Vivisector
Date de sortie
Genre
Age recommandé
Développement
Édition
Distribution en France
Systèmes
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titre Introduction


Aparté : Vivisector étant un jeu classifié PEGI 18, il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Le jeu contient des scènes de mutilation physique, des animaux anthropomorphes pouvant effrayer les plus sensibles, ainsi qu’un doublage anglais risquant de vous abîmer la santé mentale en cas d’exposition prolongée, vous êtes prévenus.

Le Nanar (terme qui désigne une oeuvre si mauvaise qu’elle en devient drôle) vidéoludique, en voilà une catégorie de jeux vidéo extrêmement subjective tant la manière dont on aborde un jeu peut différer d’un individu à l’autre, et ce constat peut s’appliquer à l’immense majorité des supports. Après tout, un nanar peut être littéraire, cinématographique, parfois même théâtral, tant que l’on s’accorde sur son caractère divertissant malgré ses défauts évidents. Après tout, des mauvais jeux qui ne sont pas divertissants, il y en a plein, mais des mauvais jeux qui arrivent à divertir de par leurs défauts, ça c’est encore quelque chose de différent, et de beaucoup plus difficile à atteindre. D’autant plus que dans le cas du jeu vidéo, certains aspects peuvent être considérés comme nanars et d’autres non. Alors pourquoi est-ce que je parle de productions mauvaises au point d’en devenir hilarantes en préambule d’une fiche consacrée à un abandonware ? Parce que Vivisector est un très bon exemple d’un titre profondément nanar sur certains aspects, de très frustrant sur d’autres et même avec des pics de qualité particulièrement surprenants qui, une fois amalgamés, donnent ensemble une oeuvre inclassable, mais qui ne laissera aucun joueur indifférent.

Vivisector (ou pour le titre complet Vivisector : Beast Within) est un jeu de tir à la première personne (ou FPS) doublé d’éléments horrifiques sorti en Septembre 2005 en Russie et en Janvier 2006 en France. Le jeu est développé par le défunt studio ukrainien Action Forms, connu notamment pour le développement de la série de jeux de chasse Carnivores mais aussi pour le très sympathique Survival-Horror Cryostasis : Sleep of Reason. Vivisector est un jeu avec une histoire plutôt complexe, puisqu’originellement le titre ne portait pas du tout ce nom là et devait s'appeler… Duke Nukem : Endangered Species. Annoncé en Janvier 2001 et annulé en décembre de la même année, Action Forms fit le choix de réutiliser de nombreux concepts du jeu ainsi que le moteur graphique (le même que pour la série Carnivores) pour poser les bases de ce qui deviendra quatre ans plus tard Vivisector. De ce fait, cette genèse quelque peu agitée du titre permet au moins d’expliquer pourquoi le jeu semble si daté graphiquement pour un jeu de 2005, vu que le titre est basé sur un moteur graphique déjà vieux de plusieurs années. Si l’édition du jeu en Russie est revenue au géant 1C Company, c’est les petits français de chez Nobilis qui s’occuperont de localiser le jeu chez nous. Enfin, localiser… Vivisector n’est pas traduit en Français, et par dessus le marché, Nobilis a modifié la jaquette originale (que je trouvais à titre personnel beaucoup plus jolie) pour créer une jaquette qui n’a pas grand chose à voir avec le jeu de base avec un gros “LE FPS 100% SAUVAGE” dans un coin…

titre L’île du Docteur Doom

Vivisector ne nous embarrasse pas d’une introduction trop complexe : nous incarnons Kurt Robinson, soldat d’une armée inconnue, d’un pays inconnu, envoyé sur une île située on ne sait où, sauver la précédente escouade à qui il est arrivé on ne sait quoi. Ah, si, quand-même, on sait juste au détour de dialogues franchement pas subtils que notre bon vieux Kurt semble avoir eu une relation avec la responsable de l’escouade, mais qu’il n’a pas l’air d’en garder de bons souvenirs. Une fois arrivés à destination, évidemment rien ne va se passer comme prévu, et des hyènes cyborg pouvant se téléporter vont très vite massacrer la totalité de l’escouade à l’exception de notre héros. Et nous voilà lâchés en pleine nature, avec pour armes notre fidèle M16, notre pistolet et notre couteau, et pour seul objectif celui de sortir d’ici. Tâche qui ne sera évidemment pas simple surtout avec ces FOUTUES HYÈNES QUI SE TÉLÉPORTENT CONSTAMMENT DANS NOTRE DOS.

Je ne vais pas mâcher mes mots : la première heure de Vivisector est une des expériences les plus douloureuses que j’ai vécues depuis que je rédige des fiches pour Abandonware France. Outre les petits soldats qui meurent en deux trois balles et qui sont particulièrement faciles à éliminer, tout le reste des ennemis sont un enfer à affronter, et le jeu s’amuse à nous lâcher des hordes d’ennemis rapides et particulièrement létaux dés le début du jeu dans notre dos. Les hyènes sont un premier problème, mais rapidement elles sont accompagnées de lions beaucoup plus difficiles à tuer, ainsi que de gorilles armés de lance-grenades qui vous pilonnent à longue distance, ne les rendant tuables qu’avec le fusil de sniper. Enfin, encore faut-il réussir à le sortir avant de se faire tuer par les hordes d’ennemis au corps à corps ! Pas étonnant que le jeu se soit fait descendre par les testeurs de l’époque tant les premiers niveaux (extrêmement linéaires et dirigistes soit dit en passant) sont frustrants de par leur difficulté qui frise le ridicule. Bon, à ce stade là, je n’en ai plus rien faire, hop, console de commande, God Mode, emballé c’est pesé.

Et puis on continue. On avance, on avance, et on arrive à la suite du scénario, où pleins de révélations incroyables sont faites sur notre héros et son passé sur l’île, le tout servi par un doublage et des dialogues tellement crétins qu’ils rentrent sans aucun problème dans la catégorie nanar. Et d’un seul coup… Le jeu change radicalement. Fini les hordes d’ennemis au corps à corps sur lesquels on passe l’intégralité de notre chargeur de M16 et de notre barre de vie, bonjour les animaux anthropomorphes armés de fusils Tesla et d’armes exotiques que l’on va pouvoir récupérer pour défourailler absolument tout sur notre passage. Fini les embuscades en zone ouverte, bonjour les échanges de tir nerveux dans des tranchées.

En seulement un ou deux niveaux, Vivisector semble se rappeler qu’il est basé sur le projet d’un jeu Duke Nukem et embrasse enfin tout son potentiel de FPS nerveux et gore à souhait. Exploser jambes, bras et têtes devient d’un seul coup plus fun, et la difficulté du jeu redevient enfin acceptable, permettant de se passer du God Mode. C’est tellement triste de voir que le jeu inflige au joueur une heure de torture vidéoludique avant d’enfin lui donner des jouets appropriés pour enfin se la jouer bourrin. Alors attention, certains bugs graphiques et de texture persistent, et le jeu est toujours aussi peu flatteur pour la rétine et dirigiste. Mais au moins on s’amuse, on rigole devant le scénario terriblement cliché inspiré de L’île du Docteur Moreau (en particulier l’adaptation en film de 1932) qui aurait été réécrit par un fan de Quake ou de Doom, et on passe un moment loin d’être désagréable, pour peu qu’on arrive à passer outre le début du jeu.

titre Conclusion

Vivisector est un jeu qui cumule au premier abord toutes les tares possibles : Daté graphiquement, première heure cataclysmique, doublage aux fraises, scénario quasi inexistant au début… Pas étonnant qu’énormément de testeurs de l’époque aient tout de suite condamné le jeu d’Action Forms au fin fond des poubelles des FPS de 2005. Côté français, JeuxVidéo.com note le jeu 4/20, Canard PC 2/10, bref c’est un naufrage à tous les niveaux… En tout cas si on ne cherche pas plus loin (et franchement, en 2005, je comprends que l’immense majorité des joueurs soient passés à côté). Mais si on gratte un peu, et surtout qu’on active tout de suite le God Mode, on se retrouve face à un petit FPS qui, une fois la première heure sur six passée, se révèle être une expérience souvent hilarante, parfois consternante, mais globalement plaisante, pour peu que l’on s’y accroche un peu. Un jeu qui, si je devais ne noter que le début, filerait immédiatement du côté de l’Abandonware de Plomb, mais qui se révèle juste être un petit FPS sympa mais sans plus.



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