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Introduction
En préambule de cette fiche consacrée à Mayday : Conflict Earth, je me dois de présenter des excuses à de nombreux jeux auxquels j’ai au préalable consacré une petite chronique. Donc voilà, Primitive Wars, Outlive : Robotics vs Genetics, Thandor : l’invasion, Dark Planet : Battle for Natrolis, Atrox, pardonnez moi de vous avoir traité de clones et de vous avoir, dans le cas de certains d’entre vous, dézingué dans la fiche qui vous est consacrée. Parce que franchement, rien ne me préparait à l’expérience cataclysmique que j’allais vivre une fois Mayday : Conflict Earth lancé.
En même temps, à quoi est-ce que je m’attendais ? Une fois la boîte arrivée du Portugal (parce que oui, le jeu n’est jamais sorti officiellement en France, quelque part on peut dire que les éditeurs ont eu du nez de nous épargner ce jeu), je l’ai vu. LE logo maudit. Celui qui annonce que tu vas forcément passer un moment pas ouf, avec sa vague et son soleil en blanc sur fond bleu… Parce que oui, Mayday : Conflict Earth est édité par Jowood Entertainment, que j’annonce officiellement être ma némésis tant l’éditeur autrichien semble s’être donné pour mission d’aspirer l’intégralité de ma joie de vivre avec leurs jeux. Au développement de Mayday : Conflict Earth, on retrouve le studio Boris Games, un studio basé à Stuttgart en Allemagne qui n’a à son actif qu’un seul jeu, notre fameux Mayday : Conflict Earth, sorti chez nous en 1998 et aux Etats-Unis en… 2001 ? Pardon ? Ils ont sorti ce jeu la même année que Empire Earth ou Battle Realms Outre-Atlantique ? A quoi vous pensiez, Jowood ?! Déjà qu’en 1998 le jeu était daté et pas très intéressant, là je comprends mieux pourquoi la presse spécialisée américaine s’en est donné à coeur joie pour dégommer le titre…
Mayday, Mayday, le fun s’est écrasé !
Comme vous l’aurez compris, Mayday : Conflict Earth est un jeu de stratégie en temps réel extrêmement “inspiré” de la série Command & Conquer. Pourquoi est-ce que je mets inspiré entre guillemets ? Parce que le jeu est une copie conforme de la série de Westwood, mais en pire !! Enfin, calmons nous et voyons voir ce que donne le scénario : Nous sommes en 2051, c’est le bordel sur Terre et trois blocs se font la guerre : le United Continent of America qui représente l’Amérique du Sud et du Nord, l’Asian Federation qui représente la Chine, l’Asie du Sud-Est et la Russie, et enfin le Southern Block, faction fanatique religieuse dirigée par un Ayatollah et qui regroupe les pays de Moyen-Orient et du Maghreb. Hein, quoi ? L’Europe, dans tout ça ? Euh… Question suivante s’il vous plaît ! Plus sérieusement, je trouve ça incroyable qu’ils aient réussi à reprendre trois factions similaires à celles de Command & Conquer Generals des années avant la sortie du jeu, mais en rendant le tout infiniment moins intéressant. Vous vous doutez bien, tout ce beau monde va se mettre joyeusement sur la face au travers de missions toutes plus inintéressantes les unes que les autres, pendant que nous, joueurs, allons questionner nos choix de vie nous ayant poussé à lancer ce jeu.
Honnêtement, je ne sais pas trop quoi rajouter d’autres, puisque si vous avez joué à Command & Conquer ou même à n’importe quel autre STR de la fin des années 90, vous savez jouer à Mayday. Mais là où d’autres titres savaient sortir leur épingle du jeu avec leur direction artistique, Mayday nous offre… des jouets. Je suis sérieux, les unités dans ce jeu font tellement plastiques et simplistes qu’on dirait des jouets pour enfants qui ont été modélisés à l’écran, que ce soit les unités d’infanterie, les unités aériennes ou plus particulièrement les véhicules. Et vous entendez ce silence, ou parfois ce petit bruit de fond ? Oui, c’est la musique du jeu, qui tient davantage du chat posé sur une boîte à rythme qu’à de la véritable composition. Tout est visuellement générique au possible dans Mayday, et les unités des différentes factions sont légèrement différentes en termes d’apparence mais en termes de gameplay sont toutes similaires. La cerise sur le gâteau de la fainéantise absolue étant que le Southern bloc, la troisième faction, ne possède même pas ses propres unités, son arsenal étant un patchwork d’unités des autres nations sans réelle cohérence. Oh, et qui dit clone de Command & Conquer dit évidemment cinématiques en prises de vue réelles… Et ohlala, ces cinématiques. Du grand cinéma, les amis, ça je vous le dis ! Entre les dialogues insipides, les acteurs se tenant droit comme des poteaux sans bouger et l’absence totale de mouvements de caméras, j’imagine que le budget devait être très très très serré…
Bon, après tout ça, est-ce que ça vaut le coup de parler du gameplay ? Oui, parce que là aussi, Jowood et Boris Games réussissent l’exploit d’insulter leur principale source d’inspiration en proposant une des IA les plus dégueulasses que j’ai eu le déplaisir de voir dans un STR. Il est impossible de contrôler correctement des groupes d’unités sans qu’elles se bloquent mutuellement le chemin, en faisant des cibles faciles pour les troupes ennemies. Une des originalités de Mayday est qu’il n’y a pas de ressources à gérer ou de bâtiments à construire : vous démarrez avec une base préconstruite, et toutes vos unités d’infanterie peuvent capturer les bâtiments adverses. Laissez-moi vous dire que dans l’état, c’est une idée catastrophique qui sur le terrain se finit souvent très mal, soit parce que vous vous faîtes tuer votre infanterie trop vite, soit parce que vous vous faîtes piquer l’intégralité de votre base par une escouade ennemie. Chaque capture de bâtiment vous donne accès à des crédits supplémentaires, c’est donc un des seuls moyens (avec le recyclage des carcasses de véhicules) de récupérer de l’argent. Il en résulte une économie extrêmement lente et frustrante à faire progresser, et les parties en sont par conséquent longues. Très très longues. Beaucoup trop longues.
Conclusion
Si Mayday : Conflict Earth n’est pas le plus mauvais titre auquel j’ai pu m’atteler durant ma vie de joueur, il représente le pire de ce qui a pu se faire en matière de STR à la fin des années 90 : un jeu daté techniquement, sans aucune originalité, et qui parvient en plus à rater les éléments qu’il tente tant bien que mal de singer ses glorieux modèles. La presse spécialisée Outre-Rhin s’est montrée étonnamment gentille au niveau des notes que j’ai relevé sur le site MobyGames, par contre, dés qu’on quitte l’Allemagne, les notes sont beaucoup plus sévères, surtout de la part de la presse américaine (vous pensez donc, même IGN a complètement descendu le jeu, alors qu’ils sont connus comme étant un des médias les plus affables dans leurs tests)...
Mayday : Conflict Earth est accessible en tant qu’Abandonware, mais je ne vous le recommande pas. Vous savez quoi ? Il mérite même un Abandonware de Plomb tellement ce jeu tient plus de l’insulte à la Stratégie en Temps Réel qu’au jeu de stratégie honnête, et j’espère ne plus jamais avoir à parler d’une production de Jowood.
NDLR : Ou bien, essayez-le et apportez des commentaires sur la fiche pour la communauté Abandonware. Il suffit de le télécharger et de l'installer, la version automatique vous évite de mettre les mains dans le cambouis.
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