Ishar : Legend of the Fortress
Série
Année
1992 (Sortie FR)
Développement
Edition
Systèmes
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Dosbox
Compatible avec la version 0.70
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Chaude Larme, hardi aventurier ! Bienvenue à mon auberge, la seule de la région, et sans conteste la meilleure ! Que voulez-vous que je vous serve ? Ah du vin !!Du temps du bon roi Jarel, vous auriez eu droit à un délicieux petit vin d'Halindor, mais en ce moment je ne peux guère que vous offrir une piquette à peine digne d'être bue par un ivrogne. Faut dire que depuis que ce Krogh a pris la place de notre souverain, les routes ne sont plus sures : allez chercher du vin avec dix orcs collés à vos basques, vous m'en direz des nouvelles ! Ah, pour sûr, ce serait bien que des gars costauds comme vous puissent lui botter les fesses. Tiens, si je m'écoutais, j'irais moi -même lui régler son compte, moi. Mais bon, j'peux pas tout faire non plus ; j'ai déjà assez de boulot comme ça avec mon auberge à tenir et tout et tout...

S'il est un genre délaissé par les développeurs français, c'est bien le jeu de rôle ! Quelques vétérans évoqueront peut-être «Fer & Flamme» ou «l'Anneau de Zengara»; les petits jeunes parleront sûrement de «Arx Fatalis»; mais pour la plupart, le jeu de rôle "à la française" se résume à un seul nom : «Ishar»...
Lorsque la petite compagnie Silmarils s'apprête à sortir «Ishar» en 1992, elle n'en est pas à son premier essai en la matière. En effet, deux ans auparavant, elle avait déjà publié «Crystals of Arborea», dont la qualité graphique avait fait sensation. «Ishar» reprend la représentation en vue subjective avec déplacement case par case de son aîné, son déroulement en temps réel et son univers médiéval-fantastique très conventionnel.


titre a) Une gestion des personnages originale

Faisant fi des traditions du genre, le jeu ne débute pas par une phase de création du personnage : vous incarnez Aramir, un guerrier humain prêt à libérer l'île de Kendoria, autrefois connue sous le nom d'Arborea, du joug de l'infâme Korgh. Mais bien que votre personnage de départ soit imposé, il n'est en aucun cas nécessaire de le garder en vie durant toute l'aventure, pour peu que vous ayez des remplaçants. Quatre autres personnages peuvent en effet venir le rejoindre.
Toutefois le processus n'est pas automatique ; l'intégration d'un nouveau membre passe par un vote de l'équipe. Comme vous pouvez vous en douter, un nain ne verra pas d'un bon oeil l'arrivée d'un elfe... En plus des antagonismes raciaux, les différences "philosophiques" des personnages sont à prendre en compte. Chacun possède un "alignement" caché, schématisant sa conception du monde. Un voleur fourbe et sournois aura bien du mal à supporter une prêtresse jouant les saintes-nitouches !
Si jamais votre équipe refuse la recrue que vous proposez, tout n'est pas perdu. Il vous suffit de licencier le mauvais esprit qui a eu l'outrecuidance de s'opposer à votre volonté. Petit problème : il faut que les autres soient d'accord... Au cas où votre autorité serait de nouveau bafouée, il vous reste un dernier recours : l'assassinat. Attention cependant :les dégâts collatéraux peuvent être terribles ! Ayez la malheureuse idée de trucider un elfe dans son sommeil et ses collègues se vengeront sur le nain de service, bouc émissaire idéal...
Supposons que vous réussissez, au prix de licenciements abusif et de règlements de comptes sanglants, à incorporer dans vos rangs le personnage de vos rêve ; vous n'êtes pas tiré d'affaire pour autant ! Qui sait, derrière le petit nouveau à la gueule d'ange peut très bien cacher un voleur de bas-étage, qui détalera à la première occasion avec tout votre argent...
Cette gestion des personnages est sans aucun doute l'élément le plus original d'«Ishar». On regrettera néanmoins que vos alter-ego ne manifestent pas leur présence en dehors des circonstances évoquées plus hauts ; ne vous attendez pas à des joutes verbales à la «Baldur's Gate».
Les autres éléments de caractérisation des personnages sont plus classiques et s'inspirent de Donjons et dragons ; classes, niveaux, caractéristiques... Notons que les classes sont très déséquilibrées ; certaines classes de magicien n'ont accès qu'à des sorts de bas niveau alors que d'autres ont droit à des sorts de haut niveau. Le jeu gère aussi quinze compétences notées sur 100, comme l'orientation ou les premiers soins. Elles restent quasiment inchangées durant toute la partie.
Outre les points de vie, vous devrez faire particulièrement attention à deux caractéristiques : l'énergie physique et l'énergie psychique. La première décroît au fur et à mesure des déplacement et surtout lors des combats mais on peut en regagner en mangeant. Si elle tombe à zéro, le personnage ne peut plus se battre ou lancer des sorts et, cerise sur le gâteau, perd des points de vie à vitesse grand V. Quand à la deuxième, elle est utilisée à chaque lancer de sorts. Evidemment, plus le sort est puissant, plus il requiert d'énergie. Pour regagner de l'énergie psychique, il suffit de se payer une nuit de sommeil dans une auberge.


titre b) Un jeu de la vieille école

Les habitués des jeux de rôles modernes au scénario soigneusement balisé seront déroutés par «Ishar», qui n'impose pas un séquençage strict des actions. Ainsi, vous n'êtes pas obligé de trouver tel objet de quête avant tel autre ; certains même sont accessoires. Contrepartie de cette liberté, le jeu vous impose d'explorer méticuleusement chaque recoin de l'île, sous peine de rater un indice important.
En digne représentant de la vieille garde du jeu de rôle, «Ishar» met l'accent sur la gestion de ressources, en particulier de l'argent. Dans ce jeu, tout se paye : nourriture, nuit de sommeil... Même les sauvegardes ! Les afficionados du "quick-save" à outrance en seront pour leurs frais... Et là vient pointer un gros défaut du jeu ; l'argent est une denrée rare, très rare. Vous dénicherez bien quelques bourses égarées dans la nature, ou quelques trésors enfermés dans des "donjons", mais cela ne suffira pas à couvrir toutes les dépenses de vos personnages. Car ils auront besoin de nouvelles armes et armures, d'ingrédients de potion, d'améliorer leurs caractéristiques dans des centres d'entraînement, etc. Et ne croyez pas qu'il vous suffit de vendre vos possessions pour redresser la barre; la chose est impossible ! Vous devrez vous résoudre, lorsque la place manquera, à jeter votre armure à 3700 Po (presque quatre sauvegardes !) à la poubelle.
Votre seule option se résume à chasser du monstre. Mais pas n'importe quel monstre; la plupart vous coûtent plus cher en dépense d'énergie physique ou psychique qu'ils ne vous rapportent en espèces sonnantes et trébuchantes. Comme au supermarché, il faudra trouver le meilleur rapport qualité / prix. Heureusement les monstres se régénèrent, ce qui vous permettra de "nettoyer" une zone ad nauseam.
Toutefois, l'argent durement récolté peut se volatiliser très rapidement dans les centres d'entraînement, dont il existe quatre types différents: stages de force, de sagesse, d'intelligence, et d'agilité. Car l'augmentation des caractéristiques semble très aléatoire, même on améliore plus facilement une caractéristique faible. Parfois, on se retrouve à dépenser près de 20000 Po pour augmenter une caractéristique d'un misérable point !
Mais il n'y a pas que l'argent dans la vie... «Ishar» propose aussi des énigmes pour corser le tout. Pour la plupart, elles reposent sur l'emploi judicieux de potions aux nom évocateurs tel que "Schoumz" ou "Trillix". A vous de savoir à quoi elles servent ! Les autres énigmes reposent sur les éternelles clés à trouver et leviers à actionner dans les deux "donjons" du jeu.
Ceux-ci ne sont pas très intéressants; ils ne comportent que très peu de pièges et leur conception est particulièrement illogique. Le bon côté, c'est qu'ils sont faciles à cartographier... Hé, oui, mon bon monsieur, c'est un jeu à l'ancienne; il faudra que vous mettiez la main à la pâte !
Quant à l'interaction avec les personnages non joueurs, elle est inexistante. Lorsque l'on en rencontre un, on est seulement gratifié d'un petit texte qui fournit une information ou une quête à effectuer. Ces dernières d'ailleurs sont rares et ne sortent pas du schéma "chercher personne ou objet".


titre c) Une réalisation inégale

Les graphismes sont excellents pour l'époque; à la fois fins et très colorés, ils parviennent à créer une ambiance féerique. Les sons sont plus discrets, mais remplissent leur office ; gazouillis d'oiseaux, rugissements féroces... Par contre, vous n'aurez droit à aucune musique.
L'interface, agréable à regarder, est globalement assez pratique : l'écran de formation est facile à utiliser, les différentes actions sont accessibles via un menu dédié... Elle présente hélas quatre grosses lacunes. Premièrement on ne peut pas sélectionner instantanément tout l'argent d'un personnage ou lui remettre l'argent du groupe. Deuxièmement, lorsque l'on mélange les ingrédients d'une potion, le résultat obtenu n'est pas indiqué, même s'il correspond à une potion indiquée dans le manuel. Troisièmement, la maniabilité lors des combats est hasardeuse. En effet, pour qu'un personnage frappe un ennemi, vous devez sélectionner la commande "Attaque" située au dessus de son portrait. Imaginez maintenant que vos guerriers sont votre premier et votre cinquième personnages : vous vous doutez qu'il ne sera pas très pratique d'aller d'un bout à l'autre de l'écran pour marteler frénétiquement la commande ! Les raccourcis claviers compensent un peu ce défaut, mais vous avez quand même intérêt à avoir de bons réflexes. Enfin, le lancer de sorts en combat n'est pas très pratique non plus. S'il est possible de stocker un sort pour pouvoir le lancer rapidement, on est réduit à passer par un menu pour changer de sort. Le temps que vous trouviez le sort désiré, le combat sera déjà fini !
«Ishar» est affligé de pas mal de bugs. Outre les bugs graphiques, un bug assez rageant est à signaler. Petit conseil : si vous allez à la maison interdite, allez-y avec une équipe complète.
Pour finir, il convient de noter que le manuel est très insuffisant : il ne définit pas les caractéristiques ou les compétences et n'explique pas quels sont les particularités des classes de personnages.


titre d) Conclusion

Malgré des défauts de conception qui seraient certainement impardonnables aujourd'hui, «Ishar» sait se rendre attachant, grâce à ses graphismes plaisant et sa gestion des personnages originale. Il est néanmoins très loin des ténors du genre de l'époque, comme un «Ultima VII» ou un «Wizardry VI».


titre Lancement sous DOSBox

Exécutez le fichier START.EXE. Vous aurez la possibilité de changer la configuration avant que le jeu ne commence. 'CTRL'+'X' permet de quitter le jeu, 'ECHAP' le met en pause.



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