Fiche de la compagnie Dro Soft
NomDro Soft
PaysEspagne
Création1984
Fin1994
Rôle(s)Distribution, Distribution (Espagne)
Dro Soft est un véritable pionnier de l'ère informatique dans l'Espagne de la Movida, au tournant de l'année 1980.

A l'origine de la société, il y a un groupe post-punk électronique, Aviador Dro, fondé en 1979, et qui a cherché à distribuer ses disques avec son propre label : Discos Radioactivos Organizados (oui oui, Disques Radioactifs Organisés) est fondé en 1982. Très vite, Servando Carvallar et Marta Cervera, deux des musiciens de Aviador Dro, ouvrent les portes de leur studio pour accueillir la scène rock de l'Espagne post-franquiste, avec ce groupe phare qu'est Paralisis Pemanente. En 1984, alors que le catalogue de musique se diversifie et s'internationalise, Servando Carballar crée une extension pour les jeux vidéo, qui semblent promis à un bel avenir : Dro Soft est créé.

Deux périodes semblent se détacher de l'histoire de cette société :
  • 1984-1988 : Distributeur tous azimuts
Les premiers contrats sont signés avec de grands éditeurs étrangers tels que Melbourne HouseBarbarian») et Electronic ArtsArctifox»), mais aussi Broderbund ou Virgin Games.

L'Espagne rattrape son retard à la vitesse de l'éclair, c'est le temps de la Movida que Almodovar a immortalisé dans ses premiers films pleins de couleurs et d'humour. Entre 1982 et 1990, des studios plus ou moins éphémères se créent dans la péninsule, et c'est Dro Soft qui distribue nombre d'entre eux, à l'instar de Juliet Software ou New Frontier. Pour Servando Carballar, il faut donner sa chance à des jeunes développeurs, quitte à perdre de l'argent. Le tout premier jeu développé "Made in Spain" que distribue Dro Soft s'appelle «Zipi y Zape» et est l'un des jeux les plus ratés de l'histoire du jeu vidéo, à en croire Wikipedia en Espagne : les fautes d'orthographe du développeur n'ont pas été corrigées, et comme le jeu est basé sur un analyseur syntaxique, il est impossible à terminer (selon la légende, le programmeur a prévu qu'une action devait se déclencher en "lançant un clou contre un arbre" et non "clouer sur un arbre" ^^). Hypsys, autre jeu de Dro Soft, a su redonner un peu d'air aux finances du groupe, mais pas assez. Du coup, la survie du label devait favoriser un catalogue plus commercial. Cette idée fit fuir Servando Carvallar.
  • 1988-1994 : Du Miracle au Mirage
Le départ de Carvallar a amené le distributeur-éditeur à étoffer son catalogue avec des licences un peu plus juteuses.
«Microsoft Flight Simulator 3.0» incarne ce virage doré. En même temps, on se tourne vers des licences un peu plus rentables, à l'instar de Mortadelo y Filemon. Pour apporter de l'oxygène aux finances, on cherche également à développer des portages, comme celui particulièrement réussi de Budokan pour Amstrad CPC, avec l'un des programmeurs espagnols les plus renommés : Javier Fafula en personne ! L'heure de gloire a également apporté, au tournant de l'année 1990-1991, le développement de Karateka, ancêtre de «Prince of Persia», que les développeurs ont converti de l'Apple II pour l'adapter à ZX Spectrum et MSX.

Mais les dettes s'accumulent, et le dernier coup de génie aura été d'éditer le jeu d'un studio encore inconnu, Péndulo Studios : «Igor : Objective Uikokahonia». Pas assez pour renflouer les caisses.
Pour la première fois, Dro Soft distribuait un jeu espagnol à l'étranger. Mais la faillite arrivait en même temps.
En 1994, Electronic Arts rachetait le studio pour en faire une annexe espagnole : Electronic Arts Espagne.
RIP !

Dro Soft était sise à Madrid :
Francisco Remino
5-7
28028 Madrid
Tel : (91) 246 38 02


Compilations








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