Superhero League of Hoboken
Année
1994 (Sortie FR)
Systèmes
systeme
Dosbox
Compatible avec la version 0.74
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titre Y a la décharge qui déborde

On l'avait pressenti, on avait tenté d'avertir les autorités, personne n'écoutait, et c'est finalement arrivé : les consoles Nintendo ont mené le monde à leur perte. Leurs emballages en plastique toxique, ont détruit l'environnement et fait des Etats-Unis une gigantesque décharge à ciel ouvert en proie au chaos le plus total (pillages, gangs, avocats). Pour faire régner un semblant d'ordre, il ne reste que les ligues de super-héros réparties sur le territoire. Dans «Superhero League of Hoboken», vous prenez le contrôle de celle d'Hoboken, une commune du New Jersey séparée de New York par l'Hudson River, et berceau du baseball, de Frank Sinatra et Bruce Springsteen. Il peut être intéresser de préciser qu'aux Etats-Unis, le New Jersey a depuis longtemps une réputation d'état-poubelle saturé de déchets toxiques enfouis sauvagement sous terre - une allusion à ce sujet est faite dans l'épisode 8 de Futurama qui parodie "Armageddon". Bref, vous voilà aux commandes d'une troupe dirigée par Crimson Tape, un super-héros charismatique dont le super-pouvoir est la possibilité de créer instantanément des diagrammes, graphiques et camemberts - un pouvoir inoffensif à première vue, mais assistez à une présentation Powerpoint de quatre heures et on en reparlera. A ses côtés, Iron Tummy, un latino à l'estomac surpuissant capable d'ingurgiter les piments les plus puissants en n'importe quelle quantité, Robomop, un aspirateur sur pattes qui peut ranger et nettoyer les pièces le splus désordonnées, Mademoiselle Pepperoni, une héroïne capable de deviner le contenu d'une boîte de pizza sans l'ouvrir, Tropical Oil Man, qui peut augmenter le niveau de cholestérol de ses ennemis, et Captain Excitement, un personnage tellement ennuyeux qu'il peut plonger en léthargie n'importe quel humain ou animal (encore plus efficace qu'une présentation Powerpoint de quatre heures) - autant de pouvoirs complètement grotesques et qui pourant auront leur utilité à un moment ou à un autre. Tout ce petit monde va devoir contrecarrer les plans machiavéliques de Dr Entropy, un clown à ressort qui veut semer le chaos grâce à des plan aussi saugrenus qu'effrayants. L'avenir de l'est des Etats-Unis est entre vos mains !

titre Final Spellcasting ?

Aprés avoir bouclé la trilogie Spellcasting, Steve Meretzky a réalisé avec «Superhero League of Hoboken» une hybridation inédite et totalement réussie entre les jeux d'aventure typiques de Legend Entertainment (sans l'interface textuelle, abandonnée depuis 1993), et le jeu de rôle japonais, alors très peu présent sur micro-ordinateurs occidentaux, le tout avec une très grosse louche d'humour. Attention néanmoins, comme Al Lowe, Meretzky est un adepte de l'humour américain et ne se gêne pas pour piocher dans les gags éculés, le jeu contient donc sa dose de blagues sur les avocats, les télévangélistes, les syndicats et Richard Nixon. Pour la partie aventure, pas de grosse surprise : le jeu est divisé en plusieurs chapitres contenant chacun cinq missions à accomplir. Pour cela, il suffit généralement d'utiliser un à trois objets au bon endroit, encore faut-il réussir à mettre la main dessus et comprendre la logique tordue du jeu ! L'interface est identique à celle de «Companions of Xanth», avec en plus la possibilité de discuter avec les membres de son équipe ou d'utiliser un pouvoir. La partie JDR, elle, sera plus familière aux fans des vieux «Final Fantasy» : une fois votre équipe constituée, vous la déplacez sur une carte divisée en secteurs d'un écran chacun, sur laquelle vous découvrirez petit à petit les lieux importants. La première partie du jeu se déroule à l'ouest de votre base, dans le New Jersey, puis ensuite à l'est, à New York, où vous pourrez visiter des bâtiments authentiques, mais dévastés.

titre Je vais faire les courses, j'en ai pas pour longtemps

Entre deux combats, il est indispensable d'équiper nos héros via la fenêtre "Hero". Chaque personnage peut protéger huit partie de son corps, utiliser une arme au corps-à-corps et une à distance. S'il en a davantage, le programme adopte automatiquement les équipements les plus efficaces (marqués d'un '+'). Pour se les répartir, il suffit de les faire glisser vers un autre personnage. C'est également ici que l'on peut choisir quels seront les héros au premier plan pendant les prochains combats (les plus à gauche sur la barre en bas de l'écran). Armes et équipements n'apparaissent qu'une fois dans le jeu, mais ils sont indestructibles. Vous pourrez revendre ceux qui ne vous servent plus ou les ranger dans le placard de votre base pour les offrir à un futur nouveau héros.

Pour s'offrir tout cela, il faut se rendre dans les différents villages sur la carte qui contiennent plusieurs échoppes. Outre les vendeurs d'armes et d'équipements, vous trouverez chez les prêteurs sur gage des objets indispensables pour la résolution de certaines missions, d'autres qui sont simplement utiles, de la nourriture pour augmenter vos capacités (la viande pour l'efficacité des attaques, le poisson pour l'efficacité des pouvoirs offensifs, les légumes pour l'énergie), et des isotopes pour développer des super-pouvoirs - chers et pas forcément utiles. Il est important de signaler que contrairement à la plupart des jeux japonais équivalents, qui génèrent des ennemis à l'infini et encouragent à accumuler points d'expérience et argent en quantité phénoménale, «Superhero League of Hoboken» plafonne le nombre de combats que l'on peut remporter dans un secteur, après quoi ce dernier devient sans danger. Cela signifie donc que la quantité d'argent que l'on peut espérer gagner est limitée et qu'il faudra faire des choix en fonction de son budget. Autre chose : vous quittez la base avec un nombre limité de rations pour vous reposer et récupérer vos forces (trois en début de partie). Pour vous ravitailler, il suffit de retourner à la base, mais vous pouvez aussi dormir dans un hôtel. Autre personnage bien utile, le shaman peut soigner vos personnages des affections qu'il pourraient avoir contractées : irradiation, hoquet, démangeaisons... Enfin, il y a les maisons closes qui, hum, permettent d'augmenter son, heu, expérience [tousse].

titre Je suis force rouge !

Sur la carte, la barre à gauche de l'écran indique la dangerosité des ennemis qui vadrouillent. La progression de la difficulté est bien étudiée pour que vous n'accédiez aux zones vraiment dangereuses qu'au fur et à mesure, mais si ça chauffe vraiment, ne vous attardez pas, équipez bien vos personnages et allez vous défouler ailleurs. Les ennemis sont aussi absurdes que les équipements et armes à votre disposition, puisque vous devrez affronter des avocats corrompus, des bébés mutants, des armoires hargneuses, des clodos post-nucléaires, des spécialistes en marketing, et j'en passe. En cas de rencontre, on passe à l'écran de combat. Là, une petite explication s'impose pour bien comprendre comment cela va se dérouler. En fonction du terrain, un à trois personnages de chaque camp sont au premier plan (comptez-les sur la fenêtre principale), les autres sont au second. Au premier plan, on peut utiliser les deux types d'armes, ainsi que les pouvoirs; en revanche, au second plan, les armes au corps-à-corps n'ont plus d'effet, donc inutile de se fatiguer sur les ennemis en arrière-plan qui n'ont que cela pour attaquer. Un clic sur le portrait des ennemis dans la barre en haut vous donnent un aperçu de leurs capacités : force ("brawn"), intelligence, et donc efficacité des coups ("brain"), résistance ("tough"), santé, niveau d'avarice qui, s'il est élevé (cf les avocats), signifie qu'on peut se débarasser d'eux contre de l'argent, niveau de pitié, que l'on peut invoquer, et niveau de courage - s'il est faible, l'ennemi déguerpit quand son énergie a trop baissé. De votre côté, outre le choix des coups, vous pouvez passer votre tour et augmenter l'efficacité de votre coup au tour suivant, demander pitié, offrir un bakchich, prendre la poudre d'escampette quitte à perdre un objet ou de l'argent pendant la fuite, et laisser l'ordinateur gérer le prochain coup ou tout le combat. Si tous vos héros mordent la poussière, la partie est terminée. Si vous êtes victorieux, vos héros encore debouts gagnent de l'expérience, et généralement de l'argent ou même un objet. Un gros bonus d'expérience est offert quand vous explorez entièrement un secteur, quand vous le nettoyez de tous ses ennemis, quand vous terminez une mission ou un chapitre entier - et là, vous gagnez en plus une belle récompense, et de nouveaux héros viennent vous proposer leurs services.

titre Réalisation

«Superhero League of Hoboken» n'est pas aussi beau que «Death Gate» ou «Shannara», et comme toujours chez Legend, ses scènes sont totalement statiques, seuls les combats sont un peu animés, mais ce n'est heureusement pas désagréable à regarder. Côté son, c'est plus inégal. On a droit à de nombreux bruitages loufoques, dignes de «Day of the Tentacle». En revanche, les musiques exploitent les sonorités typiques de la SoundBlaster de façon assez convenue, sans génie - pendant l'exploration de la carte, on a l'impression d'entendre des chutes de studio de la BO d'«Indiana Jones and the Fate of Atlantis». Elles ont aussi tendance à s'arrêter brusquement sans raison. Pour le reste, le programme est stable et pas trop difficile à utiliser, même si l'ergonomie aurait pu être meilleure. Bon à savoir : un clic droit sur n'importe quelle partie de l'écran vous décrit son rôle.

titre Il est temps de conclure

Malgré ces menus défaut, «Superhero League of Hoboken» est une réussite dans des créneaux délaissés par les éditeurs, de par sa famille (le jeu de rôle à la japonaise) et son thème (les super-héros). Pourtant, en dehors du club des inconditionnels de Legend, il ne semble pas avoir rencontré un succès significatif, pour des raisons difficiles à cerner. Peut-être à cause de son humour trop américain, de l'absence de traduction hors USA ou d'une mauvaise distribution. Gros handicap aussi, les illustrations des deux versions des boîtes,
aussi laides l'une que l'autre, qui ne donnent pas envie d'y jeter un
oeil. Le thème a peut-être aussi joué : en 1994, tout le monde s'en fichait un peu des super-héros, et les adaptations de comics au cinéma faisaient presque toutes un bide - ce qui n'était pas plus mal. Alors que si aujourd'hui, quelqu'un annonçait un projet de mélange de «Fallout» et de «Final Fantasy» avec des super-héros et de l'humour à tous les étages, il n'aurait guère de difficultés à trouver son public. En améliorant la réalisation et l'ergonomie et en changeant la tonalité de l'humour, il y a matière à écrire un classique. Mais tel quel, «Superhero League of Hoboken» a largement de quoi séduire aussi bien les adeptes de jeux d'aventure que les novices du jeu de rôle. Croyez-moi, il en vaut la peine.

titre Lancement sous DOSBox

Lancez le fichier SLH.EXE. INSTALL.EXE permet de configurer le son.



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