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Introduction
Capcom est un éditeur et développeur japonais connu pour ses franchises telles que Resident Evil, Monster Hunter ou encore Devil May Cry, mais ces succès critiques et commerciaux récents ne doivent pas éclipser la quantité faramineuse de productions sorties depuis la création de l’entreprise en 1983. Outre les très nombreux jeux sortis sur bornes d’arcade, la sixième génération de consoles fut un terrain d’expérimentation particulièrement florissant pour les développeurs des studios internes et externes reliés à Capcom par des commandes, permettant à ces derniers de créer de nombreux jeux n’ayant pour la plupart jamais eu de suites, la faute à des performances commerciales ou critiques trop modestes selon les standards de Capcom.
Parmi ces productions reléguées à l’obscurité, seules certaines ont su s’en extirper avec le temps, à l’image de l’excellent Okami ou de Viewtiful Joe, les autres gardant pour la plupart un petit statut culte auprès des joueurs ayant eu la chance de les essayer à l’époque. En effet, qui se souvient des Survival-Horror Glass Rose et Haunting Ground, passés inaperçus face au mastodonte Resident Evil ? Qui se souvient de PN03, de God Hand ou même des deux jeux Maximo qui pourtant se voulaient être une remise au goût du jour du classique Ghosts’n’Goblins ? Without Warning, Beat Down Fists of Vengeance, Crimson Tears, Devil Kings, Final Fight Streetwise… La Playstation 2 et la Gamecube furent particulièrement abreuvées de nouveaux titres de l’éditeur japonais, la majorité d’entre eux privilégiant un gameplay d’action très nerveux, et parmi ces nombreux titres, notre sujet du jour : Chaos Legion.
Sorti en 2003 en Europe sur Playstation 2 et un mois plus tard sur PC (ce qui est surprenant compte tenu du fait que Capcom n’avait tendance qu’à sortir ses plus grosses productions sur nos bons vieux ordinateurs, et encore, pas tout le temps), Chaos Legion est un jeu d’action type Hack’n’Slash en 3D (à l’image de Devil May Cry, toujours chez Capcom, ou encore de la série Onimusha) adapté d’un Light Novel (romans courts destinés généralement à un public de jeunes adultes) écrit par Tow Ubukata, un auteur officiant principalement dans le domaine de l’animation mais ayant signé le script de quelques jeux vidéo comme le très étrange Segagaga en 2001. Le jeu nous place dans la peau de Sieg Warheit (que l’on pourrait traduire de façon littérale par “Victoire Vérité” en français), un chevalier des Glyphes Sombres qui recherche son ancien ami Victor Delacroix, un autre chevalier qui s’est emparé d’un ouvrage maudit appelé L’Apocryphe d’Yzarc, une relique qui pourrait causer la destruction du monde. Ah, et Victor a tué la partenaire de Sieg, histoire de rajouter une petite dose de vengeance personnelle sur tout ça. Nous voilà donc lancés à la poursuite de notre ancien ami, prêt à lui faire cracher ses tripes et à l’empêcher de tout détruire, mais évidemment, de nombreux ennemis vont se dresser sur notre chemin durant cette fresque tragique qui se prend très au sérieux au point de faire sourire, notamment avec les apparences des personnages qui n’auraient pas dépareillé dans un Final Fantasy (mention spéciale à Delacroix dont l’apparence est FORTEMENT similaire à celle de Sephiroth, antagoniste emblématique de Final Fantasy VII).
Légions & Baston
Hack’n’Slash en 3D oblige, la boucle de gameplay de Chaos Legion est plutôt simple : Les niveaux sont découpés en arènes, arènes qui sont fermées tant que vous n’aurez pas anéanti tous les ennemis, et pour cela, votre épée et la gestion de la caméra seront vos meilleures armes ! … Enfin, pas tout à fait, car si Chaos Legion se contentait de cela, le jeu ne serait qu’un Devil May Cry qui ne dit pas son nom (les mauvaises langues diraient même un sous Devil May Cry, mais on y reviendra). En réalité, la principale innovation de Gameplay provient des fameuses Légions du titre, des entités que Sieg peut invoquer pour l’aider en combat : Durant les phases où la légion sélectionnée par le joueur est active, Sieg ne bénéficie pas de toute sa puissance, et ne peut que relativement contrôler les actions de ses légions, dont le nombre ou la puissance peuvent être améliorés au fur et à mesure du jeu. Il est donc important de choisir le bon moment pour déployer ses légions ou non, sachant qu’il est possible de tuer les ennemis en synergie avec ses alliés invoqués, permettant d’infliger davantage de dégâts.
Bon, sur le papier, c’est plutôt pas mal, alors pourquoi l’immense majorité des critiques du jeu le considèrent comme un Devil May Cry du pauvre ? Et bien parce que… c’est un peu le cas. Chaos Legion est un hack’n’slash en 3D, comme Devil May Cry, sauf que la mécaniques de Légion fait que le protagoniste contrôlé par le joueur ne possède pas la panoplie de mouvements et d’attaques de Dante, le héros de ce même Devil May Cry. Pire que ça, les légions invoquées disposant d’un certain degré d’autonomie, on se retrouve des fois à juste être là en support pendant que l’IA fait tout le boulot. Or, une bonne partie de ce qui fait l’intérêt de ce genre de jeux, c’est le sentiment de puissance que l’on ressent en enchaînant les combos et en fracassant tout ce qui se trouve sur notre chemin avec de la COOLITUDE. Si vous voulez un autre exemple, regardez la franchise la plus célèbre du genre, à savoir Dynasty Warriors. Oui, c’est bas du front, oui, c’est répétitif, mais bon sang que c’est plaisant d’enchaîner les combos et d’éclater des ennemis par paquets de cent lors des affrontements ! D’ailleurs Chaos Legion se rapproche pas mal de la série de KOEI en envoyant des hordes d’ennemis à la figure du joueur, ce qui rend les légions salvatrices tant on se fait rapidement déborder.
A l’instar d’ailleurs de Dynasty Warriors, on ne peut pas dire que Chaos Legion brille par la composition de ses niveaux : si ces derniers sont plutôt jolis avec une direction artistique très gothique, la suite Couloir -> Arène carrée -> Porte -> Couloir -> Arène Carrée -> Couloir -> OH MON DIEU UNE ARÈNE RONDE -> Couloir -> Arène Carrée devient très vite redondante, et le découpage des niveaux a la fâcheuse tendance à casser le rythme, certaines portions se finissant en quelques minutes. Malgré tout cela, le jeu est bien réalisé, les musiques sont de qualité et pour peu que l’on accroche à la direction artistique et au gameplay, Chaos Legion reste un titre dans lequel il est intéressant de se plonger… Pour peu que vous arriviez à jouer à la manette. Car on entre maintenant dans les spécificités du portage PC par rapport à la version originale sur Playstation 2, notamment les contrôles, et laissez moi vous dire une chose : la personne ayant programmé les contrôles de Chaos Legion sur PC ne devrait plus jamais approcher un ordinateur du reste de ses jours. Alors, pour votre bien-être personnel et celui de vos mains, je vous recommande de jouer avec une manette afin que vous puissiez profiter au maximum du jeu (voire même d'y jouer sur la version PS2 afin de profiter de la gestion de la camera avec le second stick) .
Conclusion
Chaos Legion a reçu des notes globalement favorables dans la presse de l’époque : 14/20 sur Jeuxvideo.com , 7/10 chez Eurogamer… A noter que lorsque la version PC a reçu un test, ce dernier était systématiquement moins favorable que la version console, la faute sûrement aux contrôles. Dans tous les cas, le titre de Capcom n’est pas vraiment le meilleur de ce que le studio a pu produire sur cette génération de console, mais si vous vous êtes amusés sur Onimusha 3 sur le site, Chaos Legion pourra peut-être vous divertir !
Trivia
- La version PC japonaise du jeu ne possède pas de doublage Japonais, uniquement réservé à la version console.
Lancement
Une version automatique mise au point par la Team de Sagitaire021 et de Monours est à votre disposition : Téléchargez, Installez et Jouez.
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