Fiche de la compagnie Blizzard Entertainment
NomBlizzard Entertainment
Autres nomsBlizzard North (Etats-Unis)
PaysEtats-Unis
Création1994
Rôle(s)Développement, Edition
Site officielhttp://www.blizzard.com
Développeur et éditeur américain initialement basé à Costa Mesa puis à Irvine, California (1994).

Fondé par Allen Adham, Michael Morhaime et Frank Pearce, Blizzard Entertainment fait suite à la société américaine Chaos Studios, faisant elle-même suite à Silicon & Synapse. Retour sur l'épisode précédent pour mieux comprendre : Silicon & Synapse, développeur déjà renommé après trois ans d'expérience, est acquis par le géant américain de l'édition de logiciels éducatifs, Davidson & Associates. Ce rachat par Jan et Bob Davidson n'est cependant pas hostile, puisque les fondateurs de Silicon & Synapse, Allen et Michael, obtiennent des garanties d'indépendance de Jan et Bob, et notamment la main sur l'édition de ses titres. Alors que Silicon & Synapse était uniquement développeur, Blizzard Entertainment devient également éditeur.

Les deux premiers titres de Blizzard Entertainment sont des jeux d'action/plateformes qui ne préfigurent pas encore le troisième titre de 1994, qui va pourtant connaître un succès immense. Effectivement, «The Death and Return of Superman» pour Super Nintendo et Sega MegaDrive, et «Blackthorne», aussi bien pour consoles que pour PC sont avant tout orientés action. Changeant radicalement de genre, Blizzard Entertainment propose, avec «Warcraft: Orcs & Human», un jeu de stratégie temps réel qui va remporter tous les suffrages. Pour la première fois de son histoire, Blizzard Entertainment en dirige à la fois le développement ainsi que l'édition US, puisque l'édition européenne sera assurée par Interplay UK.

L'année 1995 voit le déménagement à Irvine, California, dans des locaux plus spacieux, ainsi que la sortie de deux titres, un jeu original et une conversion. Bien que le titre original soit «Warcraft II: Tides of Darkness», excusez du peu, avec 500.000 exemplaires vendus dans le monde en 4 mois, la conversion nous occupera davantage, une fois n'est pas coutume. Effectivement, la conversion pour Super Nintendo concerne le jeu «Justice League Task Force», développé initialement par la société américaine Condor pour SEGA MegaDrive (voir Trivia 1). Cette conversion, sommes toutes anecdotique (c'était le pain quotidien chez Silicon & Synapse) est cependant un (épi)phénomène clé pour l'histoire de la société. Faisons un petit flash-back pour comprendre pourquoi : depuis 1994 et «The Death and Return of Superman», Blizzard Entertainment et SunSoft sont partenaires, SunSoft éditant le jeu pour Super Nintendo. Quand la société Condor signe «Justice League Task Force» avec SunSoft, pour SEGA MegaDrive, c'est tout naturellement vers Blizzard Entertainment que SunSoft se tourne pour effectuer la conversion sur Super Nintendo. Dès lors, grâce à la mise en relation de SunSoft, Allen Adham (cofondateur de Blizzard Entertainment) et David Brevik (fondateur de Condor), travaillent ensemble pour assurer une conversion aussi fidèle que possible de «Justice League Task Force» vers Super Nintendo. De fil en aiguille, les hommes et les équipes apprennent à se connaître et à se respecter. Condor est alors une micro société (trois personnes à mon pointage) qui cherche des partenaires pour se développer, avec le projet d'un jeu PC sous le coude, qui portait déjà le nom de «Diablo». Ce dernier n'est à ce stade qu'une proposition de jeu, que David Brevik et Max Schaefer proposent au CES de Las Vegas, Nevada, à tous les éditeurs présents en 1994. Tout le monde décline la proposition hormis Blizzard Entertainment. Parallèlement, le propriétaire de Blizzard, Davidson & Associates, propose à ce dernier d'étoffer son offre PC. Le rapprochement de Condor et de Blizzard semble dès lors inéluctable, tout ça grâce à «Justice League Task Force», et à SunSoft, sommes toutes. La boucle est bouclée.

Revenons-en à «Diablo». Le projet originel prévoyait un jeu de stratégie au tour par tour, sous DOS, et bénéficiant d'une animation de type pâte à modeler. C'était bien l'idée de départ. L'animation de type pâte à modeler a été abandonnée très rapidement, de même que le développement DOS, au profit de Windows 95. L'idée de développer un titre temps réel plutôt que tour par tour a été par la suite amenée par Blizzard Entertainment, car rappelons-le, «Diablo» est un développement Condor. L'idée déplaît au plus haut point chez Condor et ce n'est qu'après d'âpres tractations que David Brevik accepte de faire un hack temps réel de «Diablo», "juste pour voir". Après trois heures de développement, David Brevik produit ce hack et c'est la révélation immédiate. «Diablo» sera finalement temps réel. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

Une fois ces bases lancées, Condor et Blizzard signent un contrat de développement en février 1995 et le développement de «Diablo» va pouvoir commencer. Avant même que l'année ne soit finie, les tractations débutent afin que Blizzard rachète Condor. Les états d'esprit sont en phase, ainsi que les intérêts des deux sociétés. Seule subsiste une crainte : que ce rachat mette fin à l'autonomie de Condor. Et c'est à ce moment même que l'histoire se répète. Lors du rachat de Blizzard Entertainment par Davidson & Associates, Jan et Bob Davidson avaient dû donner à Allen Adham et Michael Morhaime, co-fondateurs de Blizzard, des garanties d'autonomie. C'était désormais au tour de Allen Adham et Michael Morhaime de donner des garanties d'autonomie à David Brevik, Max et Erich Schaefer. Ainsi en confiance, les tractations de rachat pourront aboutir en février 1996 et Condor sera renommé, depuis cette date, Blizzard North, voir Trivia 2.

Désormais sous la houlette de Blizzard, le développement de «Diablo» est devenu plus serein. L'explication en est simple puisque l'on sort désormais du cadre du développement sous contrat, où le client paie le développement selon les phases d'achèvement du projet. De plus, après avoir apporté au projet «Diablo» le temps réel, Blizzard apporte sa technologie de jeu via l'Internet grâce au site et service Battle.net (voir Trivia 3). Si, effectivement, Blizzard North avait prévu le jeu en réseau via modem et réseau local, c'est bien Blizzard Entertainment qui y a ajouté cette ouverture sur le Net, avec sa simplicité de mise en œuvre. D'un seul clic, on pouvait se trouver confronté à des joueurs du monde entier. Après presque deux années de développement, «Diablo» est fin prêt, selon les sources, le 27 ou le 31 décembre 1996. Même si à quelques jours près, la date importe peu, à ce moment aussi tardif de l'année, on craint néanmoins le pire. Effectivement, la période cruciale pour tous les vendeurs du monde occidental, je parle bien des fêtes de fin d'année, est belle est bien finie. Noël a déjà été fêté depuis quelques jours et les cadeaux depuis belle lurette effectués et ouverts. «Diablo» s'annonce ainsi comme un flop commercial, avec des prévisions de ventes estimées alors à 100.000 exemplaires, au mieux.

«Diablo» va néanmoins rencontrer le succès que l'on sait, malgré tout. Les raisons en sont multiples. Le jeu a non seulement la qualité que l'on connaît tous, mais aussi, ses développeurs ont eu le temps de le fignoler dans les moindres détails. Deuxième facteur, le buzz de la presse spécialisée, qui a maintenu en haleine de nombreux acheteurs potentiels. Chez Blizzard, on avance même un troisième facteur, relatif aux points de vente distributeurs du jeu. Après les achats de Noël, les magasins étaient vides et le seul titre à sortir après Noël était effectivement «Diablo». C'était donc le seul jeu disponible à l'achat pour les dépenses des étrennes. L'explication est fort humble mais pas dénuée d'intérêt. Au final, «Diablo» va se vendre à plus d'1 million d'exemplaires, soit dix fois plus que les estimations initiales.

Après avoir fait la part belle à «Diablo», il ne faudrait pas en oublier «Warcraft II: Tides of Darkness». Effectivement, non content de se vendre à 500.000 exemplaires dans le monde en seulement 4 mois, il obtient plusieurs récompenses de la presse spécialisée : "Game of the Year" et "Multiplayer Game of the Year" par le magazine américain PC Gamer, "Best Online Game" par le site Web C|Net en 1996. Blizzard Entertainment propose un add-on, nommé «Warcraft II: Beyond the Dark Portal» et à la fin de l'année 1996, «Warcraft II» finit en première place des ventes de jeux dans le monde. Phew.

Son adresse postale : P.O. Box 18979, Irvine, CA 92623.


Trivia 1
L'américain Condor Inc. ne saurait être confondu avec le français Condor Software.

Trivia 2
Si Condor est renommé en Blizzard North, c'est par rapport à la localisation géographique de Blizzard Entertainment, basée à Irvine en Californie méridionale, alors que la localisation originelle de Condor est davantage septentrionale (avoir enseigné la géographie, ça vous marque un homme, arf)

Trivia 3
allez, une stat comme ça, en passant : battle.net a réuni 117.000 utilisateurs les trois premières semaines de son lancement.

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Catalogues

Médias

Article dans Computer Gaming World n°134 (9/1995) p020
Reportage dans PC Games n°12/95 (12/1995) p026
Article dans Power Play n°12/95 (12/1995) p028
Reportage dans Joystick n°68 (2/1996) p138
Article dans Strategy Plus / Computer Games n°63 (2/1996) p056
News dans Joystick n°75 (10/1996) p024
Reportage dans Power Play n°11/96 (11/1996) p060
News dans Joystick n°86 (10/1997) p018
Article dans Xtreme PC n°10 (8/1998) p007
Rétrospective dans PC Player n°3/2000 (3/2000) p074
Reportage dans PC Accelerator n°20 (4/2000) p101

Jeux édités








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