Fiche de la compagnie Personal Software Services (PSS)
NomPersonal Software Services (PSS)
PaysRoyaume-Uni
Création1981
Fin1987
Rôle(s)Edition, Edition (Europe)
En novembre 1981, deux copains de fac, Gary Mays et Richard Cockayne, fondent la société Personal Software Services, à Coventry. Très vite, leur compagnie devient une entreprise incontournable. Voyons comment cette belle histoire a donné ses lettres de noblesse aux wargames de l'ère du Commodore C64 et du ZX Spectrum.

titre Du progiciel au ludiciel

Gary et Richard ne sont ni des informaticiens, ni des habitués des jeux de plateau ou des aficionados de Dungeons & Dragons. Diplômés de l'université de Warwick, section management, ils ont appris à gagner de l'argent et à transformer ce qu'ils touchent en or. En 1981, l'informatique grand public se développe, et Sinclair est le fleuron britannique de cette période pionnière. PSS devient une entreprise informatique qui produit des logiciels pour les entreprises utilisant le C64 ou le ZX Spectrum. C'est ce qui explique le nom de cette entreprise qui contient dans son appellation toute la publicité de son ambition.
Le premier progiciel se vend à plus de 2000 exemplaires : QSave rapporte assez pour rentabiliser les premiers investissements et pour recruter des programmeurs à temps partiel. Entre 1982 et 1984, Personal Software Services continue de vendre des logiciels de traitement de texte ou de comptabilité aux entreprises, mais recrute des pigistes au contrat pour développer des jeux pour ZX 81 ou C64. Ainsi, Merriman (alien, 1982) et Cartwright (Light Cycle, 1983) développent des jeux d'arcade édités par leur employeur d'un contrat : Personal Software Services. Peu à peu, les ludiciels deviennent la raison d'être de l'entreprise de Coventry, et 8 personnes travaillent à plein temps dans la société en 1986.

titre Le wargame à la sauce des Midlands : shocking !

Une des premières recrues à temps plein de PSS a été Alan Steel, un jeune programmeur rompu aux wargames. Celui-ci suggère à ses patrons de lancer un jeu de stratégie qui permettra de concurrencer les compagnies états-uniennes. Alan Steel obtient carte blanche et développe «Battle for Midway» pendant presque six mois, ce qui rend l'investissement lourd. Bonne pioche, le jeu s'écoule à 45000 exemplaires et devient l'un des plus gros hits au Royaume-Uni entre 1984 (C64) et 1985 (ZX, Amstrad CPC, MSX).
Alan Steel récidive avec un autre chef d'oeuvre : «Theatre Europe». Le jeu quitte le décor de la bataille de Midway pour plonger le joueur dans le scénario catastrophe d'une guerre nucléaire en Europe, entre les forces de l'OTAN et celles du Pacte de Varsovie. Le succès éclate en même temps que la polémique : comment imaginer ce type de scénario alors que la guerre froide bat son plein et que le nouvel homme fort du Kremlin n'a pas encore dévoilé sa politique de Perestroika ?
Personal Software Services choque encore avec des titres comme «Falklands 1982», où le conflit entre Britanniques et Argentins pour les Malouines donne la possibilité aux joueurs de mettre les Anglais en déroute et de changer le cours de l'histoire. Idem avec «Tobrouk», où il devient possible de vaincre Montgomery en incarnant le renard du désert Erwin Rommel. Personal Software Services s'attire la réputation de desservir les intérêts de la Mère Patrie, c'est en tout cas ce que suggèrent ses détracteurs.

titre Le berceau de Mike Simpson

Parallèlement au développement des wargames, l'entreprise des Midlands a acquis la licence de D&D, et a embauché un jeune programmeur qui va gravir rapidement les échelons de la société au point d'en devenir le n°3 : Mike Simpson. Celui-ci débute sa brillante carrière avec «Sword and Sorcery», qui confirme qu'il est bien l'expert de la licence de Donjons & Dragons. Pour donner du relief aux 20 personnages jouables de son jeu de rôle, il a créé un moteur de jeu qui peut être considéré comme le début de l'IA des jeux de rôle. Mike sera le véritable survivant de la saga PSS, et deviendra le fondateur de la série Total War dont il assure toujours, en 2018, la direction artistique.

titre Messieurs les Français, tirez les premiers !

Enfin, dernière particularité de cette compagnie, puisque c'est elle qui a décidé d'introduire les premiers jeux de la "French Touch" chez la Perfide Albion. Alors que les éditeurs anglais regardaient plutôt du côté des Etats-Unis pour éditer des jeux originaux, PSS distribue les jeux d'ERE Informatique, et tout particulièrement «Crafton & Xunk», premier gros succès pour un jeu français de ce côté de la Manche.Pour Gary Mays, les Français sont en train d'assister à la fin de l'Oric au profit de l'Amstrad, c'est l'occasion d'importer des jeux développés pour cette plate-forme. «Macadam Bumper» ou «Eden Blues» sont des succès estimables de cette période. Rémi Herbulot, Patrick Dublanchet ou Catherine Vagnon connaissent alors un peu de notoriété.

titre Epilogue

Le succès de l'entreprise ne se dément pas, mais les dépenses s'accumulent. En 1987, la société ne peut honorer ses dettes et son principal rival, Mirrorsoft, rachète ses catalogues, ses bureaux et son personnel. Mais comme la notoriété de l'entreprise a la vie dure, des titres de 1987-1991 continuent de sortir sous le nom de Personal Software Services. Un label d'excellence qui n'empêche pas Mirrorsoft de faire faillite à son tour en 1991. PSS laisse une page dorée dans l'histoire mouvementée et pionnière des jeux vidéo de l'époque 8-16 bit.

La dernière adresse connue de Personal Software Services était :
PSS
452 Stoney Stanton Road
Coventry, England
Tel : Coventry (0203) 66 75 56

Le slogan de l'entreprise était : "The World First Strategy Games".


Médias

Article dans Your Commodore n°1-2 (11/1984) p076
Reportage dans Amstrad Action n°6 (3/1986) p097
Interview dans Amtix ! n°7 (5/1986) p074
Interview dans Amtix ! n°8 (6/1986) p062
Reportage dans Your Computer n°6-6 (6/1986) p084

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