The Elder Scrolls Adventures : Redguard
Date de sortie
11/1998 ()
Développement
Adaptation française
Ré-édition budget
Distribution en Europe
Systèmes
systeme systeme
Dosbox
Compatible avec la version 0.74


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titre Scénario

The Elder Scrolls Adventures : Redguard nous renvoie quatre siècles avant The Elder Scrolls : Arena, alors que la province de Hammerfell était déchirée par une guerre civile entre les Crowns (les loyalistes envers le prince successeur du roi Thassad II) et les Forebears, une faction alliée avec l'empereur Tiber Septim. Une bataille décisive, remportée avec le soutien aérien d'un dragon, a permis à Tiber Septim de conquérir Hammerfell et sa capitale Stros M'Kai, désormais sous la férule du gouverneur Lord Richton. Mais les Crowns n'ont pas dit leur dernier mot et espèrent reconquérir le pouvoir.

C'est dans ce contexte troublé que l'on fait la connaissance de Cyrus, un mercenaire Redguard qui avait quitté Hammerfell pour s'installer dans une province voisine après ce que l'on appelera poliment une rixe familiale. Cyrus vient de recevoir un message de son mentor et ami Tobias, qui lui apprend que sa soeur Iszara n'a pas donné signe de vie depuis trois mois. Cyrus décide de retourner à Stros M'Kai en bateau pour la retrouver.

titre Présentation

Pour les grandes sagas de jeux de rôle ou d'aventure, la fin des années 90 sonnait l'heure de la 3D, de la remise en question et parfois de la diversification. King's Quest : Masque d'éternité singeait Tomb Raider, Wizardry faisait un détour par l'aventure avec Nemesis, Crusaders of Might and Magic ne suscitait pas le même engouement que Heroes of Might and Magic. Et voilà donc Bethesda Softworks qui proposait des spin-offs de The Elder Scrolls. Redguard n'a rien d'un jeu de rôles, pas de création de personnages ou de niveaux d'expérience ici. C'est un hybride entre un jeu d'action à la Tomb Raider et un jeu d'aventure.

Pour ce qui est de l'aventure, attendez-vous à de multiples missions et énigmes à résoudre, et ce de façon non linéaire. Vous allez aussi passer un certain temps à discuter avec les habitants de Stros M'Kai. On sent bien que Bethesda Softworks prenait au sérieux le lore de The Elder Scrolls, le scénario est touffu, et les dialogues sont nombreux - presque trop, car il est impossible de les abréger. Les doublages d'origine ont été critiqués pour leur qualité très variable selon les personnages - la voix aiguë de Mariah en a crispé plus d'un et a même fait l'objet d'un easter egg dans Morrowind ! La VF est plutôt bonne, bien que les doubleurs forcent un peu la voix des personnes âgées. On peut regretter que les personnages gardent la bouche fermée pendant ces discussions, mais c'est l'époque qui veut cela. Un autre défaut qui rallonge les phases d'aventure est le temps de chargement quand on entre ou sort d'un bâtiment. C'était déjà un reproche fait à The Terminator : Future Shock, c'est toujours le cas ici, et quand on veut tailler le bout de gras avec tous les habitants d'une ville ou faire ses emplettes dans les boutiques, cela peut vite lasser.

De l'action, il y en a dans Redguard. Le jeu s'inspire fortement de Tomb Raider, et il reproduit hélas les défauts typiques du genre, comme le personnage qui se coince parfois dans les décors ou la caméra qui se place derrière un poteau ou sur votre tête quand vous êtes dos à un mur. Vous allez aussi devoir sauter comme un cabri assez souvent, et c'est un des points sur lesquels le jeu a reçu des critiques. La maniabilité de Cyrus est nettement moins fluide et instinctive que celle de Lara Croft, et les séquences de sauts risquent de devenir votre hantise. Il y a aussi des combats à l'épée, et ce avant même de mettre les pieds dans Stros M'Kai. Cette fois, la caméra s'éloigne, et les contrôles permettent de faire pivoter Cyrus, d'avancer, de reculer, et de frapper. Mais avec ce système, il n'est pas toujours évident de s'aligner avec l'ennemi, surtout quand la caméra fait des siennes. Lorsque plusieurs adversaires attaquent en même temps, cela tourne vite à la pagaille. Une fonction de lockage d'un ennemi à viser aurait simplifé les choses.

En dépit des récriminations sur l'aspect technique (voir plus bas), des soucis de maniabilité et de quelques bugs (rien de rédhibitoire ici, Bethesda Softworks avait fait bien pire avec Daggerfall), Redguard a reçu de bonnes critiques, et même des nominations pour des récompenses annuelles. Pourtant, les ventes ont été bien en-dessous des attentes et ont contribué à la déconfiture financière de la compagnie jusqu'à la sortie de Morrowind. Est-ce parce que les fans de The Elder Scrolls avaient une idée bien arrêtée de ce que devait être un épisode de la série ? Parce que mélanger deux genres bien distincts était le meilleur moyen de ne satisfaire aucun des deux publics ? Parce que Cyrus est moins sexy que Lara Croft ? Ou tout simplement parce que ce jeu est sorti en novembre 1998, en plein rush des sorties pré-Noël, et la même semaine qu'un certain Half-Life, excusez du peu ? Les développeurs du jeu en gardent un bon souvenir et considèrent qu'il a contribué à enrichir l'univers de Tamriel. Les fans, eux, ont des souvenirs plus mitigés, et il est facile de trouver des vidéos qui cassent du sucre sur le dos de Redguard. Si on s'accomode avec le mélange action/aventure et la maniabilité délicate du titre (il est heureusement possible de sauvegarder n'importe où), il est pourtant possible de prendre plaisir à parcourir l'univers de Redguard. Ce titre ne fait pas honte à la saga, et il enrichit l'histoire de Tamriel, alors pourquoi ne pas se laisser tenter ?

titre Technique

The Elder Scrolls Adventures : Redguard est un logiciel bâtard sur le plan technique. La boîte indique qu'il nécessite Windows 95, et c'est vrai, mais le jeu tourne en réalité sous DOS ! On peut supposer que Bethesda Softworks a débuté le développement sur ce système, et qu'ils n'ont pas voulu le réécrire pour Windows (ou pire, adopter un nouveau moteur 3D) en cours de route. Mais comme il était mal vu de sortir encore des jeux DOS en 1998, ils l'ont dissimulé sur la boîte et la notice. Le problème, c'est que beaucoup d'utilisateurs lançaient le jeu sous Windows, qui ouvrait une session DOS, ce qui était évidemment moins performant que depuis le DOS natif. C'est encore pire en émulation, le framerate est épouvantable dans VirtualPC et à peine meilleur sous DOSBox-X + Windows 98. Le choix du DOS signifie aussi que le jeu n'exploite pas DirectX ou OpenGL et ne reconnaît aucune autre carte 3D que la 3Dfx, ce qui en a chagriné plus d'un.

Techniquement, je conseille DOSBox-X, qui gère les deux systèmes, avec un Pentium II comme CPU. L'installation se fait sous Windows 95 avec le CD-ROM 1. C'est à ce moment que l'on choisit d'avoir de la 3D logicielle ou par carte 3Dfx. À la fin de l'installation, vous devez sélectionner et tester votre carte-son, à l'ancienne. Après cela, Windows 95 et le CD-ROM 1 ne sont plus nécessaires. Rebootez DOSBox-X en mode DOS, montez le CD-ROM 2, allez dans le répertoire créé sur le disque dur virtuel et lancez RG.EXE. Dès que le jeu vous laisse la main, appuyez sur 'Échap' pour ouvrir le livre des options, et dans la page graphique, choisissez la meilleure résolution (en 3D logicielle, elle est à 320*200 par défaut !). Vous pouvez en profiter pour modifier les touches du clavier si vous le souhaitez. Bon jeu !



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