Rocket Ranger
Année
1988 (Sortie FR)
Genre
Développement
Edition (Etats-Unis)
Distribution (Europe)
Distribution (France)
Systèmes
systeme
Dosbox
Compatible avec la version 0.73
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10 votes




titre Scénario

Nous sommes en septembre 1940. Les Nazis sont en train d'envahir l'Europe, lentement mais sûrement. Rien ne semble pouvoir les arrêter, et surtout pas vous, modeste ingénieur en physique travaillant pour le compte de l'armée américaine à Fort Dix, dans le New Jersey. Et pourtant, un soir, devant vos yeux se matérialisent un réacteur portatif, une montre-écran capable d'envoyer des messages, un pistolet-laser, et les notices qui les accompagnent (ainsi que la garantie et le ticket de caisse, en cas de problème). Cet attirail va faire de vous le super-héros capable de déjouer les plans des nazis... Le Rocket Ranger !
Cette mission ne sera pas de tout repos. En effet, les nazis s'apprêtent à conquérir le monde à l'aide d'appareils propulsés au lunarium, un minéral très puissant qui sert justement de carburant pour votre mini-réacteur, et dont Fort Dix possède un petit stock. Ce minéral ne se trouve que sur la Lune, les nazis l'importent et le stockent dans leurs usines. C'est donc sur la Lune que se livrera le combat final.
On aura reconnu dans un scénario un hommage appuyé à des personnages comme Commando Cody (héros d'une série télévisée des années 50) et surtout The Rocketeer, héros du comic éponyme. «Rocket Ranger» puise toute son inspiration dans cet univers désuet et kitsch, jusque dans ses traits les plus machos. En effet, le Lunarium mal traité fait fortement baisser le QI des hommes, mais pas celui des femmes, raison pour laquelle les nazis préparent une armée de femmes lobotomisées pour les envoyer sur la Lune !


titre Super-résistant au rapport

Cinemaware a atteint son apogée en 1988. Grâce à des jeux comme «Defender of the Crown» et «TV Sports : Football», leur réputation était exceptionnelle, et «Rocket Ranger» a enfoncé le clou. On y retrouve tout ce qui fait le charme de leur jeux : d'excellents graphismes, plus BD que cinéma, une multitude de scènes d'action bien différentes et agencées de façon non linéaire, et un soupçon de gestion.

La partie gestion est de loin celle qui causera le plus de soucis au joueur, plus que les scènes d'action, faciles à assimiler. Elle consiste à utiliser les talents de vos cinq agents secrets pour localiser les bases secrètes des nazis dans les 25 zones géographiques que compte la carte (plus les USA et l'Océan Atlantique). Il suffit de placer un ou plusieurs espions sur une zone et de leur assigner un ordre : infiltrer (pour chercher une base) ou organiser la rébellion (pour rendre la zone plus difficile à conquérir). Les zones sous domination nazie sont en rouge, les zones résistantes en marron. En haut à droite se trouve le taux d'efficacité des nazis. Il est de 80% en début de partie, et s'il baisse, leur progression sera ralentie. Si un agent clignote, c'est que son travail est terminé et qu'il a un rapport à livrer, bon ou mauvais. Il peut alors être transféré dans une autre zone. On peut essayer d'accélérer son activité sur place, mais cela augmente fortement les chances qu'il soit capturé, et il n'est pas possible d'en obtenir de nouveaux. Il peut être tentant de jouer longtemps avec cette carte pour découvrir d'une traite le plus de sites secrets, mais attention : si vous avez passé plus d'un an sans quitter Fort Dix, vous serez arrêté pour trahison !

Une fois que vous avez repéré plusieurs zones à visiter, il est temps de se préparer au décollage. Fort Dix a un stock de 160 unités de lunarium, vous pouvez en emporter tant que vous voulez. Au-delà de 80, le décollage est paraît-il plus difficile. Chaque vol d'une zone à une autre consomme une quantité déterminée de lunarium, proportionnelle à la distance entre les deux, il est donc préférable de visiter plusieurs zones proches en un voyage que de faire beaucoup de longues distances. Si, à l'étranger, vous n'avez plus assez de lunarium, ou si vous ne savez plus où aller, vous pourrez envoyer un SOS. Vous serez ramené à Fort Dix, mais vous aurez perdu trois précieux mois. Les quantités exactes de lunarium sont indiquées sur la roue appelée Secret Decoder Wheel et fournie avec le jeu, la quantité entrée indique la destination voulue. Si la quantité ne correspond à aucune zone, votre réacteur cale en plein vol, et la partie est terminée. Mine de rien, avec cette idée, Cinemaware a inventé une des rares protections anti-piratage incrackables. En effet, d'habitude, ce type de protection n'admet qu'une bonne réponse, il n'y a plus qu'à modifier le code pour que les mauvaises réponses aient le même effet. Ici, où que vous soyez, il y a toujours 26 bonnes réponses (les 26 autres zones où vous pouvez vous rendre), et ni le programme, ni le pirate ne peuvent deviner vos intentions avant de saisir cette valeur. En revanche, il est toujours possible de diffuser des photocopies de la Secret Decoder Wheel ou de copier ses valeurs dans un tableau...

Une fois la bonne quantité de lunarium chargée dans le réacteur, si vous êtes à Fort Dix, vous devez apprendre à décoller. Il suffit pour cela d'appuyer sur 'Espace' ou le bouton du joystick chaque fois que votre héros pose un pied au sol. Si vous êtes bien sychronisé, le héros se rapproche du centre de l'écran. Dès qu'un bip continu se fait entendre, le décollage est possible, il faut alors appuyer sur 'haut'. Au bout de trois échecs, le programme, magnanime, vous accorde l'envol, au prix de deux mois de perdus. Cette épreuve, a priori banale, est devenue un cauchemar sur les machines modernes. En effet, sur les vieux ordinateurs, les contrôles, l'affichage et les sons étaient correctement synchronisés. En revanche, sur un émulateur, qui les ré-ajuste en permanence, il semble que le programme ne tolère plus les écarts, aussi minimes soient-ils, entre l'appui d'une touche et l'affichage. Avec DOSBox, il est tout de même possible de s'en sortir : il suffit pour cela de baisser les cycles à environ 400, et d'appuyer sur 'Espace' non pas au moment, mais juste avant que le pied du héros ne touche le sol (ou que le son correspondant ne soit joué). Avec un peu d'entraînement, cette séquence ne devrait devenir qu'une simple formalité.

Maintenant que vous êtes dans l'air, voici les séquences d'action en fonction de votre destination :
- Le zeppelin sur l'Océan Atlantique : c'est le moyen utilisé par les nazis pour envoyer en Allemagne le Dr Barnstoff et sa fille, qu'ils ont enlevés aux USA. Il faut l'approcher en trois temps : la première fois, il suffit simplement d'éviter ses tirs, les deux suivantes il faut détruire son poste de tir sur la nacelle sans toucher le grand réservoir de gaz. Si vous l'interceptez, l'efficacité des nazis baissera de 20%. Hélas, plus tard, le Dr et sa fille seront à nouveau enlevés, et encore une autre fois plus tard ! Cela vaut-il la peine de faire un détour et de perdre du temps pour les aider ? A vous d'en décider.
- Les morceaux de fusée : il y en a cinq, il faut tous les saisir pour fabriquer la fusée qui vous permettra d'aller sur la Lune. Avant cela, il faudra affronter un SS à mains nues, en le frappant et en parant ses coups. Cette séquence rappelle les combats d'«Indiana Jones and the Last Crusade», plus nombreux et difficiles.
- Les usines de lunarium : il y en a deux par partie. C'est le seul moyen de se ravitailler en lunarium, non seulement pour vous mais aussi pour la fusée (il en faut 500 unités pour qu'elle décolle). Essayez d'en localiser une dès que possible et refaites-y un tour fréquemment pour vous recharger attention, elle sera mieux protégée ç chaque nouveau passage. Une des bases est toujours en Afrique, l'autre peut se trouver en Amérique du sud. Dans un cas, il faut détruire un certain nombre de batteries anti-aériennes, en évitant leurs tirs. Dans l'autre, il faut éliminer les sentinelles postées dans un temple en évitant leurs tirs, qui sont toujours orientés de la même façon. Vous pouvez supporter trois impacts.
- Les autres sites nazis : que ce soit un stock d'oeuvres d'arts, une usine d'aéronefs ou un collègue du Dr Barnstoff en détention, l'intervention réussie sur un de ces sites fera baisser le taux d'efficacité des nazis de 5 à 20%. Pour cela, il faut abattre des avions allemands en plein ciel sans les croiser. Un conseil : placez-vous en bas de l'écran, et dès que les avions se déplacent latéralement et passent devant vous, ajuste votre altitude pour que votre tir les atteigne. Cette séquence apparaîtra elle aussi plus tard dans «Indiana Jones and the Last Crusade».
- La Lune : une fois la fusée prête et chargée, vous devrez passer par une séquence de tir similaire à celle du temple, puis vous aurez droit à la surprise finale, dont je ne vous dirai rien.

Maintenant que vous nous avons vu le jeu en détail, passons à la réalisation : que vaut cette version PC ? Soyons honnête, les jeux Cinemaware ont été pensés pour l'Amiga, le PC ne vient qu'après, et en 1988, les PC étaient techniquement en retrait. Seuls les modes graphiques CGA et EGA sont reconnus, on est donc loin de la beauté des graphismes sur Amiga, qui étaient qualifiés de "quasi-photographiques" par certains magazines d'époque. Le travail de conversion vers les 16 couleurs du mode EGA est néanmoins très bon. Autre défaut : cette version a été purgée de plusieurs scènes intermédiaires (et tout particulièrement l'introduction) et des séquences de dialogues avec le Dr Barnstoff ou lors de l'interrogatoire par les nazis. Les cartes-sons n'étaient guère populaires en cette époque, elles sont donc ignorées, et toutes les musiques sont jouées par le haut-parleur interne, ce qui les rend très énervantes. Elles sont heureusement peu nombreuses en cours de partie. On conseillerait donc volontiers de privilégier la version Amiga s'il n'y avait pas ces soucis d'émulation, mais «Rocket Ranger» n'en reste pas moins un grand titre des années 80, difficile et passionnant.


titre Surprises sur code

ergonomy_joe a découvert deux surprises dans le code-source du générique du logiciel.

Tout d'abord, un écran caché après le générique nous apprend que le jeu est dédié à une certaine Debra Linhares. Pour afficher cet écran, il faut au choix :
- lancer le jeu après 1990 (l'écran s'affiche aléatoirement une fois sur quatre)
- lancer le jeu un 25 décembre, un 15 mars ou un 10 juillet
- taper "Deb" (avec une majuscule) pendant le générique

La deuxième, c'est que l'ordre des rôles de Curt Toumanian ("art director") et Peter Oliphant ("programing") était déterminé aléatoirement, sans doute par arrangement entre les deux développeurs, mais à partir de l'année 1989, Peter Oliphant apparaît toujours en premier !


titre Lancement sous DOSBox

Lancez le fichier EGA.EXE pour le mode EGA ou CGA.EXE pour le mode CGA. Réglez le nombre de cycles autour de 600, et 400 pour la séquence de décollage.



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titre Liens divers

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