War Front : Turning Point
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titre Introduction

Est-ce que vous aimez l’histoire alternative ? Les uchronies ? Les “Et si…” ? Avec le sujet de la fiche d’aujourd’hui, vous allez être servis. War Front : Turning Point est un jeu de stratégie en temps réel (ou STR) sorti en France en 2007. Le jeu est développé par le studio hongrois Digital Reality, un studio spécialisé dans les jeux de stratégie à qui on doit notamment les séries Haegemonia et Imperium Galactica, ou encore le jeu de tactique en temps réel War on Terror, mais aussi très connu des amateurs de bizarreries japonaises pour avoir collaboré avec le studio Grasshopper Manufacture, studio japonais connu pour des jeux très excentriques comme Killer 7 ou la série No More Heroes . Côté édition, le jeu semble être édité chez nous par 10tacle Studios, une société allemande, mais la page Wikipédia anglaise mentionne également Atari ou encore l’éditeur allemand CDV Software.

Le jeu nous place dans une Seconde Guerre Mondiale uchronique : le dirigeant allemand Adolf Hitler a été assassiné lors des premiers jours du conflit, et son successeur, fort de grands développements technologiques dans le domaine militaire, a su mettre à genoux la Grande-Bretagne. Mais au sein même de l’Allemagne Nazie, une résistance se met en place, alors que l’immense armée de l’Union Soviétique commence à bouger dans l’Est de l’Europe. Cette situation provoque une sorte de guerre froide entre les trois factions, qui commencent chacune de leur côté à développer tout un tas de technologies militaires plus ou moins destructrices mais qui font définitivement basculer l’univers de War Front dans de la science-fiction.

titre Company of Red Alert

War Front : Turning Point est un STR dans la plus pure tradition des cadors du genre, avec un aspect construction de base et gestion de l’économie qui n’avait que peu été exploité par d’autres jeux dans ce contexte semi-historique : en effet, des jeux comme Company of Heroes ou encore World in Conflict penchaient plutôt du côté de la Tactique en Temps Réel, avec un accent mis sur la micro-gestion et l’utilisation des escouades à bon escient. Empires : l’Aube d’un Monde Nouveau possédait une période Seconde Guerre Mondiale dans les périodes historiques jouables mais ne se focalisait pas dessus. Reste War Times : European Frontlines, un STR classico-classique sorti en 2004 mais qui mériterait d’être effacé de la mémoire collective tant sa qualité était… déplorable. De ce fait, War Front : Turning Point se rapproche davantage en terme de Gameplay d’un Command & Conquer, en particulier de la série parallèle Alerte Rouge : On a des unités pour construire des bâtiments, une ressource à récolter via des mines ou des dépôt de ferraille, et de l’énergie à gérer en construisant des générateurs pour que les bâtiments puissent tourner à plein régime. Si vous avez déjà touché à un STR dans votre vie, vous serez définitivement en terrain connu.

Mais du coup, qu’est-ce que le jeu de Digital Reality peut offrir au joueur avide de nouveauté, compte tenu de sa base de gameplay similaire à celle de tous les autres STR sortis depuis des dizaines d’années ? Et bien, assurément son contexte historique, avec en particulier ses deux campagnes solo : Une pour les Alliés, et une pour l’Allemagne. On pourrait se dire que le jeu est assez culotté de nous proposer une campagne solo où on joue les méchants de l’histoire, mais que nenni : les protagonistes de la campagne allemande font partie d’un mouvement de résistance de la Wehrmacht dont le but est de renverser le régime Nazi et de se tourner vers le véritable ennemi, à savoir l’Union Soviétique, en s’alliant avec les Alliés par la même occasion. Si un tel tournant scénaristique peut nous surprendre, il n’est pas si étonnant que ça compte tenu de la nationalité des développeurs. Après tout, la Hongrie, ancienne république soviétique, garde un mauvais souvenir du joug de l’URSS, et la population hongroise est notoirement hostile aux symboles de l’Union Soviétique (et par extension du communisme).

Considérations politiques mises à part, les deux campagnes proposent un bon nombre de missions, sont intégralement doublées en français et sont plutôt bien écrites, ce qui offre à War Front un mode solo plutôt conséquent et très intéressant à parcourir. Mais le mode Escarmouche et par extension le mode en ligne ne sont pas en reste, et le jeu de Digital Reality offre trois factions jouables radicalement différentes, avec chacune ses excentricités technologiques pas si fantaisistes que ça d’un point de vue historique, ce qui fera plaisir aux amoureux d’histoire militaire. Les Alliés, par exemple, possèdent la meilleure aviation du jeu, une sorte de tradition dans les STR militaires puisque c’est également un aspect que l’on retrouvait dans Command & Conquer : Generals, et utilisent des chars anglais et américains comme le M26 Pershing ou le char d’infanterie Mark II, aussi appelé le Matilda. Chaque faction disposant de ses propres technologies expérimentales, les Alliés n’échappent pas à la règle, avec la “Earthquake Bomb” (qui est un vrai concept imaginé par des ingénieurs anglais lors de la Seconde Guerre Mondiale) mais aussi la fameuse bombe atomique larguée cette fois-ci par un Northrop XB-35, un bombardier qui n’était qu’un prototype lors de la fin du conflit. Enfin, pour protéger les troupes au sol, les alliés peuvent déployer l’O.R.B (ou Générateur de Protection des Forces) qui est un véhicule de transport de troupes avec champ de force inclus, qui offre un bouclier non négligeable à l’infanterie lors des assauts.

Les Allemands quant à eux s’appuient sur des batteries de chars lourds particulièrement résistants et puissants, à l’image du célèbre char tigre, mais aussi d’armes lance-flammes, qu’elles soient placées dans des bunkers pour la défense ou directement sur les transports blindés de troupes. Mais les forces allemandes disposent aussi de leur propre batterie d’unités expérimentales, à l’image du très puissant exosquelette de combat (dont les développeurs semblent particulièrement fiers compte tenu de son omniprésence dans le matériel promotionnel du jeu), mais aussi d’un char équipé d’un canon à son, ou encore d’unités d’infanteries montées sur Jetpack. On se croirait presque dans Wolfenstein… Et pour finir, nous avons l’Union Soviétique, dont la stratégie consiste à… jouer au rouleau compresseur. Sur ce point-là, la fidélité historique est de mise, avec des troupes peu chères mais nombreuses destinées à noyer l’ennemi et à le déborder. Oubliez la subtilité, ici on parle de soldats armés de cocktails molotov, de véhicules de transport capable de creuser dans le sol et de se déplacer sous terre, et de… fournisseurs de vodka qui rendent l’infanterie immortelle tant qu’ils sont en vie ?! Bon, bah j’imagine que dans le monde de War Front, l’alcool a des propriétés incroyables… Ah, et, Russie oblige, leur technologie expérimentale est basée sur la cryogénisation, après tout si le Général Hiver a donné un coup de main contre Napoléon à l’époque, ce serait dommage de s'en priver de nouveau.

C’est presque étrange de voir des unités soviétiques presque comiques se confronter aux troupes alliées et allemandes qui sont souvent basées sur des technologies certes encore à l’état de prototype ou de simples concepts dans le monde réel mais qui gardent tout de même un fond de véracité, et on ne peut que saluer le travail de recherche des développeurs pour proposer un univers bien à eux et qui fait preuve d’un certain sérieux. Le tout est servi par des graphismes vraiment pas vilains pour l’époque, et des doublages français certes parfois à côté de la plaque mais qui se montrent tout de même convaincants (mention spéciale à un des trois héros des alliés qui est… français, ce qui fait plaisir tant les jeux basés sur la Seconde Guerre Mondiale ont tendance à résumer les Alliés aux Anglais et aux Etats-Unis). Le seul bémol que je peux trouver au jeu à titre personnel est sa vision très extrême du concept de Pierre-Feuille-Ciseau cher aux jeux de stratégie : Ici, c’est tellement poussé que la moindre unités fortes face à un autre type va littéralement exploser toutes les unités de ce type en quelques secondes, et le moindre moment d’inattention peut coûter au joueur un peu perdu une quantité phénoménale de troupes.

titre Conclusion

Noté 14/20 sur JeuxVideo.com, War Front Turning Point sera plutôt bien accueilli par la critique spécialisée, la note du site français faisant partie des plus basses que j’ai pu recenser. Côté international, le jeu est sur une moyenne de 7-8/10, et un joli 73/100 de la part de Metacritic. Le jeu a bénéficié d’un regain d’intérêt de la part de quelques vidéastes spécialisés en jeux de stratégie comme l’anglophone Mandalore Gaming, dont la critique du jeu dépasse le million de vues. Une communauté est encore active autour du titre, avec un wiki très complet, malheureusement uniquement en Anglais. Après la fermeture de Digital Reality en 2013, les droits de plusieurs licences créées par le studio furent rachetés en 2016 par Nordic Games (devenu entre temps THQ Nordic), mais il m’a été impossible de vérifier si War Front : Turning Point était inclus dans ces licences récupérées. Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, le titre de Digital Reality est en Abandonware, et je lui décerne d’ailleurs volontiers un Abandonware d’Or pour sa campagne solo de qualité et son contexte travaillé et original !



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