Explora III
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Dosbox
Compatible avec la version 0.65
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Le début des années 1990 correspond pour la majorité des joueurs à ce que l’on pourrait désigner comme l’âge d’or du jeu d’aventure. C’est en effet pendant cette période que sont fixées les règles de ce genre à part qui commence alors à exister de manière effective. Ce que nous désignerons comme "les quatre règles" sont: le pointer-et-cliquer, l’inventaire, le système d’action et enfin le système de dialogue. Les sociétés Lucasfilm Games (qui deviendra très vite LucasArts) et Sierra semblent régner sans partage et faire l’unanimité chez les joueurs; il ne faut pourtant pas oublier que face à ces deux géants tentent également de résister des petites entreprises généralement composées de quelques passionnés qui réalisent des œuvres proches de l’amateurisme mais qui ne sont pas vides de tout intérêt.
«Explora III» est un petit jeu français de 1990 développé par la société Infomédia que l’on peut classer dans la catégorie des jeux d‘aventure puisqu‘il respecte, bien que d‘une certaine façon, les règles de ce genre précis. Plutôt passé inaperçu face à un «The Secret of Monkey Island» (bien que les deux jeux aient été un jour vendus ensemble) et ne rassemblant certainement pas les qualités d’un tel chef-d’oeuvre, il n’en demeure pas moins que ce jeu mérite qu’on l’étudie quelque peu.

Ce qui caractérise «Explora III» face aux jeux d’aventures que l’on qualifiera de "classiques" (puisqu’ils respectent les quatre règles nouvellement établies) est une simplification poussée à l’extrême. Tout d’abord, le système de dialogue n’existe pas dans ce jeu. Les quelques personnages avec lesquels le joueur peut interagir ne disent qu’une seule phrase lorsqu’il les sollicite, une autre parfois s’il leur offre l’objet adéquat. Il n’y a pas de questions-réponses, les quelques indications qu’ils fournissent suffisent généralement pour continuer l’aventure.
En ce qui concerne l’inventaire, il est lui aussi épuré autant que possible dans sa forme puisqu’il n’est qu’une liste de mots, et dans son utilisation également car il n’est possible d’y accéder que pour jeter ou utiliser un objet. En outre, il n’y a qu’un exemple de combinaison d’objets de l’inventaire dans tout le jeu, sorte de timide tentative d‘innover un fonctionnement parfois lassant.
En ce qui concerne le pointer-et-cliquer, le processus est respecté scrupuleusement car bien qu‘en marge des grosses productions le jeu n‘en reste pas moins moderne et le principe des commandes au clavier ne se trouve plus dans aucun jeu depuis 1987. Le fonctionnement est très rudimentaire, il n’y a qu’à découvrir les objets interactifs d’un écran donné et à les utiliser à bon escient. Il est a noter que ce jeu n’adopte pas le nouveau système qui consiste à faire en sorte que le joueur ne puisse à aucun moment être complètement bloqué dans la progression de l’aventure, il est ici possible de mourir ou de perdre un objet indispensable.
La simplification caractéristique d’«Explora III» vient aussi du fait que la vue à la première personne a été privilégiée à la vue à la troisième personne qui commençait à se développer de façon plus ou moins importante depuis l’introduction de cette nouvelle perspective dans la série des «King Quest» de Sierra, commercialisée à partir de 1984. En fait, on peut dire que les deux alternatives coexistent durant les années 1980 mais c’est la vue à la troisième personne qui finie par s’imposer car plus intéressante au point de vue graphique, les machines étant devenue suffisamment puissante pour calculer les mouvements d’un personnage animé sur un écran, ce qui rend le jeu vidéo beaucoup plus vivant.
Mais ce qui caractérise la simplicité du jeu est principalement le système d’action réduit à sa plus simple expression. On ne peut que ramasser et jeter des objets, les observer (et le héros se contente généralement de dire qu’il n’y a rien d’intéressant à voir) et les utiliser. Même les personnages rencontrés dans le jeu sont tout simplement considérés comme des objets interactifs, ce qui a surement facilité la tâche des programmeurs et démontre le côté "amateur" de ce jeu.

Il existe trois versions inégales du jeu, celle pour la plate-forme PC étant très inférieure à celles pour Atari et Amiga au niveau des graphismes que beaucoup considérerons comme à peine ébauchés, une absence de musique et un nombre moins important d’animations alors que dans le même temps, les erreurs de programmation se comptent par dizaines. "Brouillon" est l’adjectif qui convient le mieux pour tout le jeu mais encore davantage pour la version PC.
Le choix fait par Infomédia, qu’il résulte d’une préférence raisonnée ou plus probablement d’impératifs financiers malgré les succès des deux premiers «Explora», est de tourner résolument le jeu vers la modestie, très certainement à outrance, et l’on peut dire qu’il manque vraiment quelque chose d’important qui ne peut être dissimulé par l’humour agréable des plans extérieurs et pourquoi pas, les graphismes loin d’être laids pour l’époque sous Atari et Amiga. On ne peut définitivement pas envisager ce jeu à la même échelle qu’un LucasArts de la même année, Loom par exemple qui est pourtant lui aussi considéré comme un jeu inachevé mais possède une magie fictive qui fait définitivement défaut à «Explora III».
On ressent en commençant à jouer à ce jeu le désir des créateurs de développer un jeu riche et complet à tous les niveaux, la simplicité des commandes semblant être uniquement là pour le confort du joueur. Les efforts des concepteurs sont tout à fait louables, mais ils sont comme bloqués, peut-être à cause de difficultés techniques pour une telle époque, plus vraisemblablement par manque de moyens financiers (sans doute pas, de motivation). Le joueur a la sensation que le jeu n’est pas terminé, en ce qui concerne le moteur qui est comme expérimental ou au contraire tout à fait dépassé, mais, peut-être plus grave encore, à cause du scénario qui est totalement superficiel, presque inexistant. Les bandes-annonces du jeu nous préparaient à une lutte acharnée contre la Secte du Serpent (et le sous-titre du jeu est ne l’oublions pas "Sous le signe du Serpent"); en réalité, si le héros sauve le monde, à aucun moment celui-ci ne sera menacé et, de la Secte, on ne verra que le gourou d’allure plutôt inoffensive et qui ne maîtrise même pas le pouvoir de se changer en serpent que l‘on était en droit d‘attendre. On tue un homme presque gratuitement sans être bien sûr qu’il représente dans l’absolu un réel danger. Toute la fin du jeu qui devrait être la plus importante est bâclée, le voyage temporel qui est tout de même le thème central de la série des «Explora» est plus que secondaire, le héros est anonyme et sans réelle personnalité... «Explora III» est une œuvre incomplète mais qui est une bonne illustration de la tentative des petites entreprises à résister à l’hégémonie des sociétés aux moyens importants. Ce jeu aurait mérité d’être encore davantage travaillé, afin d’offrir une durée de vie supérieure, on remarque d’ailleurs que la zone de jeu, vraisemblablement la ville de Paris est presque trop développée, le nombre d’écrans inutiles est considérable et l’action se limite hélas à moins de dix rues (les écrans sont regroupés en groupes qui sont soit des rues qui comprennent des animation, soit des intérieurs de bâtiments) ainsi que des personnages, des actions et des objets inutiles. Cela préserve au moins le jeu d’une trop grande linéarité.

Meilleur qu’un jeu d’amateurs mais pas non plus digne d’un grand jeu de professionnels, «Explora III» restera un exemple à part et pas inintéressant dans l’histoire du jeu vidéo d’aventure. Il ne mérite ni des honneurs, ni de sombrer dans un oubli total.


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