Ring II : Le Crépuscule des dieux
Titre anglais
Ring II : Twilight of the Gods
Date de sortie
2002 ()
Développement
Édition en Europe
Distribution en France
Distribution en Espagne
Systèmes
systeme systeme


titre Raconte-moi une histoire...


Un jeu d'aventure est réussi lorsqu'il est centré sur une bonne histoire. Cette histoire, elle doit s'articuler sur une trame où règne une injustice, et cela doit pousser le joueur à vouloir défier les forces de cette iniquité.
Il vous faut un personnage principal, un avatar, assez généreux et touchant pour que vous puissiez revêtir son personnage en le drapant de votre empathie.
Et il faut de belles énigmes qui vous poussent à errer dans les décors pour mériter votre victoire. Même avec des graphismes un peu pixelisés ou des commandes un peu erratiques. Sans bonne histoire, pas de salut.
Ring II est la suite du premier du nom, avec Philippe Druillet aux commandes, et un opéra de Wagner comme référence.
Le jeu a écopé de notes plus que moyennes et de tests sévères en son temps. Pour ma part, je n'avais joué qu'au premier opus lors de sa sortie, et les tests m'avaient découragé de l'acheter en 2003.
J'ai commencé le jeu en juillet dernier, et nous sommes actuellement en octobre 2026 : 100 jpurs de test plus tard, je vais vous écrire ce descriptif après avoir parcouru son histoire. C'est à ce prix-là que je vais essayer d'être aussi honnête que possible. Les graphismes, la maniabilité, le gameplay, les énigmes ardues et lourdes, promis, je les intègrerai à la lumière de cette magnifique histoire.

titre Bon, dis voir, c'est quoi cette fameuse histoire ?

Le manuel vous en dira un peu plus, et bien moins que ce que votre expérience de jeu vous produira. Si vous n'avez jamais entendu parler de l'Anneau des Nibelungen, si la Tétralogie de Wagner n'évoque rien chez vous, il y a des chances que le jeu ne vous inspire pas d'émotions fortes.
Lisez au préalable le manuel, feuilletez la page Wikipédia associée à l'Opéra de Wagner et vous serez un peu plus ouverts à cette expérience de jeu.
Siegfried, né des amours incestueuses de jumeaux nés d'une mortelle et du dieu Wotan, a été élevé par le nain Mime pendant trente saisons (jusqu'à 7 ans et demi) dans des conditions de servilité absolue.
Enlevé par des corbeaux à la solde des dieux, vous allez accomplir votre apprentissage de la vie, de l'amour et de la peur. Il vous faudra relever de multiples défis et reforger l'épée brisée qui vous rend invincible. Il vous faudra vous mesurer à un ogre et libérer Alberich, roi des Nains, qui vous renseignera sur le chemin qui mène à Fafner, le titan qui a bâti la demeure des dieux et qui garde l'anneau maudit des Nibelungen.
Après avoir défait Fafner, il vous faudra réveiller la Princesse endormie, briser la lance de Wotan dans un combat épique et détruire les dieux en recréant un cycle de vie et de mort ou les humains ont pris le dessus sur les dieux.
Seule la mort de Siegfried permettra de lancer ce nouveau cycle, celui de notre Humanité.

titre Mais le gameplay se prend les pieds dans le tapis (de souris) ...

Votre aventure se découpe en 17 chapitres inégaux en difficulté, en longueur et en qualité d'énigmes. Vous évoluez dans des décors grandioses taillés par Philippe Druillet, et les arrangements musicaux qui ponctuent votre avancée sont inspirés par le Maestro Wagner.
Il y a de nombreux éléments repris de la Tétralogie, mais il y a aussi des éléments issus de textes traduits postérieurement et qui enrichissent l'arc narratif (ou le compliquent pour ceux qui jouent au jeu sans connaissance préalable).
Les énigmes sont assez déroutantes, notamment avec ce chapitre d'ouverture qui vous plonge dans la forge de Mime, apprenant à manier votre clavier et votre souris sous les insultes et quolibets du Nain. Ce moment pénible est d'autant plus éprouvant que l'on a du mal à comprendre ce que l'on doit faire, et que l'on échouera si on veut juste pointer et cliquer là où le jeu vous invite à taper les bonnes touches sur votre clavier.
Là encore, soyez attentif au manuel, il vous initiera aux bonnes pratiques du clavier et de la souris pour ce jeu-là.
Les objets à trouver sont affichés en surbrillance sur l'écran, et votre inventaire ne peut contenir qu'un seul objet à la fois, ce qui peut alourdir le gameplay. Par exemple, dans le chapitre deux, la première scène vous demande d'interagir avec un animal, un squelette coincé dans un buisson et cinq ou six objets, et votre patience sera mise à l'épreuve.
Beaucoup de scènes se déverrouillent en se positionnant au bon endroit et en déclenchant l'action, mais il y a aussi des épreuves dignes d'un jeu de plates-formes, ponctuées de game over crispants.
Si vous êtes coincé, il existe des walkthroughs sur Youtube et vous comprendrez souvent que le jeu est logique.
Mais ce gameplay peut vous décontenancer et les décors parfois criards, avec des zones difficiles d'accès du fait d'une caméra un peu capricieuse, ont sans doute eu tendance à énerver les responsables des tests à l'époque de la sortie du jeu.
J'ai tout de même remarqué que les tests les plus sévères étaient assortis de screenshots du début du jeu : les testeurs ont sans doute reculé avant la fin du second chapitre, et leur méconnaissance de l'histoire originale a encore pesé dans la boucherie de leurs conclusions hâtives.
Moi qui suis allé au bout du jeu, j'ai apprécié sans pour autant mésestimer les nombreux défauts de ce gameplay un peu brouillon.

titre 20 ans pour composer cet opéra, deux jeux pour le détruire ?

C'est en ces termes que l'on trouve la condamnation implacable de Jihem, journaliste de JeuxVideo.com pour abattre le jeu. C'est ce jugement qui a convaincu des milliers de joueurs potentiels de ne pas acheter le jeu.
Le premier opus du jeu reprenait la trame des deux premières parties de l'opéra, et cette suite est basée sur le seul Siegfried et les deux dernières parties de l'oeuvre de Wagner.
Le moteur, le même que celui de Salammbo ou de Casanova, vous immerge dans des scènes où l'action prime sur la réflexion, les Game Over se succèdent, et la combinaison souris / clavier alourdissent le temps de cette réflexion. Les graphismes, sublimes mais intégrés dans des environnements malsains (pour les besoins de l'histoire justement) et avec des jeux d'ombres et de lumières pas toujours pratiques pour trouver son chemin, rendent le jeu assez maladroit et erratique.
Mais ce conte initiatique est une jolie introduction à la grande musique, et si Wagner ne vous rassasie pas, vous pourrez toujours admirer le film de Fritz Lang où Siegfried tient le rôle principal dans une histoire plus en lien avec le mythe hérité du roman courtois du XIIIe siècle.
Pardonnez-moi si vous avez détesté le jeu, mais à la lumière de l'histoire, des souffrances et des leçons de vie que distille l'arc narratif, peur, suspense ou humour (ce face à face entre l'odieux Mime et Siegfried devenu adulte avec son ours comme arbitre, et des dialogues joués à merveille) feront battre votre coeur, et tant que le dénouement ne sera pas venu, vous pardonnerez sans doute les insuffisances techniques que je viens de citer. Ring II est un jeu qui gagne à être aimé.

titre Lancement

Jeu bugué en son temps, je redoutais de le lancer sur mon PC émulé. J'ai eu la chance de croiser la route de Sagitaire021 qui a concocté une version automatique avec (ou sans) DG Voodoo. Je vous recommande de la télécharger et de l'installer, elle fonctionne au poil (de dragon). Bon jeu !



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