MICROILLUSIONS

1986 1991PuceEtats-Unis
__Un conte de fées pour commencer__

L'Histoire de cette compagnie pourrait débuter par les mots "Il était une fois".
Il était une fois un passionné d'informatique très doué et un vendeur de machines Amiga, dans la banlieue de Los Angeles. A Granada Hills précisément...
David Joiner alias "Talin" avait appris la programmation au tout début des années 80. Dans son quartier, il avait pris l'habitude de s'arrêter au magasin KJ Computer que tenait Jim Seinert.
Lorsque Joiner a remarqué qu'il n'existait aucun logiciel de reconnaissance vocale chez Amiga, Seinert l'a autorisé à programmer un logiciel sur une de ses machines.
Joiner a mis au point ce programme et Seinert l'a mis en vente sur la base du "fifty-fifty". MicroIllusions était né.
dans les mois qui suivent, la petite entreprise crée des logiciels éducatifs (''Discovery'') et un logiciel de graphismes (''Photo Paint'').
Mais le rêve de Talin est de développer un vrai jeu de rôle sur une map immense où il serait nécessaire de jouer des jours entiers pour tout parcourir.
Sept mois de développement plus tard naquit The Faery Tale Adventure, qui eut un tel succès que le jeu fut adapté à d'autres plates-formes dont le Dos.
L'équipe s'étoffa pour atteindre une douzaine de collaborateurs, et le studio développa tous azimuts, obtenant même du prestigieux Activision le titre d'"éditeur affilié".
Cet apogée de MicroIllusions correspondait au sommet que connaissait Amiga, en cette fin des années 80. Un âge d'or de courte durée...

__Hanna Barbera m'a tuer__

Jim Seinert était moins doué en gestion que David Joiner en programmation. En ces farouches temps pionniers de l'informatique, une clause existait dans les contrats, stipulant que le studio de développement pouvait ne payer l'éditeur qu'après 90 jours : entre le temps des premiers pressages et emballages et commercialisation et le terme des 90 jours, le studio engrangeait ses premiers royalties et pouvait payer l'éditeur sans avoir à emprunter pour honorer des avances de caisse.
Apparemment, Seinert avait trouvé une combine pour ne pas faire faillite alors que plusieurs projets étaient menés de front : après les 90 jours réglementaires, il prétextait quelque vice de forme et contestait la facture. Le temps qu'une plainte et qu'une mise en demeure ne soient prononcées, il s'écoulait plusieurs mois, et pour éviter de longues procédures, l'éditeur acceptait un paiement partiel pour solde de tout compte.
En 1989, Activision mettait fin à son partenariat, et MicroIllusions peinait à trouver des capitaux pour éditer ses propres jeux.
Dans l'intervalle, un contrat salvateur avait été signé avec Hanna Barbera pour exploiter quelques-unes de ses licences (Scooby-Doo, The Flintstones, the Jetsons...). Alors que le jeu The Jetsons était en plein développement, c'est Hanna Barbera qui devait dénoncer un vice de forme dans le contrat (apparemment, le manuel du jeu avait utilisé un extrait de comic sans l'autorisation de l'éditeur) et un long procès coûteux devait débuter.
En 1991, la compagnie perdait son procès, et mettait la clé sous la porte.

Une partie de l'équipe a créé The Dreamers Guild, et a développé une suite pour The Faery Tale. Mais ceci est une autre histoire.
En 1993, malgré le procès perdu, le jeu Johnny Quest a pu être édité sous le label MicroIllusions, mais c'était l'équipe de The Dreamers Guild qui en avait assuré les derniers détails.

Jeux (3)

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