L'Amerzone
Année
1999 (Sortie FR)
Développement
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titre L'histoire


Peut-on refuser d'exaucer les dernières volontés d'un vieillard?

Dans ce jeu à la première personne, vous incarnez un journaliste qui veut rencontrer un vieil explorateur excentrique- Valembois- qui vit ses derniers jours au milieu de ses souvenirs, accumulés dans son phare.
Vous croisez le facteur, qui vous explique que le vieillard a reçu un courrier du Museum, et qu'il vaut mieux lui apporter la lettre, pour lui éviter de se fatiguer.
Arrivé au phare, vous grimpez l'escalier et entrez dans la pièce principale, et vous entamez la conversation avec Valembois. Il insiste pour que vous repartiez à sa place pour l'Amerzone, afin de rapporter l’œuf de l'oiseau blanc, le tout dernier de cette espèce en voie de disparition, que Valembois avait dérobé soixante ans plus tôt, lors de son expédition dans ce pays inexploré. Cet œuf que le vieil excentrique avait offert au Muséum d'Histoire Naturelle, il lui a été rendu par la direction du Jardin des Plantes, qui croit à une escroquerie. Et l'oeuf est encore vivant!
Vous n'avez pas le temps de refuser, le vieil homme s'écroule sur sa table. Foudroyé par la mort, terrassé par le poids du Temps. Votre silence est devenu un acquiescement car qui ne dit mot consent, pas vrai?
Et peut-on refuser d'exaucer les dernières volontés d'un homme, né qui plus est un 28 juin? ( NDLR:La création de notre site date du 28 juin 2000. Valembois aurait eu 96 ans s'il avait vécu jusqu'à la création de LTF^^).
Investi de cette mission, vous commencez à fouiller les lieux, à la recherche d'indices. L'aventure commence lorsque vous mettez la main sur les carnets de l'explorateur. Se pourrait-il que le phare camoufle un moyen de se rendre au pays de L'Amerzone? Apparemment, tout est fin prêt pour retourner sur les pas de Valembois. Tout est prêt pour revivre le testament de l'explorateur.

titre Le Gameplay

«L'Amerzone» est un jeu très classique du point de vue de son Gameplay. Tout se joue à la souris, dans des décors où se trouvent des environnements interactifs et des objets à dénicher. L'inventaire, accessible à partir de la touche Echap, permet de sauvegarder et de charger des parties, mais aussi de lire les documents et de sélectionner les objets dont on a besoin pour dénouer une situation. Ce sont en tout huit cases qui permettent de stocker les éléments dans votre inventaire. Mais vous ne serez pas obligés de vous séparer d'objets ou de faire des choix, comme cela existe parfois dans les jeux d'aventure.
Le jeu a été conçu à l'aide d'un moteur, Phoenix Engine, qui permet d'immerger le joueur dans un environnement à 360 degrés. Cette technologie a été développée par un autre studio parisien, Knockin'Boot Productions. Cela dit, le curseur prend la forme d'une flèche pour suivre une direction, ou d'un engrenage pour interagir, ce qui démontre les limites de cette immersion.
La rencontre avec quelques rares personnages donne lieu à de faux dialogues, qui consistent en des cinématiques construites sur un discours du personnage. Ne comptez pas résoudre des puzzles de dialogues, basés sur des items et des choix de sujets de discussion.
Inspiré par «Myst» plus que par les jeux de la série inaugurée par «The Secret of Monkey Island», «L'Amerzone» est un conte initiatique basé sur quelques énigmes dont l'exploration et l'observation sont les fondements. Pas de Game Over ni de séquences chronométrées, vous disposez de tout votre temps pour éplucher les carnets de Valembois, les lettres et les écrits que le vieillard a laissés, et d'admirer les décors. Le tout avec des environnements soignés en 3D précalculée. Quelques énigmes dignes de «Myst» ou de «Rhem» dans le premier chapitre, permettent de bien accrocher le joueur à l'intrigue mystérieuse qui se dégage de la trame narrative.

titre De l'Amerzone à l'Amerzone: de la B.D. au C.D.

Avec «L'Amerzone», Benoît Sokal apporte sa première contribution dans le jeu vidéo.
Né un 28 juin, lui aussi, Benoît Sokal a marqué, et continue de marquer le monde de la Bande dessinée par une œuvre à la fois désenchantée et onirique.
Parmi toutes ses créations, on lui doit la série Canardo, qui débute en 1979 avec le premier des 23 volumes de sa saga. Canardo c'est un univers paradoxal, à la croisée de personnages animaliers et d'une atmosphère oppressante et sombre. L'alcool, le vice, la déprime, côtoient un humour noir qui ne s'adresse pas aux enfants. Le cinquième tome des aventures du canard à l'imper miteux est justement nommé L'Amerzone. Et l'idée de l'adapter au jeu vidéo s'impose à Benoît au milieu des années 90. L'éditeur Casterman a trouvé cette adaptation intéressante, et l'éditeur Microfolie's a été emballé à son tour. Mais la petite société a coulé au milieu du développement, et il a fallu trouver un autre bailleur de fonds: ce fut Microids.
Benoît Sokal n'a pas abandonné son projet à une autre équipe, il a tout naturellement dessiné les personnages, s'entourant de son ami Grégory Duquesne, dessinateur et ami, comme assistant du Story-Board.
Si Benoît pilote les graphismes du jeu, il a dû compter sur le studio Virtual Studio pour la programmation, et sur 4X Technologies, pour les animations cinématiques et la 3D précalculée.
Une collaboration fidèle est également née avec Knockin'Boot Productions, le studio d'enregistrement de Dimitri Bodianski, qui a commencé sa carrière de musicien comme saxophoniste et claviériste chez Indochine. Avec Nicholas Varley, la collaboration a favorisé une musique pleine de nostalgie, l'unique musique, mais quelle musique! Et cette collaboration sera à nouveau à l'honneur pour la bande son du jeu «Syberia», avec des titres extraordinaires qui accompagnent la quête de Kate Walker du début à la fin du jeu.
Au final, si Benoît a piloté les graphismes de ce jeu, il n'a pas pour autant repris l'album de BD à l'identique. Ici, pas de Canardo ni de rat Freddo ou de chat raspoutine. Mais un Alexandre Valembois, un David Mackowski et un Antonio Alvarez bien humains, et...vous. Oui, vous, le joueur, le journaliste, le personnage ajouté à cette aventure inspirée par la BD.
Et devant l'engouement suscité par ce jeu, qui a pu rivaliser avec «les Chevaliers de Baphomet», avec plus d'un million de jeux vendus, Benoît Sokal a rempilé pour signer d'autres aventures vidéoludiques sans perdre de vue la bande dessinée.

Côté BD, il a orienté son œuvre vers de nouveaux univers, comme autant de parenthèses entre de nouveaux albums de Canardo, avec l'étonnant album Sanguine, qui place l'action au XVIIème siècle, en plein guerre de trente ans; ou encore Le vieil homme qui n'écrivait plus, encore une histoire de vieillard tourmenté par un passé qui ne passe pas...

Et côté jeux vidéo, Benoît Sokal a développé les aventures de kate Walker, la vedette de sa série «Sybéria» (2002) et «Sybéria 2» (2004). Puis un jeu qui apparaît comme un rouage de son oeuvre de Bande dessinée Paradise (4 tomes, 2005-2007, avec ce jeu éponyme, «Paradise», qui relate des aventures dans un pays imaginaire, la Mauranie, comme pour «L'Amerzone». Et en 2007, Sokal adapte un autre album de Canardo, «L'île noyée», avec un revirement question gameplay, puisque le jeu apparaît plus comme un jeu d'enquête que comme un véritable Point and Click.
Depuis huit ans (ces lignes sont rédigées en janvier 2015), le suspense plane au sujet d'une suite aux aventures de la jolie Walker. La communauté est dans l'attente d'un troisième opus, qui devrait être disponible dans les prochains mois.


titre Conclusion

«L'Amerzone» a connu un succès percutant dès la sortie du soft. Le jeu a trôné dans les rayons des supermarchés, dans les bacs des Fnacs, dans les magasins dédiés aux jeux vidéo, et a rassemblé une communauté de joueurs enthousiastes. Avec ses accents Mystiens et ses décors exotiques, c'est un titre qui a porté le jeu d'aventure au sommet de son Art. Ce titre vous invite à explorer un monde imaginaire que vous atteignez grâce à une machine digne de Jules Verne, l'Hydraflot. Et dans la jungle amerzonienne, vous vous familiariserez avec des ventousiers ou des porcopotamus. Et qui sait, peut-être pourrez-vous chevaucher dans les marais, perché sur une girafe palmée, admirant des buffles tricornes qui s'ébrouent ou autres péchosaures gourmands?

Alors, peut-on refuser d'exaucer les dernières volontés d'un vieillard?
Évidemment, non.


titre Trivia

En 2001, Manu 2000, Webmaster québécois que les fans de jeux d'aventure connaissent bien, a fondé son site Atlantisamerzoneetcie, dont le nom est un joli clin d'oeil à deux références de ce type de jeux: «Atlantis» et «L'Amerzone».
Et pendant que j'y suis, je ne peux que vous recommander l'article Wikipédia pour ce jeu, et le dossier consacré à Benoît Sokal sur le site Planète Aventure, tous deux rédigés avec passion par LFP. Qu'il en soit remercié.




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