Cossacks : European Wars
Titre provisoire
European Wars : Warlord's Style
Date de sortie
Développement
Adaptation allemande
Édition
Distribution en France
Distribution aux États-Unis
Systèmes
systeme
Multijoueurs


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titre Présentation

Cosaques : groupe de population majoritairement slaves originaire de régions de la steppe pontique situées sur les actuels territoires de l'Ukraine et de la Russie. Ils ont la particularité d'être à l'origine semi-nomades, d'assurer leur propre défense grâce à un entraînement militaire systématique, et de bénéficier d'une quasi-autonomie en échange de services militaires rendus aux pays voisins (Pologne, Lituanie, Russie) [résumé des fiches Wikipedia sur le sujet].

Avec une telle définition, on pourrait s'attendre à ce qu'un jeu appelé Cossacks soit un wargame localisé en Europe centrale, ce qui changerait un peu des scénarios habituels - à plus forte raison lorsque le jeu est développé par un studio ukrainien. Ce n'est pas tout à fait le cas. Déjà à cause des scénarios, situés aux XVIIème et XVIIIème siècle, qui impliquent 16 nations, de l'Angleterre à l'Ukraine en passant par l'Espagne et la Turquie, et dont l'un propose des batailles navales contre des pirates et la flotte hollandaise, ce qui ne me semble pas plausible historiquement (ou alors dans un spin-off : "les cosaques en bateau", "les cosaques font du ski", "les cosaques passent le bac"...). Et ensuite parce qu'en regardant le jeu ou en testant la démo diffusée sur le web avant sa sortie, l'affaire semble pliée : ça sent le pompage en règle d'Age of Empires. Pourtant, là encore, les apparences sont trompeuses.

Tout d'abord, Cossacks est taillé pour des batailles épiques : une partie peut en effet héberger jusqu'à 8000 unités. L'éditeur était très fier de ce chiffre, affiché deux ou trois au dos de la jaquette, mais il ne sera pas évident de l'atteindre. Comme tout bon jeu de stratégie en temps réel, il y a des ressources à extraire : du bois, de la pierre, du blé (qui pousse comme par enchantement quand on installe un moulin), et trois minerais (charbon, fer, or) que l'on trouve dans des gisements, pour peu que l'on ait construit une mine dessus. Ces ressources ne s'épuisent pas, mais il ne suffit pas d'en stocker pour s'en servir quand le besoin s'en fait sentir. En effet, Cossacks gère un paramètre négligé ou considéré comme acquis dans les wargames : l'approvisionnement. Les niveaux d'or (pour payer les soldats) et de nourriture baissent rapidement si la production est stoppée. Sans nourriture, les armées sont touchées par la famine, et sans or, ce n'est pas à un piquet de grève de la CGT Cosaques qu'il faut s'attendre, mais à des désertions vers le camp ennemi ! S'emparer des moyens de production et d'extraction mal défendus de l'ennemi est d'ailleurs une stratégie-clé pour remporter la victoire. Vous avez aussi un arbre technologique qui vous permettra de débloquer des inventions comme la montgolfière, qui dévoile toute la carte.

Cossacks propose quelques tutoriels pour se familiariser avec l'interface avant de s'attaquer aux campagnes solos, et vous en aurez bien besoin. Vous vous souvenez de Commandos et de ses missions qui n'admettaient qu'un seul déroulement parfaitement exécuté ? Là, c'est un peu la même chose. Vous démarrez systématiquement en infériorité numérique. Foncez tête la première hors de votre champ de vision, et vous tomberez rapidement sur une armée ou une flotte qui vous réservait un sympathique comité d'accueil. Il faudra à chaque fois trouver les bons chemins, repérer les rares gisements placés par les concepteurs et vous dépêcher de monter une armée avant les ennemis ne débarquent. Cossacks, c'est Rick Dangerous au format RTS, et il n'y a aucun réglage du niveau de difficulté. Vous avez plutôt intérêt à vous faire la main sur le mode escarmouche. Le mode réseau (LAN ou Internet, vie la réseau Goa en France) est heureusement mieux pensé de ce point de vue, et les batailles peuvent durer des heures.

Cossacks est en 2D, avec un terrain en 3D qui tient compte du relief (les troupes placées en hauteur sont favorisées). Les bâtiments et les détails au sol sont splendides, les unités ne sont pas trop vilaines, ce qui n'a pas empêché quelques testeurs de se plaindre parce que le jeu n'était pas en full-3D. La musique (tonitruante avec le volume par défaut) et les bruitages sont du même acabit. La qualité de l'IA est variable. Au niveau individuel, les unités se mélangent parfois les pinceaux (à moins d'utiliser le déplacement fléché pour les orienter) ou ne réagissent pas quand une attaque a lieu un peu plus loin. En revanche, en tant que stratége, l'IA lance des assauts et ne fait aucun cadeau. L'un des gros défauts du jeu, c'est le manque d'options et de raccourcis au clavier pour déplacer facilement des groupes d'unités, ce qui est un comble quand on se vante d'en mettre autant sur le terrain. J'ai aussi trouvé le scrolling beaucoup trop rapide à mon goût. Pas mal de joueurs se sont plaints de ces problèmes sur le web. GSC Game World les a écoutés, l'extension The Art of War sortie en 2001 en corrige plusieurs. Les critiques sont unanimes : cette extension est indispensable pour profiter au mieux de Cossacks. En tout cas, en dépit de son niveau de difficulté bien plus exigeant que celui d'Age of Empires, le titre a trouvé son public : plus de 100.000 ventes dans le milieu germanophone, un succès comparable sur les autres territoires, et le début d'une saga qui a duré jusqu'en 2017 !



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