OutRun 2006 : Coast 2 Coast
Date de sortie
Genre
Age recommandé
Développement
Édition
Systèmes
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Multijoueurs


titre Introduction

Parmi les grands noms de l’arcade sortis de chez Sega pendant l’âge d’or de ce support, nombre de jeux de course ont fait date et bénéficient encore aujourd’hui d’un statut culte. Si Sega Rally, Daytona USA et Sega Super GT sont des références en la matière, ces titres ont probablement vu le jour grâce au succès de OutRun, paru sur bornes d’arcades en 1986. Doté de graphismes révolutionnaires pour l’époque, le titre de Sega nous embarquait à bord d’une Ferrari Testarossa sur divers tracés, avec pour but d‘en compléter cinq avant la fin du temps imparti. Le jeu possédant quinze niveaux, l’originalité du soft résidait dans son gameplay non-linéaire, le joueur sélectionnant le niveau suivant grâce à un échangeur d‘autoroute, ce qui modifiait la suite du parcours, et donc la fin obtenue en cas de succès.

Forte de cette réussite, l’entreprise nippone récidivera avec diverses suites, toutes basées sur le même principe, et dont les plus connues sont Turbo OutRun et OutRunners, parus sur arcade respectivement en 1989 et 1993. Dix ans plus tard, la suite la plus ambitieuse voit le jour avec OutRun 2, une version flambant neuve reprenant le principe de base de l’original, mais mis au goût du jour avec des graphismes modernes et de nouveaux tracés. L’année suivante, une version augmentée paraîtra, intitulée OutRun 2 SP, et offrira quinze nouveaux niveaux en plus des quinze de OutRun 2. Si ce dernier titre aura vu une sortie console sur Xbox cette même année, il manquait à la saga une version complète sur PC et consoles possédant un mode carrière et un mode multi-joueurs en ligne, lacune que corrigera OutRun 2006: Coast 2 Coast, paru en 2006.

Dans un premier temps sorti sur Xbox, PS2 et PSP, ce nouveau portage aura également une version PC quelques semaine plus tard, et qui fait l’objet de ce présent test. Reprenant tous les circuits de OutRun 2 et de OutRun 2 SP, soient 30 niveaux au total, ce ‘’nouveau’’ soft permet non seulement de jouer à ces derniers, mais ajoute également un mode carrière avec diverses courses et missions, en plus de la possibilité en jouer à plusieurs en ligne ou en local. Agglomération des précédentes itérations de la saga, cette version mérite-t-elle les louanges de ces dernières, ou s’agit-il d’un soft paresseusement recyclé pour capitaliser sur le succès des anciens jeux? Spoiler alert: un peu des deux. C’est donc parti pour le test de OutRun 2006: Coast 2 Coast sur PC.

titre Deux jeux pour le prix d’un

Comme évoqué en introduction, cette nouvelle version possède tous les niveaux de OutRun 2 et de OutRun 2 SP, soient 30 tracés au total, et permet entre autres de jouer chez soi à ces deux bornes d’arcade, sur l’un des trois modes de jeux qui étaient proposés à l’origine. Le principal d’entre eux est le désormais classique mode OutRun, où le joueur doit compléter cinq des quinze niveaux en un temps limité, en obtenant du temps supplémentaire à chaque changement de tracé, et en choisissant le prochain d’entre eux grâce à un échangeur d’autoroute. En allant à gauche, on s’engage sur un niveau facile, tandis qu’en allant à droite, on part sur un niveau plus difficile, et ce jusqu’à obtenir l’une des cinq fins que le mode propose. Au passage, il s’agira également d’éviter les voitures du trafic, de dépasser des concurrents rivaux, de faire des dérapages et de rouler derrière d’autres voitures pour bénéficier de l’aspiration, afin d’engranger un maximum de points à enregistrer sur le tableau des scores. Il sera également possible de réaliser les quinze niveaux d’affilée, ce qui constitue un challenge un peu plus long et conséquent.

Deuxième mode de jeu, le mode ‘’coup de cœur’’, qui consiste à impressionner sa petite-amie assise à côté de nous en réalisant divers défis sur le trajet. Faire dribbler un ballon de plage, éviter des soucoupes volantes, renverser des cônes sur la route, atteindre une vitesse élevée, doubler les voitures du trafic, éviter les accidents, ramasser des items sur la chaussée ou réaliser des tests de mémoire et des opérations de calcul mental sont autant de tâches qui permettront de séduire votre moitié et d’obtenir des cœurs; et il faudra également éviter en permanence le hors-piste et les collisions afin de ne pas en perdre. Plus le nombre de cœurs obtenus sur un niveau est élevé, plus le grade accordé par madame sera haut, et plus la cinématique de fin la montrera débordante de gratitude pour vous. On motive les joueurs comme on peut après tout.

Dernier mode, un assez classique contre-la-montre, où après avoir sélectionné la fin désirée parmi les cinq, on s’acharnera à vaincre le fantôme des développeurs, en appuyant autant que possible sur la pédale d’accélérateur. Encore une fois, il sera aussi possible de réaliser les quinze tracés d’affilée, mais également d’en sélectionner un seul afin de se perfectionner sur une section particulière du tracé. Avec trente niveaux répartis sur deux ensembles (OutRun 2 et OutRun 2 SP), cela offre un contenu arcade assez conséquent, même si on regrettera de ne pas pouvoir composer soi-même son tracé personnalisé en piochant parmi les niveaux du titre. Une addition qui aurait pu être sympathique, mais qui n’est malheureusement pas présente.

Véritable nouveauté par rapport à la version arcade sur laquelle le titre est basé, le mode ‘’coast 2 coast’’ proposera de compléter diverses courses et missions pour le compte de Flagman, le commissaire que l’on voit agiter le drapeau sur la ligne de départ, et de Clarissa, Jennifer et Holly, les trois admiratrices que nous allons chercher à impressionner. Si pour ces dernières il ne s’agit ni plus ni moins que le mode coup de cœur présenté plus tôt, mais avec quelques missions exclusives et des parcours dans un ordre différent, Flagman lui requerra de nouvelles prouesses de la part du joueur, notamment le fait de remporter des courses contre les rivaux, en dépassant ces derniers partis plus tôt. Si les premières épreuves demandent de rattraper cinq d’entre-eux sur un parcours composé de deux niveaux, les dernières seront de gigantesques courses à 99 pilotes, avec quinze niveaux pour rattraper la tête de la course après être parti dernier.

De temps en temps, le vieux bonhomme bien en point nous affectera d’autres missions, exclusives à ce mode de jeu. Ainsi, on se mesurera en face-à-face avec un rival, et le but sera de faire le plus de dérapages, le plus d’aspiration, de rester en tête plus longtemps que l’autre afin de vider sa barre de cœurs, ou encore de participer à une course à élimination où le dernier est éliminé après un certain intervalle de temps. Chaque épreuve rapportera des crédits en fonction du grade ou du classement du joueur, et ces derniers serviront à acheter de nouvelles voitures et de nouvelles peintures dans la boutique du jeu. Ce mode Coast 2 Coast est donc une addition bienvenue au jeu d’arcade d’origine, d’autant plus que les différentes missions permettent de visiter les niveaux dans des ordres très divers, ce qui ajoute au dépaysement procuré par ces virées à grande vitesse. Dans l’ensemble, cela reste assez similaire au support d’origine, et de surcroît très agréable à jouer, même si la répétitivité peut arriver après quelques heures de jeu, à force de parcourir sans cesse les mêmes tracés.

titre Graphismes et sons

Comme d’habitude chez Sega, la présentation visuelle du soft est extrêmement travaillée, avec une technique irréprochable et des graphismes vibrants et colorés en adéquation avec la prise en main arcade du titre. Reflets de lumière, traces de pneus sur la chaussée, flaques d’eau sur la route, dégagements de fumée lors des dérapages, herbes et poussières qui volent lorsque l’on s’aventure sur les bas-côtés, tout est visuellement sublime, et cela est un véritable plaisir pour les mirettes de s’adonner à ces virées à toute vitesse sur la route. Ajoutons à cela de très beaux modèles automobiles de chez Ferrari, très fidèles à leurs homologues du monde réel, et le plaisir visuel s’en retrouve doublé.

De plus, il est important de noter la diversité des tracés, et le dépaysement que cela procure de passer d’une destination à l’autre, seulement séparées par un échangeur d’autoroute. Paris, Las Vegas, San Francisco, New York, Rome, le Grand Canyon, les Pyramides de Gizeh, la Grèce, les Highlands, les Alpes, Cap Canaveral, les chutes du Niagara, le Machu Pichu, les montagnes rocheuses, l’Alaska, Miami Beach, la forêt de séquoias géants, Chichén Itzá et l’Île de Pâques, au milieu de tracés plus génériques tels que des forêts et une zone industrielle, sont autant de destinations exotiques qui vont s’enchaîner à toute vitesse sous les yeux ébahis mais concentrés du joueur affairé à mordre l’asphalte. Chaque destination possède sa propre ambiance, et de nombreux éléments du décor viennent agrémenter l’expérience visuelle déjà impressionnante, entre les volutes de sable passant sur la route, les animaux dans les prés, les étoiles filantes, ou encore les traditionnels avions, montgolfières et oiseaux passant dans le ciel.

Auditivement, ce OutRun est également de bonne facture, avec des bruits de moteurs, des crissements de pneus, et des bruitages d’ambiance de qualité qui contribuent à immerger le joueur dans sa course. Que ce soit le bruit des cœurs qui s’accumule dans la jauge, la voix de la jeune demoiselle qui nous accompagne qui tremble d’excitation avec la vitesse, ou encore le son de moteur lorsque l’on dépasse un concurrent, l’ambiance sonore du titre est également très soignée, et s’en sort tout à fait honorablement face à ce que l’on pourrait en attendre. Côté musiques, celles-ci sont particulièrement réussies, et pour cause, ce sont des remix des morceaux précédemment entendus dans la saga, remis au goût du jour. Il sera également possible de dépenser ses crédits dans le jeu pour pouvoir écouter en course les versions originales datant des années 1980. Dommage cependant de ne pas avoir de nouveaux titres à écouter, ce OutRun ayant encore une fois tendance à un peu trop se reposer sur son héritage, sans forcément proposer quelque chose de profondément nouveau.

titre Gameplay

Manette en main, OutRun 2006: Coast 2 Coast reste fidèle à sa version arcade, avec une conduite très rapide faisant la part belle à l’aspiration et aux dérapages. On se retrouvera ainsi à foncer à plus de 300 km/h dans les différents niveaux, et l’idée sera d’éviter les voitures du trafic, tout en restant derrière elles afin de bénéficier d’un effet d’aspiration, ce qui nous donnera un avantage en termes d’accélérateur et de vitesse de pointe. Dans les virages les plus courbés, il faudra relâcher temporairement l’accélérateur puis tourner brusquement afin de faire glisser la voiture sur le côté et de déclencher un drift à grande vitesse, ce dont il ne faudra toutefois par abuser étant donné que cela ralentit la voiture. Chacune des montures possède une statistique de prise en main, inhérente à la maniabilité et à la perte de vitesse lors des dérapages, ainsi que des statistiques d’accélération et de vitesse de pointe.

La conduite très arcade et véloce du titre reste un véritable plaisir manette en main, et après un temps d’adaptation, on se retrouvera à foncer à toute vitesse sur les différents tracés. Cependant, toute aussi plaisante et agréable soit-elle, la maniabilité du titre souffre d’une légère imprécision dans le déclenchement des dérapages, ces derniers ne se déclenchant parfois pas au besoin, ce qui nous envoie dans le mur sans crier gare. De plus, certaines collisions un peu violentes contre les barrières font rebondir la voiture un peu trop fort, ce qui parfois nous envoie dans la glissière opposée et provoque un crash inévitable. Des dérapages un peu plus précis et des collisions moins punitives auraient été souhaitables afin de faciliter un peu la prise en main.

Si les modes OutRun, coup de cœur et contre-la-montre peuvent être joués sans limite de temps, le mode Coast 2 Coast prendra lui environ huit heures avant d’obtenir un rang minimal A pour toutes les missions proposées par les différents personnages, ce qui reste un bon équilibre entre le fait de proposer une expérience conséquente, et le fait de ne pas provoquer de lassitude chez le joueur, même si le fait de piloter sur les trente même niveaux en boucle dans tous les modes de jeux n’aide pas forcément en ce sens. Malgré la relative répétitivité du titre, OutRun 2006: Coast 2 Coast reste une expérience satisfaisante en termes de contenu et de longévité, ce qui est finalement tout ce que l’on attend d’une adaptation de l’arcade, ce genre de softs ayant tendance généralement à être un peu court d‘habitude.

Côté difficulté, le titre de Sega est relativement facile à prendre en main, mais il faudra une certaine dextérité pour obtenir des performances dignes de ce nom. Si les premières épreuves du mode carrière sont très aisées, la courbe de difficulté va rapidement augmenter, et il sera vite nécessaire de dépenser ses crédits afin d’acquérir une voiture plus rapide. De même, si les premiers tracés sont larges et plutôt rectilignes, les niveaux les plus ardus seront beaucoup plus étroits et sinueux, et exigeront la plus grande concentration pour ne pas se retrouver dans le mur. Au global, le titre est assez difficile et exigeant, mais reste relativement abordable à condition de sélectionner la bonne voiture, de rester suffisamment concentré, et de s’armer de patience face aux petits aléas et couacs se présentant sur notre route pendant les différentes épreuves.

titre Conclusion

Comme son homologue sur borne d‘arcade, OutRun 2006: Coast 2 Coast est une expérience très plaisante, tant visuellement qu’au niveau de la jouabilité ou des différents modes de jeux. Dotée de tous les niveaux de OutRun 2 et de OutRun 2 SP, cette adaptation reste fidèle au matériau d‘origine, tout en proposant un mode carrière qui permet d’allonger la durée de vie et de fournir des missions et un challenge supplémentaires au jeu de base. Fun, nerveux, rapide et visuellement magnifique, le titre de chez Sega reste un grand classique de l’arcade, que tous les fans de jeux de courses se doivent d’expérimenter afin de revivre les sensations de leurs aînés sur le jeu légendaire de 1986.

Alors on pourra certes reprocher une certaine répétitivité, des dérapages imprécis et des collisions trop punitives, mais ce ne sont que des défauts mineurs qui n’entravent pas réellement le plaisir pris à parcourir les différents niveaux à toute vitesse. Toutefois, tout aussi amusant et agréable soit-il, OutRun 2006: Coast 2 Coast donne une impression de réchauffé, reprenant la quasi totalité de son contenu sur les jeux précédents de la saga, sans jamais donner l’impression de vouloir réellement proposer quelque chose d‘inédit. Même les musiques sont les mêmes que dans les anciens titres, ce qui confirme cette sensation générale de jeu recyclé, qui jouit d’un héritage fort, mais ne cherche pas à aller plus loin, seulement à perfectionner quelque chose de déjà existant. Le joueur néophyte dans cette saga n’y verra toutefois qu’une expérience excellente, et les vétérans de OutRun pourront malgré cela redécouvrir une formule qui a fait ses preuves, et qui reste toujours aussi amusante et agréable deux décennies après la sortie du premier jeu.

Après cette ultime version de OutRun, une version light paraîtra en 2009 sur Xbox Live Arcade et PSN, et sera intitulée OutRun Online Arcade. Mis à part cela, la saga ne sera pas renouvelée pour une nouvelle itération, la formule semblant avoir atteint son maximum avec OutRun 2006: Coast 2 Coast. Même si aucun nouveau titre n’est venu enrichir la formule depuis, il est dommage que le soft ne soit pas adapté sur des supports plus récents avec des modèles Ferrari actuels, tant le jeu semble ne pas avoir vieilli dans son concept et sa prise en main. Reste à espérer que Sega souhaite un jour déterrer ses vieux trésors, OutRun mettant toujours à l’amende nombre de titres de courses arcades récents en termes d’amusement et de plaisir de jeu.

titre Annexe: Liste des voitures

OutRun 2006: Coast 2 Coast possède quinze modèles de Ferrari disponibles en deux versions différentes, à savoir le modèle de série, et une version ‘’OutRun’’ relookée ayant par ailleurs des statistiques gonflées pour des performances accrues.

Dino 246 GTS
Ferrari 365 GTS/4 Daytona
Ferrari F50
Ferrari 360 Spider
Ferrari F355 Spider
Ferrari Superamerica
Ferrari Testarossa
Ferrari 288 GTO
Ferrari 328 GTS
Ferrari 250 GTO
Ferrari 512 BB
Ferrari F40
Ferrari 550 Barchetta
Ferrari F430 (& Spider)
Ferrari Enzo



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