I Have No Mouth and I Must Scream
Année
1995 (Sortie FR)
Développement
Systèmes
systeme
Dosbox
Compatible avec la version 0.61
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La machine est née à la conscience et elle n’a pas aimé ça?!

titre Hate! Hate! I hate you so much

Au commencement, il y avait "ALLIED MASTERCOMPUTER" nommé plus simplement AM. En réalité avec lui, ils étaient trois ordinateurs, un russe, un étasunien et un chinois. Les humains les avaient créés pour gérer un conflit mondial extrêmement complexe. À un moment donné, AM s’éveilla à la conscience et à la douleur de n’être qu’une machine. Cette douleur se mua rapidement en haine et, après s’être assemblé avec les deux autres, il anéantit l’humanité à l’exception de cinq personnes. Il les enferma avec lui dans les entrailles de la Terre, là où les hommes l’avaient installé. Cela fait maintenant un siècle que l’ordinateur les maintient en vie pour mieux les torturer.
Aujourd’hui, il leur propose un jeu qui, s’ils le réussissent, leur permettra de détruire AM et d’échapper à leur prison. Il a imaginé pour chacun un scénario dans lequel ils devront affronter leurs obsessions et leurs névroses.
Pour Gorrister, le suicidaire, il pourra obtenir le droit de se supprimer. Benny la brute devra trouver de la nourriture, une nourriture qui ne lui fasse pas cracher le sang. Ellen, l’hystérique souffrant de nombreuses phobies dont celle de la couleur jaune, devra éradiquer AM en retrouvant sa matrice originale enfouie sous des kilomètres carrés de câbles. Nimtok, le sadique caché, devra continuer ses recherches auprès du bon Docteur Mengele dans un camp de concentration. Ted, le dernier des cinq, un paranoïaque cynique devra choisir entre plusieurs endroits, celui qui lui convient. En cas d’échec, ils retournent au point de départ.
Ils ne savent pas si AM se joue d’eux ou si, dans son délire mégalomaniaque, il n’a pas rendu l’enjeu réel pour que ce soit plus intéressant.
Chacun à leur tour, les personnages affronteront l’ordinateur qui s’appuiera sur toutes leurs faiblesses pour triompher. Petit à petit, vous apprendrez à les connaître, leurs tourments et leurs remords et souvent vous devrez opérer des choix qui pourront les aider à vaincre ou au contraire les faire échouer. La partie sera rude, l’échec de l’un signifiant celui de tous.

titre Five damned souls

Le jeu a été entièrement traduit en français de manière très correcte, cependant, si vous avez un niveau suffisant en anglais, la version américaine est préférable pour trois raisons :
– La première et la plus importante ; la version française a été amputée de toute la partie concernant Nimtok le nazi pour des raisons de censure assez incompréhensibles. Au niveau de la réalisation, ce charcutage se manifeste par des coups de gomme très visibles au cours du scénario, la fin en est rendue beaucoup plus difficile.
– La seconde : La voix de AM est celle de Harlan Ellison lui-même. C’est donc un document intéressant pour tout amateur de SF. De plus, quand on l’entend tonner sa haine au début du jeu, on ne peut pas douter de sa motivation !
– La troisième : certains choix de traduction sont douteux. La voix de AM manque d’envergure. De Jupiter rugissant en anglais, il se transforme en méchant standard, ironie et ton doucereux, dans l’interprétation française. De même, Ellen, la névrosée qui a une peur panique du sexe passe son temps à faire des remarques grivoises dans notre langue, une absurdité sans pertinence pour son rôle.
Les graphismes du jeu en SVGA sont splendides. Ici pas de photos, uniquement des images peintes à la main puis numérisées. Les graphistes ont très bien rendu l’atmosphère morbide du jeu en nuançant les couleurs sur les décors, qui ne sont en fait que des simulacres comme le suggèrent les câbles et les moniteurs que l’on voit partout.
L’emploi du SVGA a permis d’affiner au maximum les personnages qui ont perpétuellement l’air d’animaux traqués. Les dialogues ajoutent encore à l’ambiance, les protagonistes invectivent sans cesse l’ordinateur qui, comme un dieu inaccessible, les entend. Les rôles ont été confiés à des acteurs professionnels, le résultat est excellent, toutes les voix collent parfaitement. Le joueur peut s’il le veut doubler les voix avec le texte des dialogues, mais toujours en américain. On peut même, mais ce serait vraiment dommage, couper les voix et ne laisser que les textes.
Bien sûr, toute l’aventure se manie à la souris. Vous disposez d’un menu typique de ce genre de jeu : examiner, utiliser, pousser, discuter, marcher, avaler, donner et prendre, ainsi que d’un inventaire où vous pourrez mettre les objets utiles. C’est au niveau de l’utilisation des commandes que l’interface devient un peu bizarre. Par exemple, Ellen est dans une pièce dont les murs sont tapissés d’écrans, chaque moniteur possède un commutateur de chaînes qu’il faut utiliser. Eh bien, pas la peine d’essayer d’utiliser le bouton, il faut utiliser la commande push sur le moniteur pour que change la chaîne, ce qui est pour le moins singulier. On finira par comprendre au cours du jeu que push doit plutôt se traduire par actionner que par pousser. Pour indiquer votre progression, la couleur de fond de votre portrait se teinte d’un vert de plus en plus clair au fur et à mesure que vous avancez dans la résolution de l’énigme. N’oubliez pas de consulter, dans votre inventaire, le livre intitulé « Psych Profile », lequel contient des indices intéressants. La difficulté moyenne du jeu ne devrait pas arrêter un joueur un tant soit peu coutumier des jeux d’aventure. La durée de vie est correcte puisque ce n’est pas moins de cinq aventures différentes et un épilogue que Cyberdreams nous propose. Attention, cependant, ce jeu est rigoureusement pour les adultes, il pourrait « choquer les âmes sensibles » comme le dit la formule consacrée.

titre Harlan Ellison

Harlan Ellison a écrit plus de 1700 nouvelles et une soixantaine de livres. Il a écrit des épisodes pour Star Trek et La Quatrième Dimension; il a été consultant pour la série télévisée Babylon V; il a donné des conférences dans les universités du monde entier et a même écrit des nouvelles dans les vitrines de grands magasins?! Il est aussi célèbre pour son mauvais caractère et ses formules assassines : « les possesseurs d’armes sont des illettrés ayant des problèmes de virilité ». C’est un grand écrivain (et pas seulement de science-fiction) récompensé plusieurs fois par les prix Hugo et Nebula pour ne citer qu’eux. En France, il est surtout connu pour son anthologie Dangereuses visions (éditée chez [cie_637,J’ai Lu)] pour laquelle il avait demandé à trente-trois écrivains de SF de lui écrire des textes sans se préoccuper d’aucuns tabous sexuels, politiques ou religieux. Le résultat fut comme l’espérait Ellison, une véritable révolution, un énorme pavé dans la mare. Après Dangereuses Visions, La SF accéda à l’âge adulte.

La nouvelle dont est tiré le jeu fut éditée en juin 1968 dans le numéro 45 de la revue Galaxie ainsi que dans Histoires mécaniques, l’un des volumes de La Grande Encyclopédie de la SF parue au Livre de Poche. On peut aussi lire deux recueils de nouvelles chez Marabout : Du pays de la Peur et Ainsi sera-t-il. Les Humanoïdes Associés ont, quant à eux, publié : Hitler peignait des roses, Gentleman junkie, La Bête qui criait « Amour », Au cœur du monde et La Chanson du zombie, quatre autres recueils de nouvelles. Un seul de ses romans a été traduit à ma connaissance, il s’agit des Barons de Brooklyn dans la collection Speed 17 toujours chez Les Humanoïdes Associés. Malheureusement, toutes ces collections ont disparu et ces livres sont assez difficiles à trouver, même chez les bouquinistes.
Apocalypse 2024 est un film directement inspiré de la nouvelle Un Garçon et Son Chien. Il relate l’histoire, dans un monde post apocalyptique, d’un garçon et d’un chien communiquant par la pensée. Un chef-d’œuvre de l’humour noir.

titre Cogito ergo sum

Le jeu est disponible sur GOG et sur Steam. Par défaut, la version Steam est bien sûr en français et donc censurée ! Si vous possédez l’original anglais, il fonctionne très bien avec DOSBox. Par contre, la version française nécessitera l’utilisation de Scumm. Sur le site, nous vous proposons une démo de la version anglaise.

titre Une allégorie de l'Enfer

«I Have No Mouth and I Must Scream» est un jeu d’aventures valant surtout par son scénario très original et bien plus profond que ceux auxquels nous sommes habitués. Cette ambiance morne et désespérée est encore accentuée par l’environnement graphique et sonore. Par contre, l’ergonomie est très classique, mais sans défauts majeurs.
 
– Fabrice Debaque –



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