement sur cette fiche afin de contourner ce bug d'incompatibilité. Une dernière remarque, au dos de la boite, le jeu vente une adversité réaliste des voitures contrôlées par l'IA avec une jauge qui se remplit en fonction de votre comportement envers elles. Cette option semble buguée et apparait aléatoirement dans les courses.



titre Complétez cette fiche

Vous avez des screenshots, un avis personnel, des fichiers que nous ne possédons pas et qui concernent ce jeu ? Vous avez remarqué une erreur dans nos textes ?
Dans ce cas, aidez-nous à améliorer cette fiche : en nous contactant via le forum.

titre Des questions ? besoin d'aide ?

Vous pouvez trouver de nombreuses informations et vous pourrez poser des questions à la communauté en allant sur notre forum : Abandonware Forums.














Vous pouvez aussi faire un don via Paypal :


Partenaires : Hébergement web - WoW - Association MO5 - Megatest.fr - Emu-France - Association WDA - Another Retro World - Planète Aventure