Spaceship Warlock
Année
1994 (Sortie FR)
Développement
Edition
Systèmes
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titre Un jeu dont vous êtes le héros

Dans ce jeu à la première personne, le héros c'est vous. Entendons-nous bien: ce n'est pas vous qui campez un héros, ce n'est pas vous qui prenez les traits d'un personnage, c'est vous qui devenez le héros de l'histoire. Il n'y a pas de nom pour vous, votre nom n'est pas personne mais vous ne vous appelez pas non plus comme quelqu'un...
L'histoire est un peu nébuleuse: une guerre intergalactique a eu lieu pendant près de mille ans, et a abouti à la défaite de la superpuissance terrienne. Son adversaire, l'Empire Kroll, a détruit la suprématie de la planète bleue en la désaxant de son orbite. Cette répression brutale s'est accompagnée de l'extinction de soleils dans les galaxies asservies par Kroll.
Du coup, l'espace est devenu un lieu mal famé, avec des pirates qui cherchent à faire main basse sur des butins qui reposent dans des cales de vaisseaux spatiaux.
Votre aventure débute sur une planète de desperados, Stamboul. Vous cherchez un moyen de vous rendre sur Kroll pour redonner la dignité aux mondes conquis par les habitants de Kroll. Pour cela, il va falloir retrouver un dangereux individu dont la capture est mise à prix à 10 000 crédits. Pour acheter un billet afin de prendre place à bord d'un vaisseau spatial, capable de vous amener sur Kroll, il va falloir commencer par vous procurer cet argent. Et chercher à rallier le pirate le plus téméraire, celui qui a juré la perte de l'Empire Kroll: Hammer.
L'aventure peut commencer, elle n'attendait que Vous!

titre Les pionniers du CD-ROM

Lorsque «Spaceship Warlock» est sorti, en 1991 sur Macintosh, le jeu a attiré des commentaires dithyrambiques. Que ce soit les graphismes, la musique qui donne le ton dès le générique ou l'ambiance qui émane de cette histoire loufoque, les deux développeurs de Reactor ont reçu un accueil des plus chaleureux. Et pourtant, il fallait débourser 95 dollars pour se procurer le jeu, et pour beaucoup d'utlisateurs, il fallait également acheter un lecteur de CD-ROM à près de 400 dollars. Cela n'a pas empêché le jeu de connaître un succès encourageant, pour ce titre qui annonce le jeu d'aventure des années 90.
Bien sûr, les jeux LucasArts comme «The Secret of Monkey Island» ne souffrent d'aucune concurrence au niveau du scénario. Mais «Spaceship Warlock» a su séduire un large public par sa facilité de prise en main. Tout se joue à la souris. Un clic sur l'objet, et celui-ci entre dans l'inventaire, en bas de l'écran. Un clic sur le personnage et une boîte de dialogue s'ouvre: reste à taper (en anglais) le mot clé pour dénouer une situation. On inaugure le jeu tel qu'il sera au cours de la décennie suivante. Les labyrinthes ressemblent à «Dungeon Master», les animations 3D, rares mais efficaces, apportent une bouffée de fraîcheur au jeu, et l'humour, ironique souvent, caustique parfois, vient rappeler que chez Reactor, on ne se prend pas au sérieux. Quelques phases d'action viennent ponctuer le jeu, linéaire à souhait, mais rien d'insurmontable.
Les décors et les ambiances semblent avoir emprunté leur inspiration à Chesley Bonestell, l'un des graphistes de science fiction les plus célèbres du Hollywood des années 1950, avec des décors reconnaissables entre tous à l'occasion du film La Guerre des Mondes.
Quant aux personnages, ils empruntent leur physionomie à des héros de comics plus ou moins déjantés. Certains ont cru voir dans le personnage torturé du pirate Hammer un croisement entre Nick Fury et Albator. Le Belshazzar nous renvoie à une atmosphère des comics des années 50. Un titre plein de fantaisie avec une atmosphère qui rappelle «Wing Commander 2» et «The Journeyman Project».
En 1994, Le jeu est ressorti sur PC, avec des modifications minimes, mais le jeu avait vieilli, d'autant que le jeu d'aventure connaissait un âge d'or que «Myst» venait de renouveler à sa façon. Cela n'a pas empêché le soft de bien se vendre, mais à un rythme bien moindre.


titre Sparks et Saenz, deux artistes cyber et punks

Joe Sparks a une trajectoire très singulière: doué pour l'informatique et passionné de Deathrock, il a concilié ses deux centres d'intérêt en travaillant pour la NASA tout en tapant à la porte du groupe Burning Image, qui continue de tourner sur la scène gothique des Etats-Unis en ces années 2010, sans Sparks, mais avec Jelo Biafra, l'ex chanteur des Dead Kennedy's. A la fin des années 80, Joe quitte l'univers guindé de l'Aérospatiale pour le monde vidéoludique que Macromédia cherche à développer.
Mike Saenz est un dessinateur de comics Marvel, passionné d'informatique et de musique post-punk. Il dessine la pochette du premier album du groupe Naked Raygun en 1985, dévoilant une atmosphère à la croisée des personnages de comics et de l'univers déjanté post-punk, que l'on retrouvera dans les lignes des personnages de «Spaceship Warlock» et dans les décors désenchantés de son space opera.
Les deux artistes étaient faits pour se rencontrer et pour faire des étincelles ensemble. A eux deux, programmation, graphismes, scenario, musique, sons, tout a été fait à raison de neuf mois de travail acharné. Pour un résultat salué par la critique internationale, en 1991: le jeu a été récompensé comme jeu CD-ROM Macintosh de l'année 1991. Et malgré un prix excessif de 95 $, le jeu s'est vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires. Le générique d'introduction, avec ce rythme martial et ce chant kitschou fait partie des classiques incontournables de l'histoire du jeu vidéo.
Trois ans plus tard, le duo avait multiplié les projets (la fiche de Reactor vaut le détour!) et le jeu bénéficiait d'une adaptation pour Windows.
Mais le jeu était devenu techniquement dépassé, notamment avec l'explosion des jeux LucasArts et la révolution «Myst».
Au tournant de l'année 1995, Joe Sparks cherche à se placer sur un pied d'égalité avec son associé Mike Saenz qui est aussi et surtout son patron. Un procès provoque l'éclatement d'une collaboration placée sur l'innovation et le goût pour la provocation.
Aujourd'hui, chacun travaille en relation avec l'informatique et les comics. Saenz a créé le premier logiciel de BD digitale (se reporter à la fiche Compagnie de Reactor), et Sparks travaille pour Google, tout en étant devenu le premier fan de son ancien groupe, Burning Image, qui a déjà enregistré trois albums studio. Quant à «Spaceship Warlock», c'est un titre qui draîne toujours beaucoup de kitsch-nostalgie. Reactor's not Dead!


titre Trivia

Dès 1992, les magazines relaient une information insistante en provenance du studio Reactor lui même: «Spaceship Warlock» aura bien une suite, orientée arcade/shoot. Le nom est même annoncé: Screaming Metal. Il était envisagé d'en faire le "plus beau jeu de l'histoire du micro", avec un opus qui devait dépasser 600 mo, soit plus qu'un CD-ROM.
Mais ce métal hurlant ne verra pas le jour, du fait de la rupture brutale entre les deux personnalités bouillonnantes qui animent le studio: Saenz et Sparks.



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