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Les Enfants de la Perestroïka / Episode 2 : Un jeu appelé... Perestroïka

Par Reggio 02/05/2021 1 commentaire


Bonjour à tous,

Après un premier volet de notre petite enquête consacrée au décollage de l'industrie vidéoludique en Russie, voici un second épisode, qui permet d'approcher la transformation des premiers groupes "industriels" proches des structures socialistes (consistant en coopératives ou en bureaux rattachés aux industries stratégiques : aérospatiale, électronique, défense).

C'est précisément sous la Pérestroïka de Gorbatchev que se prépare ce grand boom pionnier. Avec un petit outil qui a d'abord stimulé la créativité, puis qui a créé le besoin, et qui a fini par faire naître le marché du jeu vidéo. Ce petit outil, lancé sur le marché soviétique, appartient à la catégorie des calculatrices programmables. Son nom est l'Elektronika MK-52 :






Le MK-52 est lancé sur le marché Soviétique en 1985, presque simultanément avec l'arrivée de Gorbatchev au Kremlin, et appartient à la troisième génération de calculatrices programmables de l'U.R.S.S. Sa précision a permis de tabler sur ses performances pour calculer la trajectoire d'atterrissage de Soyouz en 1987-1988, en cas de défaillance des ordinateurs de bord. C'est donc avec ce bijou qui coûtait "seulement" 115 roubles (une petite fortune d'environ 150 dollars de l'époque) que des Geeks Soviétiques ont commencé à créer des lignes en hexadécimal pour créer des jeux, ignorant les messages d'erreur pour mettre au point des écrans animés permis par des calculs invraisemblables. Des clones de Space Invaders, Pac-Man ou Tetris ont envahi les marchés non officiels, avec des programmes que l'on échange et que certains ont sauvegardé. Vous pouvez trouver des pages de nostalgeeks (et même des Ostal-geeks ^^) de cette période préhistorique du jeu vidéo.

Parmi ces geeks, citons Nikita Skripchin. Cet électronicien travaillait au sein de l'Administration Soviétique dans une unité de production appelée LocIS (on prononce LOKIS). A ses heures perdues, Skripchin avait programmé un frogger-like à la gloire de Mikhail Gorbatchev, et qu'il avait appelé, je vous le donne en 1000... Perestroika, bien sûr ! Ce petit jeu, hyper difficile, mettait aux prises votre avatar, une petite grenouille censée être le démocrate, face à d'horribles personnages qui émettent des sons inaudibles (les bureaucrates): de nénuphar en nénuphar, de réforme en réforme, il faut gagner la plate-forme de l'avancée vers la démocratie et la transition vers l'économie de marché. Non seulement ce jeu est devenu (après Tetris) le premier vrai jeu russe distribué en Occident, mais c'est un Hit qui traduit la mutation de cette nation vers la mondialisation.

Et ce jeu (qui a été remasterisé en 1995 par Skripchin sous le nom de Toppler), nous nous le sommes procurés chez nos amis russes de Old-Games.ru. Nous vous le mettons à votre disposition dès aujourd'hui :


Le jeu de Nikita Skripchin lui a donné une idée : convertir sa coopérative en une vraie société lucrative, et s'émanciper du statut bureaucratique que son jeu dénonçait : En 1991, LocIS transforme ses statuts et prend le nom de son Directeur : Nikita.

Une société qui pose avec brio une qualité graphique qui va séduire l'Occident (un troisième épisode en automne vous placera dans l'univers graphique des jeux Russes des années 90) comme en témoignent ses jeux de puzzle ou éducatifs, à l'instar de Choo Choo Minder :



Cette qualité graphique nous autorise à penser que certains des jeux de Nikita, inédits en Occident, vous seront présentés et mis en ligne par des tests à venir courant 2021-2022. En attendant, le succès de Nikita s'explique aussi par l'exportation de ses jeux en Scandinavie, grâce notamment à cet éditeur Suédois, Iftech Software AB, qui a localisé les jeux éducatifs de Nikita, qui entrent ainsi dans les bibliothèques municipales et les écoles de la Suède au Danemark.

Nikita connaît alors une aura qui l'amène à proposer du contenu de plus en plus adulte, et comme l'activité initiale de Nikita est de fournir des services '(modems, terminaux, connectique) qui en fait un peu le "Wanadoo Russe", cette entreprise va grandir mais ses ambitions de jeux en ligne l'amèneront à des restructurations.

Cette histoire (Nikita), ainsi que celle de IFTECH Software AB, a été écrite et apparaît dans les fiches qui vous en disent plus. Et nous avons aussi écrit l'histoire de Oleg Maddox (nom "occidentalisé") qui a fait ses premiers pas de développeur et programmeur chez Nikita avant de créer un des  studios les plus actifs de ces années 1990 : Maddox Games.

De fil en aiguille, de Maddox Games à 1C-Maddox, nous avons également enquêté et rédigé la fiche du plus grand éditeur de la CEI, ainsi que la réécriture d'une fiche rédigée par le papa de cette rubrique des fiches compagnies : Jyelcey. La fiche de SOFTLAB-NSK a été réactualisée, pour permettre un plus large éventail de cette transformation de l'URSS en Russie à économie de marché. Et alors que les sociétés occidentales ont tendance à se multiplier aussi vite qu'elles disparaissent, celles de Russie, comme la Holding 1C Company, et SOFTLAB (qui coordonne aujourd'hui la "Silicon Taiga" à Novossibirsk) sont en 2021 de solides entreprises qui pèsent sur l'économie russe mais aussi mondiale.

Le mois prochain, nous ferons un détour par la Californie, et nous retrouverons la Russie pour un troisième épisode des héritiers de la Perestroika, en septembre ou en octobre prochain. Bon weekend !
Les commentaires

Groovykid
le 02/05/2021 17:47
Ah lala la Russie et ses prénoms féminins !!! Anastasia ^\_^ Nikita ... que des prénoms qui finissent en A
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