Blue Ice
Année
1995 (Sortie FR)
Edition
Systèmes
systeme
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614 votes


titre Présentation


Seule et unique réalisation du studio Art of mind Productions, «Blue ice» est un jeu comme on n'en croise pas beaucoup. Bonne ou mauvaise chose, je ne saurais dire. Ce jeu est un peu comme un film de David Lynch. C'est beau (enfin, à l'époque c'était beau), la musique est sympa, mais par contre, le scénario… La première minute est compréhensible et puis ensuite, l'auteur a dû se prendre un shoot d'acide.
Cependant, raconter une histoire n'est clairement pas la finalité de ce jeu. Il propose plutôt une expérience artistique plus ou moins interactive mais certainement unique. Certains pourront se laisser porter par l'ambiance onirique de ce titre et exploreront cet univers au hasard, pendant que d'autres s'efforceront de résoudre les énigmes.
Attention cependant, joueur dilettante : ce jeu est très difficile. Ne t'aventure pas dans ces lieux en pensant faire une promenade de santé. L'expérience peut s'avérer frustrante car on peut rester bloqué longtemps avant de trouver la solution d'un tableau.


titre Scénario


L'histoire se passe dans le royaume d'Icia. Le roi vient de mourir et le prince doit apprendre la sagesse et les lois du royaume avant d'accéder au trône. Votre rôle est de l'aider. Une sorcière vient nous compliquer la tâche en essayant de le corrompre. Elle cachera cinq présents que le joueur doit retrouver. Ces cinq présents correspondent à cinq choses que le prince doit maîtriser avant de devenir roi : la musique, la nourriture, la nature, la couleur, et l'amour.
L'avancée dans le jeu et l'histoire ne sont pas très clairs.

titre Réalisation


Chouettes à l'époque, les graphismes ont un peu mal vieilli. Les voix enregistrées sont parfois difficiles à comprendre à cause de parasites et de volumes inégaux.
Les écrans sont statiques avec quelques animations par ci par là. Ils sont composés de patchworks d'images de synthèse et de photos numériques incrustées. C'est la plupart du temps assez joli même si certains écrans sont comparables à de l'art abstrait. Et là réside la force (ou la faiblesse?) de ce titre. Plus qu'un jeu c'est une œuvre d'art interactive.


titre Gameplay


Ce jeu surfe sur la popularité de «Myst» mais avec un scénario incompréhensible et des énigmes pas toujours logiques. Considéré comme l'un des jeux les plus difficiles jamais sorti sur PC, les concepteurs ont enchaîné les énigmes sans forcément tenir compte de leur faisabilité. On reste souvent coincé à se demander où cliquer et ce qu'on a pu laisser passer. Il faut avant tout comprendre l'état d'esprit du jeu et s'y plonger complètement pour pouvoir avancer.

Tout se passe à la souris, le clic gauche permettant d'interagir avec les éléments à l'écran et le clic droit de choisir une action ou un objet. L'interface est un peu bancale : au clic droit une ligne d'objets et d'actions mélangés s'affiche. On les fait défiler en déplaçant la souris et on clique pour sélectionner celui qui nous intéresse. Quand on commence à avoir beaucoup d'objets, cela devient vite fastidieux et peu pratique.

Pour sauvegarder ou recharger une sauvegarde, il faut utiliser les régions gauche et droite en bas de l'écran. Au clic droit, on fait tourner une roue couverte de symboles. Quand on a choisi un symbole, on sauve/recharge en effectuant un clic gauche dessus.
On différents pointeurs à notre disposition :
- Flèche : se déplacer d'un écran à l'autre
- Loupe : examiner une zone de l'écran / information sur un personnage
- Main : effectuer une action
- Les autres sont les objets de l'inventaire

On peut avoir du mal au début à s'habituer à ces contrôles, mais avec un peu de pratique, ça vient vite.

On pourrait être tenté de laisser tomber face à la difficulté, mais l'ambiance unique et l'aspect presque hypnotique de certains écrans poussent à aller plus loin et voir si les concepteurs voulaient vraiment arriver quelque part ou juste proposer une ballade dans un univers particulier.

titre La légende


Il y a deux mode de jeu : le mode « aventure » qui ressemble plus ou moins donc à un jeu d'aventure normal puis le mode « ultimate » (voir ci-dessous, premiers pas dans l'aventure) auquel on a accès une fois l'aventure terminée.
Ce mode permet de recommencer le jeu mais avec plus d'énigmes et une plus grande difficulté, mais surtout sans aucun indice. Le joueur ne sait donc pas s'il avance dans la bonne direction ni même s'il a fini le jeu.

titre En conclusion


Un jeu à essayer si les défis ne vous font pas peur et si vous avez du temps devant vous ce jeu est une expérience plaisante et surtout une ambiance dans laquelle on a envie de se plonger.
Clairement, si vous n'avez que cinq minutes à y passer de temps en temps, n'y songez même pas.
Si vous vous sentez de taille, lancez-le et entrez dans la légende en finissant le « mode ultime » et soyez un des rares à l'avoir fini !!

titre Premiers pas dans l'aventure

Attention au spoiler! Cette section n'a d'autre objectif que de vous aider à comprendre les mécanismes du jeu pour vous accrocher jusqu'au bout. Voici la description du tout premier tableau, sachant que la première partie du jeu repose sur la succession d'une trentaine de tableaux.
Ce tableau correspond au screenshot n°3. C'est le Tableau de l'oeil. En effet, le centre de l'écran est occupé par un oeil. Un jeune personnage surmonte cet oeil, et un adulte avec la tête à l'envers, se trouve sous l'oeil, au milieu de racines d'arbre. Dans ce premier tableau, vous avez un inventaire encore réduit. Un clic droit et vous sélectionnez la loupe. Cliquez avec la loupe sur INFO (et à chaque tableau, il faudra commencer par ce clic, afin d'obtenir les informations sur le fil de l'histoire, et les indices pour surmonter les énigmes. Cliquez également sur l'inscription Blue Ice pour obtenir un récit complet et des indices substanciels.
La loupe permet aussi de rentrer dans les pensées des personnages. Ici, on apprend que dans le Royaume d'Icia, le souverain Edward 711 vient de mourir. Surnommé Edward l'Infaillible, il a créé 32 924 nouvelles lois, et laisse un royaume régi par 89 623 714 lois. On peut enfin obtenir des indices en cliquant sur le point d'interrogation, souvent caché dans le décor du tableau. L'indice est alors auditif.
Son fils, le futur Edward 712, est trop jeune pour lui succèder. Il va devoir mettre à profit l'année d'attente pour apprendre à devenir un bon roi. Première leçon: apprendre à voir (d'où l'oeil sur ce tableau). Et au cours de son apprentissage, il lui faudra apprendre les plaisirs de l'existence (musique, art, gastronomie, nature et amour).
En convertissant votre fléche en pointeur (aller), vous allez trouver l'endroit où se trouve la sortie du tableau. Ici, la sortie c'est l'oeil. Et la flèche se teinte en rouge car on n'a pas résolu d'énigme encore.
Enfin, on peut convertir sa fléche de souris en main (prendre. Dans ce tableau, le seul objet disponible est la couronne qui se trouve sur la tête du roi défunt. En mettant la couronne sur la tête du dauphin, celui-ci la refuse: d'abord parce qu'il est trop jeune, mais aussi parce qu'il doute d'avoir les capacités de son père.
Le récit qui contient l'histoire et l'indice est raconté par une femme, Orseppro (apparemment c'est une sorcière...enfin, ce sera à vous de le découvrir). Son récit se termine par l'idée que le royaume est paralysé par l'absence de vie, par les souffrances endurées par le peuple sous le poids des lois.Orseppro murmure: "Que minuit sonne deux fois, et je te donne la vie! L'horloge sonna. Le temps commença. Le peuple attendait."
Dans le tableau, on voit deux horloges: avec le curseur en position de "main", il faut règler les deux horloges sur minuit. Puis remettre le curseur en position "aller" et cliquer sur l'oeil. Vous passez au tableau suivant, celui de l'étang.

Mode Ultime: Comme l'écrit Cartman, le mode "aventure" est un jalon. Lorsque l'on a terminé le mode Aventure, on a enseigné au jeune Edward tout ce qu'il doit savoir pour devenir un bon souverain.
Puis commence le mode "Solution Ultime". L'objectif est de débarrasser le Royaume d'Icia de la malédiction qui le frappe, lié au trop grand nombre de lois qui l'écrasent. Dans le tableau de l'oeil, il y a de nombreux nombres, des détails qu'il vaut mieux noter quelque part.
Et surtout, il y a, en haut du tableau à gauche, une grille de 16 carrés. En cliquant sur cette grille, 16 nombres apparaissent.

13-8-2-10
16-3-21-5
8-22-3-4
6-25-24-2

Notez-les. Dans chaque tableau, il y a seize nombres à trouver, souvent bien planqués. Ils constituent la base de la seconde partie du jeu, celle qui titille votre intelligence. Il y a aussi des couleurs à mémoriser, et des tas d'indices qu'il vaut mieux noter, car ils disparaissent au fur et à mesure de votre cheminement dans le jeu. Alors, prêts au défi ultime?


titre L'avis de Reggio

J'ai beaucoup aimé l'idée de tester un jeu simultanèment avec quelqu'un d'autre. Et dans le cas de cette étrangeté que l'on pourrait presque appeler Objet Vidéoludique Non Identifié, cette expérience du test en binôme est d'autant plus intéressante que mon avis va diverger de l'analyse de Cartman.
«Blue Ice» tient du conte initiatique et du jeu de réflexion avant d'être un vrai jeu d'aventure. Dans les mois qui suivent l'arrivée de «Myst», les éditeurs cherchent à exploiter le filon de ce genre à part entière que l'on nomme déjà les Mystlikes.
Passionnés de devinettes et de défis cérébraux, Carol Nudds et Rik Yapp, qui avaient déjà travaillé sur «Dreamweb», ont lancé la folle idée de mettre en chantier un jeu qui n'aurait pas de fin.
L'idée première fut de récompenser le premier joueur à le finir, en offrant une somme rondelette. Ce jeu eut donc un assez grand succès dans le milieu étudiant londonien: des jeunes sans argent, mais avec des neurones tout neufs et des projets pleins la tête, s'enthousiasmèrent à l'idée de devenir riches. Des communautés de joueurs se constituèrent, échangeant leurs idées, leurs solutions. Sur le net, on peut trouver des solutions plus ou moins complètes, mais la victoire finale est restée une légende. Le jackpot aussi, semble être une légende. L'ultime farce?
«Blue Ice», une fois qu'on a compris que c'est d'abord un concept, est un livre interactif plein de poésie. Des tableaux surréalistes jouxtent des environnements oniriques. La musique, constante dans le jeu, vous entraîne tantôt dans les marches grandiloquentes de Rachmaninov, tantôt sur les bords du Mississippi avec le jazz langoureux de Duke Ellington, à moins que vous ne préfériez vibrer pour un concerto de Mozart. Les voix sont bien choisies, avec une performance des doubleurs qui ferait pâlir d'envie ceux qui ont travaillé sur «Gabriel Knight 2». Dommage toutefois que la friture rende certains dialogues difficilement audibles.
«Blue Ice» n'est pas un jeu comme les autres. C'est une promenade initiatique. Les magazines de l'époque ont mis en avant cette prouesse de mettre le rêve au service du conte, tandis que d'autres rejetaient ce soft pour expliquer que ce jeu ne peut s'adresser qu'à des masochistes.
«Blue Ice», on aime ou on n'aime pas. Mais avant de le condamner, essayez de finir le mode aventure. Et peut-être qu'à ce moment-là, vous comprendrez pourquoi certains l'ont aimé. J'en fais partie.

titre Lancement

Le jeu a été testé sous Virtual PC avec Windows 98. Il fonctionne aussi sous XP avec vMware.



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titre Liens divers

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