Fiche de la compagnie SouthPeak Interactive
NomSouthPeak Interactive
Autres nomsSouthPeak Interactive LLC (Etats-Unis), SouthPeak Interactive Ltd. (Royaume-Uni)
PaysEtats-Unis
Création1996
Rôle(s)Développement, Distribution (Etats-Unis), Edition
Site officielhttp://www.southpeak.com/
Développeur et éditeur américain initialement basé à Cary, North Carolina (1996).

Fondé comme une excroissance de la société américaine, SAS Institute (voir Trivia 1), la mission de SouthPeak Interactive est double : produire des applications ainsi que des technologies multimédia avancées. Avec cette promesse ambitieuse : changer la perception qu'a le grand public du multimédia, sans toutefois donner plus de précisions.

Parce que les jeux de puzzles présents sur le marché ne leur conviennent pas, la société va développer un moteur de jeu, «Virtual Jigsaw», et sortir plusieurs titres avec des thématiques variées : «Photo Gallery» avec des images de paysages, de faune et de flore, «MasterPieces», qui reprend des photographies d'œuvres d'art, «Purrr-fect Puzzles Edition» avec des photos de chats trop mignons et enfin «Wildlife Edition» avec des photos d'animaux sauvages et d'espèces en danger. Pour ma part, rien de bien révolutionnaire, mais je peux me tromper.

On sent néanmoins qu'il se passe quelque chose chez SouthPeak, mais on ne sait pas quoi. La société occupe le terrain médiatique en lançant une enquête de détective sur le Web, et en offrant 5000 $ à qui trouvera le coupable du meurtre de Karla Masefield, mais l'enquête est serrée (voir Trivia 2). Elle va même éditer un jeu d'action développé par la société américaine 8th Wonder Games : «Drachen Zor». Cependant, elle l'annonce clairement : l'édition ne fait pas partie de son ADN et si elle s'y soumet, c'est que les gens de 8th Wonder Games sont des voisins de Cary (des amis, peut-être même ?) et que le V-Engine, le moteur développé pour leur jeu est innovant. Ne serait-il pas pour autant question d'occuper le terrain dans l'attente d'une autre annonce ?

Ça y est, on y arrive enfin, un peu plus d'un an après la création de la société. Cette révolution s'appelle "Video Reality" et consiste en une technologie de convergence entre les technologies cinématographique et multimédia. L'idée est de simplifier le travail de développement et de rendre les jeux davantage immersifs, avec une grande liberté de déplacements et d'action. Le premier jeu basé sur "Video Reality" sera «Temujin», suivi par «Dark Side of the Moon», deux jeux d'aventure en full motion video tournés, dans ce qui pourrait être (je met au conditionnel, car pour SouthPeak Interactive, c'est de l'acquis) le studio de production le plus important de la côte est, avec une surface de plus de 1300 m². SouthPeak Interactive voit ainsi grand.

"Video Reality" est désormais licencié et les développements d'un jeu d'aventure basé sur une œuvre de Jules Verne commencent. Son titre : «20.000 Leagues Under the Sea : The Adventure Continues», réalisé par la discrète société américaine Orbital Studios. Par ailleurs, la société signe avec Sony Signatures, la division produits grand public de Sony Pictures Entertainment, les droits d'adaptation de «Men in Black». Le jeu sera réalisé par la société américaine Gigawatt Studios. Autre adaptation de blockbuster, celle de «Wild Wild West», que SouthPeak Interactive va entièrement réaliser, puis éditer sous le nom «Wild Wild West : The Steel Assassin».

Après trois années d'existence, et quatre jeux d'envergure, le constat est flagrant. Malgré la qualité de leur écriture, malgré la qualité de leur réalisation, et malgré l'utilisation de licences totalement mainstream, aucun des jeux SouthPeak Interactive, édités comme développés, n'a connu de succès à la vente et la société n'a jamais dégagé de bénéfices. Le constat ayant été fait, reste à en évoquer les raisons. Il est toujours simple d'analyser forces et faiblesses après coup mais force est de constater que l'aventure SouthPeak était un gouffre sans fond. Se lancer dans le créneau des jeux en FMV, et contrôler l'ensemble, de la conception à la réalisation, en utilisant un studio de production ayant un cout de 16 millions de dollars, était dès le départ un pari très risqué. Et quand les jeux ne se vendent pas, un pari désastreux. R.I.P.



Trivia 1
oui, vous avez bien lu, puisque rien, de prime abord ne prédestinait SAS, le chantre de l'informatique décisionnelle, à s'intéresser au multimédia.

Trivia 2
l'enquête se nomme "The Light Files: Death in Broad Daylight" et je peux dès lors vous livrer l'assassin, Daniel Wayne, acteur et star de rodéo. L'enquête était effectivement serrée et si la plupart des 40 indices menaient vers lui, c'est une certaine Ellen Dugan, de Pittsburgh, Pennsylvania, qui a trouvé la première l'assassin. Et non sans mal, puisque la deadline de l'enquête a été repoussée par deux fois par manque de fins limiers. Les 5000 $ lui ont ainsi été remis et cela a également été l'occasion de saluer le travail d'écriture de Lee Sheldon, récompensé à de multiples reprises pour son œuvre. Ce dernier, loin d'être un débutant chez SouthPeak, a notamment laissé son nom et son empreinte dans l'industrie de la série télé, aussi bien en tant que producteur que scénariste, avec des noms que les jeunes de vingt ans ne peuvent pas connaître (spéciale dédicace au "grand" Charles) : Cagney and Lacey, Charlie’s Angels, Blacke’s Magic, Star Trek: The Next Generation, Edge of Night, et Simon & Simon.


Jeux développés








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