SCAR : Squadra Corse Alfa Romeo
Date de sortie
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Age recommandé
Développement
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Distribution en France
Systèmes
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Multijoueurs


titre Introduction

Fondée à Milan en 1910, Alfa Romeo est un constructeur automobile italien notamment connu pour ses voitures à caractère sportif, aux lignes très travaillées. Surnommée la marque au trèfle, la lettre L de Alfa Romeo signifie d’ailleurs ‘’Lombardie’’, la province italienne dans laquelle se trouve Milan, et le logo de la marque figure les armoiries de la ville ainsi que la vouivre biscione dévorant un enfant, symbole de la famille Visconti ayant régné sur cette partie de l’Italie durant la Renaissance. Rachetée par Fiat dans les années 1980, la marque existe encore de nos jours et est toujours synonyme de style et d’élégance à l’italienne pour tous les amoureux d’automobiles.

D’un autre côté, Milestone est un studio de développement de jeux vidéo fondé en 1994, et également originaire de Milan. Connue pour avoir développé les trois premiers Screamer (Screamer, Screamer 2 et Screamer Rally), des jeux de courses arcade très appréciés par la critique à l’époque et encore aujourd’hui, l’entreprise va ensuite opérer un virage vers la simulation en adaptant le championnat moto Superbike en jeu-vidéo. Forts de ces succès, et dans la veine d’autres softs centrés autour d’une marque automobile en particulier, tels que Ford Racing, Need for Speed Porsche 2000 ou World Racing (Mercedes-Benz), les développeurs lombards vont se pencher sur un projet semble-t-il plus personnel, en sortant un titre de courses centré autour d’Alfa Romeo. Nommé Squadra Corse Alfa Romeo (abrévié en SCAR sur la jaquette) en Europe, et Alfa Romeo Racing Italiano dans le reste du monde, le titre paraîtra en 2005 sur PC, Xbox et PS2.

Ainsi, SCAR proposera au joueur de prendre le volant de célèbres automobiles de la firme transalpine, et de courir sur des tracés réels et fictifs situés majoritairement en Italie, une sorte de pèlerinage à toute vitesse à la gloire de la marque au trèfle, sur fond de doux air méditerranéen. Situé à la frontière entre arcade et simulation, le soft introduit pour la première fois dans l’industrie un système de rembobinage de l’action permettant de revenir en arrière après une erreur, et possède également un système de compétences que le joueur pourra configurer afin d’adapter son style de conduite. Que vaut donc ce titre Alfa Romeo? Siègera-t-il au Panthéon des advergames de course avec OutRun et Need for Speed Porsche 2000? Ou sera-t-il un énième jeu médiocre et générique comme le genre a su tant en produire? C’est parti pour le test de Squadra Corse Alfa Romeo, alias SCAR pour les intimes.

titre Toutes les saveurs de l’Italie

Une fois le jeu lancé et le profil du joueur créé, les menus nous proposent de choisir entre lancer une course simple, faire un contre-la-montre, jouer en multijoueur local à deux ou en ligne, ou bien lancer le mode carrière, appelé ici le ‘’mode dynastie’’. Étant donné que presque toutes les voitures et tous les circuits sont initialement verrouillés, il n’y aura pas vraiment d’autre choix que de lancer le mode carrière, afin de débloquer les différents contenus du titre. Ainsi, il sera possible de prendre le volant d’une vingtaine de modèles de la marque au trèfle, allant des dociles voitures de série aux monstres de puissance taillés pour la piste, en passant par quelques modèles historiques, et de courir sur onze tracés différents dans des courses et des défis de difficulté croissante.

- Quatre tracés fictifs sur des routes de campagnes en Italie (Campanie, Sicile, Toscane et Vénétie)
- Deux tracés urbains dans des grandes métropoles italiennes (Milan et Florence).
- Quatre circuits iconiques tirés du monde réel (Laguna Seca, Hockenheim, Valencia et Donington)
- Un circuit fictif prenant place dans un stade.

La plupart de ces tracés existent en deux variantes, la version courte et la version longue, à l’exception de Laguna Seca qui ne possède qu’une seule forme. On pourra d’ailleurs questionner cette sélection, notamment par l’absence de tracé urbain dans Rome ou dans Naples, ou surtout l’absence de grands circuits italiens de Formule 1 (Monza, Imola, Mugello, etc.). Dommage.

Le joueur commencera donc sa carrière avec des petites voitures de route, et devra remporter des épreuves afin de débloquer des montures plus puissantes et des courses plus relevées. Le mode dynastie se divise ainsi en cinq championnats de dix courses chacun, et de cinq groupes de défis, le tout dans une difficulté croissante, avec comme but ultime de triompher de chacune de ces épreuves. Les défis en question consistent notamment à compléter un tour de circuit en atteignant une vitesse cible à des points de passages clés ou sur des tronçons prédéfinis, à remporter une course en ne faisant que des tours propres, ou à rattraper ou fuir un concurrent dans un temps limité.

Dans une course, tous les concurrents possèdent deux jauges, une barre bleue appelée ‘’condition voiture’’ et qui représente l’état de l’auto, et une barre verte appelée ‘’condition pilote’’ et qui simule l’état de concentration du pilote face à la pression qui lui imposent ses adversaires. Avoir des accidents ou sortir de la piste réduira la condition voiture, ce qui aura une incidence sur ses performances, et forcera même à l’abandon si la jauge se vide entièrement. Plus original par contre, le fait de conduire derrière un adversaire permettra de l’intimider, et réduira sa condition pilote. Lorsque la jauge atteint zéro (‘’knock-out’’ ou KO), le pilote ralentit, sa vision se trouble, et la voiture est bien plus difficile à piloter, faisant de grandes embardées sur la piste. Mais attention, cela est également valable pour le joueur, et il faudra se prémunir de ses adversaires afin de ne pas succomber à la pression. Si les dégâts de la voiture sont permanents, il est en revanche possible de restaurer sa condition pilote en s’éloignant des voitures de derrière, ce qui est souvent assez difficile quand les intelligences artificielles sont programmées pour nous suivre au train.

Autre originalité, SCAR propose de pouvoir rembobiner l’action afin d’éviter un accident, phénomène qui est appelé ‘’effet tigre’’ et qui vise à simuler la capacité du pilote à anticiper l’avenir afin de prévenir les erreurs. Si cette fonctionnalité est plutôt courante dans les jeux de courses modernes, c’était au contraire assez novateur à l’époque.

Par ailleurs, en remportant des courses, en réalisant des tours propres, en complétant des tours en tête, en intimidant ses adversaires ou en faisant des dépassements, le joueur va se voir attribuer des points d’expérience qui vont lui permettre de monter de niveau une fois certains paliers dépassés, à la manière d’un jeu de rôle. Pour chaque niveau atteint, ainsi que pour la complétion d’objectifs secondaires durant les courses, le joueur va récupérer des points de compétences, à dépenser dans plusieurs améliorations du pilote ou de la voiture, afin de progresser en conduite, en intimidation, ou en effet tigre. Ainsi, il y aura neuf compétences à débloquer et à augmenter, et le joueur pourra librement configurer ses améliorations en accord avec son style de conduite.

- Cœurs: Allonge la jauge de condition pilote du joueur
- Vue: Allonge la durée de l’effet tigre.
- Intimidation: Permet de diminuer la condition pilote des adversaires plus rapidement.
- Comportement: Améliore l’adhérence et le freinage de la voiture du joueur.
- Accélération: Améliore l’accélération de la voiture du joueur.
- Récupération: Rend la voiture du joueur plus solide et diminue les effets d’un KO subi.
- Concentration: Augmente la résistance à l’intimidation des adversaires.
- Anticipation: Permet de récupérer son effet tigre plus rapidement.
- Endurance: Permet de récupérer sa condition pilote plus rapidement.

De plus, après avoir atteint certains niveaux, remporté certaines épreuves, gagné un nombre prédéfini de courses ou infligé un certain nombre de KO, le joueur débloquera également des pièces de tenues (combinaison, casque, gants, bottes) lui conférant des bonus en fonction de la tenue portée, tels que des points supplémentaires dans les compétences, ou un allongement des conditions voiture et pilote par exemple. Ainsi, via l’arbre de compétences et via la tenue portée, le joueur pourra s’améliorer et affronter des adversaires de plus grands niveaux dans la suite du mode dynastie, pour gagner plus d’expérience et d’équipement, et ainsi de suite jusqu’aux dernières courses et derniers défis qui requièrent des améliorations assez poussées.

Plus qu’un jeu de courses classique et générique nous permettant de piloter des Alfa Romeo en Italie, SCAR se force d’introduire de nouvelles idées, comme l’effet tigre, l’intimidation, l’arbre de compétences ou les tenues, et propose ainsi une expérience légèrement enrichie par rapport à la concurrence, en incitant notamment à conduire de manière agressive pour mettre KO les adversaires, et en introduisant une dose importante de stratégie avant la course avec le paramétrage des compétences. De bonnes idées sur le papier, même si dans l’exécution cela reste un peu brouillon et confus, le joueur pouvant être extrêmement performant avec des compétences adaptées à une certaine course, ou au contraire dans les choux avec un choix de compétences impertinent; sans compter la trop grande difficulté à se défaire de l’intimidation d’un adversaire, le joueur étant totalement impuissant et ne pouvant réellement se défendre si l’adversaire en question est plus rapide.

titre Graphismes et sons

Visuellement, le titre reste dans les standards de son époque, avec des modèles automobiles bien rendus et parfaitement reconnaissables, des textures correctes, et une lumière plutôt agréable, notamment sur le circuit de Florence où les courses se passent au crépuscule. Toutefois, il est dommage de ne pas avoir d’effets de particules lorsque l’on roule dans l’herbe ou dans la terre, et les traces de pneus sur la route sont parfis présentes lors d’un dérapage, mais parfois non. De plus, il est regrettable que toutes les courses se passent de jour et par temps clair, le soft ne comportant aucune course de nuit, ni aucune épreuve par temps de pluie et chaussée glissante. Que ce soit en mode dynastie, en contre-la-montre ou en course libre, il n’est ainsi pas possible de régler la météo ou le moment de la journée, ce qui est fort dommage, étant donné que la concurrence propose souvent ce genre d’options pour les courses, et ce depuis assez longtemps avant la sortie de SCAR.

Auditivement, le titre reste relativement sobre, en ne proposant que peu de bruitages d’ambiance, les deux seuls sons entendus en course restant le vrombissement du moteur et les crissements de pneus sur l’asphalte. Aucun brouhaha venant des tribunes (vides d’ailleurs), aucune mouette dans les courses se déroulant au bord de la mer, aucun avion qui passe dans le ciel, les oreilles du joueur seront en course soumises à la plus grande austérité. Au moins, chaque voiture possède un son de moteur différent, et il est assez aisé à l’oreille de les distinguer entre elles, ou tout du moins de déterminer s’il s’agit d’une voiture de route ou d’une voiture de course.

De même que pour les bruitages d’ambiance, il n’y a absolument aucune musique en course, la bande-son du titre n’étant audible que dans les menus. Si ces morceaux sobres et instrumentaux restent relativement agréables à l’oreille, il est regrettable de ne rien pouvoir écouter en course. Enfin, le fait d’être intimidé par un adversaire fait que l’on entend des battements de cœur et une forte respiration, ce qui permet d’insister sur la pression que nous impose l’autre pilote, mais cela reste tout de même extrêmement désagréable et irritant. Techniquement, SCAR est donc un jeu moyen, qui fait bien certaines choses, mais qui reste tout de même austère et en deçà de la concurrence dans d‘autres domaines. Si le titre n’est pas vilain visuellement et auditivement, il aurait été appréciable d’avoir ces aspects là un peu plus travaillés afin d’améliorer l’expérience de jeu.

titre Gameplay

En main, le titre reste relativement agréable, avec une maniabilité correcte et une conduite située à mi-chemin entre arcade et simulation. Les diverses voitures se manient toutes différemment, ont chacune une accélération et un poids qui varient de l’une à l’autre, et ne réagissent pas pareil aux sollicitations que vont leur imposer le pilote. Les transferts de masse sont assez prépondérants, ce qui nécessite de freiner précautionneusement avant chaque virage, et les voitures à propulsion arrière auront une fâcheuse tendance à vouloir faire un tête-à-queue, tant l’arrière aura envie de dépasser l’avant à chaque accélération.

Cette conduite assez plaisante pourra cependant nous jouer des tours, et il faudra constamment être vigilant pour ne pas perdre le contrôle. D’ailleurs, même les intelligences artificielles pourront se faire piéger, ces dernières faisant parfois des sorties de routes et des têtes-à-queues en voulant aller trop vite. Au passage, les intelligences artificielles du titre restent relativement efficaces sans pour autant être invincibles, mais sont surtout extrêmement agressives par moments, n’hésitant pas à nous tamponner par l’arrière lors d’un freinage, à nous coincer contre la barrière dans un virage, ou à nous faire une queue de poisson dans les lignes droites. Des adversaires combatifs, cela reste une qualité, mais ici on se retrouvera parfois excédé par une intelligence artificielle erratique, faisant trop d’erreurs sur la piste, et qui nous enverra parfois violemment dans le décor, suite à quoi il faudra recommencer la course.

Côté difficulté, SCAR reste plutôt accessible, les différentes courses et défis du mode dynastie étant assez abordables pour quiconque conduisant à peu près prudemment. Cela étant, comme les adversaires semblent mieux gérer certaines voitures que d’autres, on se retrouvera quand même avec des épreuves très faciles suivies par de petits pics de difficulté, et ce tout du long du mode carrière. Pour combler à cet équilibrage très approximatif, on pourra simplement refaire des courses en boucle jusqu’à obtenir suffisamment de points d’expérience pour améliorer sa tenue ou ses compétences, mais cela reste tout de même un processus un peu fastidieux, et qui a tendance à rallonger artificiellement la durée de vie du mode dynastie.

Dernièrement, côté contenu, force est de constater que l’on reste un peu sur notre faim, avec seulement onze circuits et une vingtaine de montures, dont beaucoup sont des versions alternatives les unes des autres, sans compter que ce sont principalement des modèles récents et que le soft ne propose que peu de modèles historiques. Dommage quand l’on considère l’héritage sportif de la marque au trèfle, tant en Formule 1 qu’aux 24h du Mans, et dont les principaux succès s’étendaient des années 1920 aux années 1950. Le mode dynastie tiendra le joueur en haleine pendant une dizaine d’heures avant de remporter toutes les épreuves et de débloquer toutes les tenues, mis à part le temps passé à refaire des courses pour gagner des points d’expérience. Mais une fois cela terminé, le titre n’offre qu’une faible rejouabilité et ne propose pas grand-chose d’autre de particulièrement intéressant.

titre Conclusion

Parti d’un bon concept, le titre de Milestone laisse une impression mitigée, avec de réelles qualités et de bonnes idées, mais une exécution parfois hasardeuse. Squadra Corse Alfa Romeo possède en effet une conduite agréable et légèrement exigeante, des graphismes corrects avec des modèles d’autos très réussis et très fidèles à leurs homologues réels, mais surtout un mode carrière engageant truffé de bonnes idées, comme l’intimidation, le rembobinage de l’action, les statistiques des tenues à porter par le pilote ou encore le système de niveaux et de points de compétences. Autant de bons points qui font de ce SCAR un titre correct et relativement plaisant à jouer et à compléter.

Toutefois, les lacunes et les problèmes se font également un peu sentir, avec un système d’intimidation parfois trop punitif quand un adversaire nous suit au train, des intelligences artificielles erratiques qui causent beaucoup d’accidents, la nécessité de refaire des courses en boucle pour gagner des points d’expérience et remporter des épreuves plus difficiles, l’absence de conditions météos et de moments de la journée, le manque de circuits mythiques de l’Italie, ainsi que de modèles anciens de la vénérable firme milanaise, l’absence de bruitages d’ambiance ou de musique en course; autant de défauts qui préviennent SCAR de faire partie des plus grands. À essayer par tous les curieux et par tous les fans de la marque au trèfle, même si les grands aficionados de la route se tourneront probablement vers d’autres advergames de course de meilleure qualité, et à l’héritage plus noble.

Aujourd’hui, Milestone existe toujours, et a surtout produit des titres de courses à licence basés sur de véritables championnats (Superbike, MotoGP, WRC, MXGP, etc.), ainsi que plus rarement quelques projets un peu différents, tels que Gravel ou Hot Wheels Unleashed. Alfa Romeo quant à eux ne renouvelleront pas l’expérience avec un nouveau jeu, la saga s’arrêtant dès lors après l’unique épisode. Les titres de courses basés sur une seule marque vont par la suite passer de mode, et SCAR restera l’un des rares à avoir tenté l’expérience. À découvrir ou redécouvrir donc, pour celles et ceux qui souhaitent explorer un sous-genre aujourd’hui disparu.

titre Annexe : liste des voitures

Voitures de séries

Alfa Romeo 147 2.0 Twin Spark
Alfa Romeo 147 GTA 3.2 V6
Alfa Romeo 156 2.5 V6
Alfa Romeo 156 GTA 3.2 V6
Alfa Romeo GTV 3.2 V6
Alfa Romeo GT 3.2 V6
Alfa Romeo Nuvola *
Alfa Romeo SZ
Alfa Romeo 8C Competizione *

Modèles de courses

Alfa Romeo 147 GTA Cup
Alfa 156 GTA Super 2000 (03)
Alfa 156 GTA Super 2000 (04)
Alfa Romeo GTV Racing
Alfa Romeo GTV Pro
Alfa Romeo GT Racing
Alfa Romeo GT Pro
Alfa Romeo 155 2.5 V6 Ti (93)
Alfa Romeo 155 2.5 V6 Ti (96)
Alfa Romeo 75 Turbo Evo
Alfa Romeo 8C Pro *

Modèles historiques

Alfa Romeo Alfasud
Alfa Romeo 33/2 Litres Daytona
Alfa Romeo 2000 GT Am
Alfa Romeo Giulia Ti Super
Alfa Romeo Giulia TZ2

* = concept-cars



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