Genghis Khan
Série
Année
1990 (Sortie FR)
Développement
Edition
Distribution (Europe)
Systèmes
systeme
Dosbox
Compatible avec la version 0.65
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Moi, Julubei, j’ai connu le fils de Loup Gris alors qu’il s'appelait encore Temudjin. J’ai été de toutes ses batailles : contre les cruels Tartares, les faibles Xi-Xia ou les décadents Jing... Je l’ai suivi jusqu’au bout du monde : des steppes glacées des Principautés de Kiev aux plaines fertiles du Fleuve Bleu, en passant par les austères montagnes du Khorezm. Avant lui, nous n’étions rien de plus qu’un ramassis de tribus misérables, vivant de rapines et d’expédients. Désormais, nous sommes l’empire le plus puissant que la terre ait jamais porté. Tout cela grâce à un seul homme… Gloire à Genghis Khan !

Si aujourd’hui, la compagnie chinoise Koei est surtout connue pour ses «Dynasty Warriors», elle fut à la fin des années 80 à l’origine d’un des jeux de stratégie les plus originaux de la période : «Romance of the Three Kingdoms», où l’on incarnait le souverain d’une principauté chinoise lors de la période de guerre civile connue sous le nom de Trois Royaumes. Ce jeu se démarquait de la concurrence non seulement par son thème exotique, mais aussi par l’importance accordée au facteur personnel. En effet, pour gouverner, le joueur devait compter sur ses subordonnés, qui était chargés de relayer ses ordres : à lui de choisir judicieusement ses hommes et de s’attacher leur loyauté.
«Genghis Khan» reprend la plupart des mécanismes de son prédécesseur et les transpose au début du XIIIème siècle. L’époque est tumultueuse ; alors que s’entredéchirent Capétiens et Plantagenêt, la guerre sainte opposant chrétiens et musulmans tourne à l’avantage des derniers. Pendant ce temps, la dynastie Song, qui régnait sur l’Empire du Milieu, a dû abandonner le nord du pays aux barbares Jing... C'est dans ce contexte qu'une petite tribu mongole va connaitre un destin hors de commun sous la houlette de son chef Temudjin, le futur Genghis Khan.
Deux scénarios sont disponibles. On peut revivre toute l’épopée de Genghis Khan grâce au premier scénario, qui vous propose d’abord d’unir les tribus mongoles avant de partir à la conquête du monde. Cette dernière est l’objet du deuxième scénario, qui vous laisse le choix de diriger, outre les mongols, le Japon de Minatomo, l’Angleterre de Richard Coeur de Lion et l’Empire Byzantin d’Alexius III. Il faut ensuite déterminer les caractéristiques de son souverain et de ses principaux conseillers, comme dans un jeu de rôle. C’est une phase très importante, car l’issue d’une action dépend de la valeur des caractéristiques qui lui sont associées, et qui diminueront à chaque fois qu’elles seront utilisées. Ces caractéristiques sont au nombre de six : commandement, organisation, physique, militaire, jugement, et persuasion.
On rentre alors dans vif du sujet ! Devant vos yeux ébahis s’affiche une carte du monde, divisée en provinces. Pour donner des ordres, un système de menus accessibles via des raccourcis clavier est mis à votre disposition. D’emblée, vous risquez d’être submergé par le nombre de paramètres à prendre en compte. Tout d’abord, sachez que chaque tour de jeu équivaut à une saison. Au commencement de chaque saison, des évènements aléatoires peuvent survenir ; épidémie de peste, récoltes abondantes, inondations… Durant la saison, vous n’avez droit qu’à trois actions. Il est donc impératif d’établir rapidement ses priorités si l’on ne veut pas gaspiller du temps pour rien ! Le choix est rendu difficile par l’étendue des possibilités : envoyer des espions, recruter de nouveaux conseiller, marier un de ses enfants…
Toutefois, en début du jeu, le plus important est de répartir les tâches dévolues à la population. Les agriculteurs sont nécessaires à la survie du pays ainsi qu’au ravitaillement des troupes. De plus, la vente de surplus permet d’engranger des bénéfices. Les constructeurs de châteaux améliorent la valeur défensive de la province, alors que la main d’oeuvre spécialisée produit les marchandises de prédilection de votre pays, souvent bien plus profitables que les denrées agricoles (exemple : fourrures pour la Mongolie). N’oublions pas les constructeurs de villes, qui augmentent le potentiel économique. Les individus qui n’ont pas été affectés à l’une des tâches citées plus haut deviennent automatiquement de soldats. Il vous appartient alors de déterminer la composition de votre armée. Préfèrerez-vous tout miser sur la puissance de la cavalerie, faire confiance à l’infanterie polyvalente, ou avoir recours aux archers ? Si vous ne désirez pas que l’armée ponctionne les forces vives de la nation, vous être libre d’engager des mercenaires. Mais l’arrivée de nouvelles recrues fait baisser la qualité de l’armée, qui ne peut être augmentée qu’en achetant à prix d’or des armes aux marchands de passage.
Outre vos talents de gestionnaire, vous aurez à exprimer vos dons de stratège, car vous pouvez participer aux combats grâce à un module tactique assez détaillé.
Mais toutes vos brillantes manœuvres économiques ou vos beaux plans de bataille ne serviront à rien si vous n’avez pas un personnel compétent et dévoué à votre service. Pour vous assurer la loyauté de vos sbires, rien de tel qu’un mariage avec l’une de vos filles. A défaut, un de vos fils peut devenir conseiller. Attention, toutefois, car dans ce cas il ne pourra pas vous succéder ! Sinon, vous pouvez toujours débaucher un conseiller "sorti du rang" ou tenter d’amadouer un conseiller d’un pays adverse. Au fur et à mesure de l’extension de votre empire, la gestion de votre personnel prendra de plus en plus d’importance. Diriger une province autre que celle dans laquelle vous êtes est en effet difficile ; vous n’avez le droit qu’à une seule action par tour ! On se reposera donc sur le bon jugement de ses officiers, dont on peut orienter assez finement la politique. Mais la délégation des pouvoirs a pour corollaire l’augmentation des risques de révolte de vos subordonnés ; veillez à ne pas accorder une province prospère à un conseiller qui ne fait pas partie de la famille du souverain...

Bref, vous l’aurez compris, «Genghis Khan» est un jeu complexe, qui nécessite une lecture attentive du manuel. Mais la découverte du jeu est facilitée par une interface robuste, qui repose sur l’utilisation de raccourcis claviers ainsi que par une présentation agréable pour un jeu de ce type. Les différentes actions de jeu sont ainsi ponctuées par de petites images animées de belle facture. Par contre, l’ambiance sonore se résume à quelques tristes bip et autres couinements du haut-parleur interne. Une fois assimilés les principaux mécanismes, le jeu s’avère passionnant : peu de jeux de stratégie ont une telle profondeur. On regrettera d’autant plus ses quelques défauts. Le module tactique est par exemple assez faible : on peut rassembler toute son armée en une seule unité et ainsi écraser l’ennemi, qui lui aura réparti ses troupes en différentes unités. Une pénalité de commandement pour les unités de grande taille aurait pu limiter le problème. Quant à la gestion du personnel, elle manque de piquant; on aurait aimé que les subordonnés disposent de traits de caractère afin de les différencier un peu plus. Dommage aussi qu’il n’existe qu’une seule façon de gagner le jeu : conquérir toutes les provinces. De ce fait, cela rend les fins de partie assez fastidieuses, lorsque l’on doit gérer une vingtaine de provinces avec les rebellions de gouverneurs qui vont avec... Malgré cela, «Genghis Khan» demeure un jeu de haut vol, même si je lui préfère son cousin chinois «Romance of the Three Kingdoms».


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