Grand Prix Legends
Année
1998 (Sortie FR)
Genre
Développement
Edition
Systèmes
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titre Un jeu taillé pour le rétrogaming

Lorsque le studio Papyrus a développé ce jeu, que Sierra a édité presque simultanément avec «Viper Racing», les jeux de course, de formule 1, de karts, de rallyes de tout poil, pullulaient et embarrassaient les acheteurs, qui devaient débourser 350 francs par jeu (plus de 50 euros, donc). Autrement dit, pour sortir du lot et escompter un retour sur investissement, il fallait verser dans l'originalité, ou dans l'efficacité. Avec «S.C.A.R.S.», Ubi Soft verse dans l'originalité, et avec «Viper Racing», Monster Games crée un jeu nerveux et efficace.
Pour sortir du lot, Papyrus a oeuvré dans la nostalgie, basculant les gamers trente ans en arrière, à l'époque où la publicité ne se lisait que sur le bord des circuits, et que les voitures n'étaient pas maculées de slogans. Il y avait déjà Ferrari et Lotus, mais d'autres constructeurs utilisaient les circuits de Monza ou Monaco comme vitrines technologiques. A la charnière des années 1995/1996, de nombreux titres avaient été orientés vers le wargame et la simulation aérienne. Par exemple, des jeux comme «Red Baron» ou «Flying Corps» proposaient à la fois une simulation aérienne et un univers basé sur la nostalgie des temps jadis. «Grand Prix Legends» apparaît comme un des pionniers de la simulation "rétromobile", ouvrant la voie à des softs comme «Spirit of Speed 1937».
Calibrez vos joysticks et faîtes vrombir vos moteurs, place au test!


titre Simulation ou Jeu de course?

«Grand Prix Legends» est un jeu qui s'accompagne d'un manuel dense et d'un guide de pilotage élaboré sous l'autorité de Steve Smith. Celui-ci a été choisi pour la précision de ses analyses et pour ses connaissances qui en font une mémoire vivante des sports mécaniques.
On connaît la rigueur des jeux du studio Papyrus, avec des titres comme «Indycar Racing II» par exemple. Et à la lecture du guide de pilotage et du manuel qui l'accompagnent, vous avez 150 pages croustillantes mais denses, qui classent ce titre parmi les simulations les plus rigoureuses.
Dès le début du jeu, vous allez choisir votre voiture, déterminer un nom de pilote, et même opter pour la couleur de votre casque, puis calibrer votre joystick. Le conseil que vous donne le manuel est de débuter comme novice, avec une voiture plus lente que celle des pilotes chevronnés. Vous allez commencer par les circuits les plus faciles, comme celui de Monza avec sa "Curva Grande".
La critique la plus vive des testeurs, à la sortie du jeu, fut liée à la difficulté de piloter les monoplaces. Mais pour qui a rêvé de prendre place dans un cockpit de Lotus ou de Mc Laren, vous allez bouffer de l'asphalte et de la poussière, et il vous en faudra, des tours de circuits, pour apprendre les boucles et les virages.
Toutes les écuries, les pilotes (ceux qui ont accepté d'être crédités) et les circuits sont restés fidèles à ceux de l'année 1967. Deux voitures fictives ont été "designées" pour vous permettre d'apprendre les rudiments du pilotage. Mais lorsque vous aurez appris à vous débrouiller, vous ne vous contenterez plus de ces mulets.
Tous les circuits ont été fidèlement reproduits pour les besoins de cette simulation, à une exception: le circuit du Grand Prix de France se situe, ici, à Rouen-les-Essarts. Ce sera d'ailleurs le choix des organisateurs de la course de prendre ce circuit Normand. Mais en réalité, l'année 1967 a vu le Grand Prix de France se dérouler au Mans, au circuit Bugatti.
La légendaire boucle Nord (Nordschleife) du Nürburgring, avec ses 24 km et pas moins de 174 virages, est modélisée entièrement, ce qui est sans doute une première dans une simulation de course.
Avec les effets 3D, les détails apparaissent convaincants, et les bruits de moteurs sont très proches de la réalité. Bien sûr, on pourra reprocher aux spectateurs d'être statiques et à certains décors de manquer de réalisme, mais l'intérêt n'est pas là.
A noter, car c'était encore rare à l'époque, le jeu permettait, dès sa sortie, à une vingtaine de joueurs de se retrouver sur une course sur Internet.
Le jeu a été développé par une équipe d'une trentaine de professionnels aguerris, emmenés par Matt Sentell, le directeur de production pour ce soft, et David Kaemmer, l'un des fondateurs de Papyrus. Dès l'année suivante, le studio remettait ça avec deux nouveaux jeux proches de la perfection, en matière de simulation: «NASCAR Legends» et «NASCAR Racing 3». On ne change pas une équipe qui gagne.


titre 1967, un autre temps, une autre époque

En 1967, Le sport automobile est dominé par l'américain Anthony-Joseph Foyt, qui fait une démonstration éclatante de son talent en remportant les 500 Miles d'Indianapolis, et la prestigieuse course des 24 heures du Mans, le tout avec sa voiture équipée d'un moteur à turbine, et que les journalistes ont baptisée "Silent Sam". L'autre américain challenger se nomme Dan Gurney, et il fera les gros titres des journaux en remportant le grand prix de Belgique.
L'année 1966 s'était soldée par la victoire du pilote australien Jack Brabham, à bord de sa Brabham-Repco.
A l'orée de ce nouveau championnat du monde de Formule 1, onze grands prix allaient accueillir une vingtaine d'écuries dont la moitié était constituée d'équipes anglaises. La France alignait une nouvelle écurie, Matra, localisée à Vélizy-Villacoublay, avec deux jeunes pilotes encore peu expérimentés, Jean-Pierre Beltoise et Johnny Servoz-Gavin. Une écurie inédite attirait l'attention des curieux, celle de Guy Ligier, pilote et constructeur.
Le motoriste anglais Cosworth annonçait la mise au point d'un V8 3 litres qui allait équiper les Lotus pilotées par Jim Clark et Graham Hill. Chez Ferrari, le redoutable Lorenzo Bandini affolait les bookmakers. Qui pouvait donc succéder à Jack Brabham? Lui-même, prophétisaient les journalistes. Et pour évoquer ses challengers, les noms de Clark, Hill, Gurney et Bandini étaient le plus souvent prononcés. Et pourtant, dans le sillage du champion en titre, il se trouvait un pilote élégant et au sourire étincelant: le néo-zélandais Denny Hulme. C'est ce dernier qui devait remporter le Championnat du monde des pilotes, offrant au constructeur Brabham une nouvelle place en or.
L'année 1967 débute avec le Grand Prix de Kyalami, le circuit de Johannesbourg, en Afrique du Sud, inauguré à l'occasion de cette course. Long de 4 km, le circuit est particulièrement rapide, avec des virages bien secs. Pour la petite histoire, c'est le mexicain Pedro Rodriguez qui a gravi le podium, au terme d'une course marquée par les avaries et les abandons. A cette époque, le talent et la chance se combinaient, et les courses se terminaient avec cinq à dix voitures, au lieu des 25 monoplaces de début de course.
Et pour en revenir à ce circuit, il a fini par sortir de l'organisation des Grands Prix, lorsque, en 1986, de nouvelles sanctions internationales ont frappé le pays de l'Apartheid.
Après la fin de la ségrégation, deux autres grands prix ont eu lieu, et l'Histoire retiendra que le dernier pilote à avoir gagné à Kyalami fut Alain Prost en 1993.
Le circuit a ensuite accueilli le Superbike, à la fin des années 1990.
Retour en 1967. Les choses sérieuses ont commencé avec le Grand Prix de Monaco. Les Ferrari ont réussi à se qualifier, et le champion Bandini a juré de briller sous les yeux de sa famille venue l'admirer.
Mais le transalpin rate son départ et Denny Hulme lui ravit la tête de la course au premier coup d'accélérateur. Bandini se lance à la poursuite du néo-zélandais avec la rage de vaincre. Ou plutôt la rage du désespoir. Doubler à Monaco ne peut se faire qu'avant l'entrée du tunnel, ou alors il faut être audacieux et habile dans les lacets qui surplombent la corniche. Lorenzo Bandini perd ses nerfs et attaque à tout-va, au risque de heurter les chicanes.
Au 82 ème tour, la Ferrari sort de la route et percute les bottes de paille qui prolongent les chicanes. Et s'embrase. Le pilote est transformé en torche humaine. Il succombera à ses blessures, trois jours plus tard. La course n'a même pas été interrompue. Il faut dire que ce type de tragédie était plutôt frèquent à cette époque. (Le screenshot n°17 vous permet de voir le pilote italien en médaillon).
Ce sera un pilote prometteur, Jacky Ickx, champion de Formule 2, qui entre à la Scuderia pour terminer la saison. Le futur champion (9 victoires aux 24 heures du mans) a inauguré sa carrière en F1 par des essais qui ont scotché tous les pilotes. Première participation, première pôle position pour le Belge. Mais la victoire lui échappera à la suite d'une panne qui le contraint à l'abandon.
Enfin, l'entrée en lice des Lotus V8 3 litres n'a pas éclipsé la primauté des deux Brabham Repco des pilotes océaniens. Hulme devait terminer premier juste devant son coéquipier Brabham. Et le constructeur Brabham, logiquement, devait remporter le championnat côté constructeurs. 1967, c'est l'année Brabham!


titre Conclusion

Avec Papyrus aux commandes, et avec une équipe de graphistes et de programmeurs aguerris, le studio a produit une simulation ultra-réaliste mais aussi ultra difficile: vous prenez place à bord de monoplaces de 400 chevaux et 550 kilos. Sans ailerons, vous ne pourrez plaquer les effets de la vitesse vers le sol. Et sans gadgets aérodynamiques, votre bolide fonce, rendant le freinage aléatoire et dangereux. «Grand Prix Legends» est un soft pour pilotes chevronnés, ou pour joueurs désireux de progresser en dévorant le guide, et en tournant sur des circuits pour apprendre les bases exigeantes du pilotage. Mais pour ceux qui souhaiteraient jouer à manier une Formule 1, le jeu risque d'user votre patience et de vous décevoir. Amis de la simulation, ce soft vous tend les bras. Pour les autres, rabattez-vous vers des jeux plus fun, «Grand Prix 2» semble, par exemple, un cran au-dessus de ce soft. Essayez-les et comparez...


titre Lancement

«Grand Prix Legends» fonctionne avec Win 98 dans Virtual PC. Vous pouvez aussi le lancer avec XP. Joystick ou couple volant/pédales obligatoires. Carte compatible 3Dfx préférable.


titre Conseils de pilotage


La lecture du manuel de GPL, section "Race driving 101", est indispensable pour tirer profit de la simulation.
Il faut également connaître quelques petites astuces concernant le réglage des bolides, qui ont été publié après la sortie du jeu. Les réglages proposés par défaut rendent la voiture à la fois frustrante à piloter et peu représentative du comportement d'une véritable monoplace de l'époque. En fait, il a fallu que les développeurs et les joueurs redécouvrent la philosophie de réglage d'une monoplaces sans aérodynamique pour tirer pleinement parti du moteur physique !! Deux bonnes références sur le sujet, qui datent d'ailleurs de l'époque de la sortie de GPL, sont les sites suivants:

-1) Le site d'Allison Hine, une des béta-testeuse du jeu (en anglais): http://alison.hine.net/gpl/. L'aide de son programme "GPL race engineer" est une mine d'informations sur Grand Prix Legends et les réglages !

-2) GPL foolishness (en anglais):http://web.archive.org/web/20050212092947/website.lineone.net/~richardn/, un autre site proposant des réglages intéressants, et le raisonnement permettant de produire les siens.

Si vous êtes non anglophone, pas de problème, un bon nombre d'informations se trouvent aussi sur le site de planète GPL:

-3) Partie consacré aux setups sur le blog de planète GPL (en français):http://www.grandprixlegends.fr/articles/15-dans-le-cambouis. Ce blog est une mine d'informations en français sur GPL, et aborde tous les aspects du jeu


titre Patches


Malgré son grand age, en 2015, il existe encore une communauté faisant évoluer GPL. Le jeu dispose d'un grand nombre de patches permettant de l'adapter aux PC actuels, de très nombreux circuits ont été créés, et des mods permettent de simuler d'autres saisons de F1 (notamment les saisons 1965, 1966 et 1969).

Quelques bonnes adresses pour débuter sous GPL et l'adapter à nos PC modernes sont:
-1) Installateur automatique pour Windows de la GPL preservation society (en anglais, mais il s'agit simplement de quelques liens): https://gplps.wordpress.com/gplps-gpl-installer/

-2) GPL links, site annuaire regroupant un ensemble de liens concernant GPL (en anglais). Voir notamment la section "To Do if you are new to GPL": http://www.gpllinks.org/




titre Trivia


Denny Hulme a quitté l'écurie Brabham pour rejoindre celle de son poteau Bruce Mc Laren, dès l'année 1968. Il ne sera plus jamais champion du monde, mais restera fidèle à l'amitié pour Bruce. Il quitte la F1 en 1974, mais reste accroché au monde de la course automobile.
En 1992, il participe à une course pour son plaisir, à Bathurst, en Australie. Sa voiture ralentit et sort doucement de la piste. A son bord, Denny dort pour l'éternité, après avoir succombé à une crise cardiaque. Le champion a rejoint les étoiles.



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