Duke Nukem 3D
Série
Année
Conversion (Mac)
Développement (extension)
Edition
Distribution (Europe)
Distribution (Allemagne)
Systèmes
systeme systeme
Multijoueurs
Dosbox
Compatible avec la version 0.70
note0note1note2note3note4note5note6note7note8note9note10 notesnotesnotesnotes
845 votes




titre Histoire

"COME GET SOME !"

Parbleu ! D'hideux extra-terrestres venus d'une lointaine galaxie ont atterri à Los Angeles et sèment la terreur dans cette belle cité !...Enfin, "belle cité" est un bien grand mot puisque vous rencontrerez la plupart de ces aliens dans les recoins les plus mal famés de la ville tels que des clubs de strip-tease et autres peep-shows...

Oui, VOUS ! Car vous êtes Duke Nukem ! Le seul, l'unique, le vrai, le sauveur de cette nation dépravée ! Armé de tout un attirail dévastateur, allant du classique "Shotgun" au mortel mais étonnant "Shrinker", vous allez dégommer à tour-de-bras de l'alien dans trois épisodes de feu et de sang (et un ch'tit peu de sexe aussi).


titre Historique

Quel curieux destin que celui de Duke Nukem, héros cartoonesque du début des années 90 édité chez Apogee, au même titre que Commander Keen. Pour ceux qui ont découvert le héros avec cet opus, «Duke Nukem» est à l'origine un shooter en vue de profil avec système de score (items à ramasser, ennemis à détruire, ...). L'univers inclut tout de même un background futuriste détaillé, qui sera toutefois peu repris dans ce troisième volet, si ce n'est pour assurer la transition avec la fin du seconde épisode, où Duke Nukem se rendait à bord de son vaisseau spatial pour la Terre. La particularité de ce «Duke Nukem 3D» est d'offrir au contraire un univers contemporain, proche de la culture de son époque. Les cinémas, sex shop, restaurants où luxueux hôtel succèdent aux univers de SF et d'heroic fantasy habituellement utilisés pour ce type de jeu. C'est d'ailleurs toute l'intelligence de «Duke Nukem 3D» : ramener le jeu vidéo dans un univers connu (le notre) et en faire un pastiche complet. Le jeu joue d'ailleurs sur un autre critère peu fréquemment usité dans le jeu vidéo : l'interactivité (souvent inutile) avec le décor. On peut ainsi aller aux toilettes, boire de l'eau au robinet, jouer au billard ou encore payer une fille pour qu'elle vous montre ses seins. En apparence banals, ce sont justement ces petits détails qui ont contribué au succès de «Duke Nukem 3D», qui est le premier à offrir ces possibilités. Il n'est plus seulement question de tirer sur tout ce qui bouge, et de considérer chacun des éléments du jeu comme utile mais bel et bien de s'amuser de petits rien, de détails qui rendent le monde dans lequel on évolue beaucoup plus dense. Il faut ajouter à cela un humour et une violence pour le coup vraiment adulte, qui n'épargne rien ni personne, pour faire de ce Duke un jeu vraiment à part.

Au final le succès planétaire du jeu est plutôt mérité, d'autant plus qu'il est difficile de s'imposer dans cette discipline qu'est le FPS, et qui se résume pour ainsi dire dans les années 90 à un seul mot : «Doom». Les codes du genre étant (trop) bien définis, il se est périlleux de réinventer une recette qui est déjà si bien exécutée. Pourtant «Duke Nukem 3D» s’illustre à cette période comme un renouveau marquant du genre, comme un dernier adieu au doom-like à l’ancienne, alors que «Quake» impose déjà de nouvelles règles. Le jeu fera d’ailleurs tellement sensation qu’il parviendra à s’imposer autant dans le coeur des joueurs que le nouveau bébé d’id Software, qui ne jouait pourtant pas dans la même division : d’un côté un moteur 2,5D à l’ancienne, sorte de «Doom» boosté au steroids, de l’autre un univers en trois dimensions, faisant déjà jubilier les premiers possesseurs de carte accélératrice 3D. Il est probable qu’à l’époque, «Duke Nukem 3D» ait aussi bénéficié de l'engouement des joueurs qui n'étaient pas encore prêts au revirement annoncé par le genre. En 1996, tout le monde n'avait pas les moyens de s'offrir un beau Pentium pour profiter de «Quake», qui proposait une façon radicalement nouvelle de joueur aux FPS, et c'est sans doute cela qui a permis à «Duke Nukem 3D» de se maintenir dans la course. En définitive, il reste la transition parfaite entre le doom-like à l'ancienne et le quake-like en devenir.


titre Influences

Un autre élément notable dans «Duke Nukem 3D» est l'utilisation directe de la pop culture, chose là encore peu répandue dans un jeu vidéo. Si ces derniers se sont bien évidemment inspiré du cinéma et de la bande dessinée pour créer de nouveaux univers, sans les citer directement, «Duke Nukem 3D» lui se construit sur les influences même, créant un univers parallèle au notre, à la manière de Tarantino. Duke Nukem, combiné des héros d'action des années 80 et 90, dont il reprend carrément certaines répliques au point de les rendre plus culte qu'elles ne l'étaient déjà (les fameuses "Hail to The King baby !", "Groovy" et "Come Get Some" directement tirées du film Evil Dead), évolue dans une Amérique dépravée des 90's, entre sexe et ultra-violence. Le jeu combine un nombre incalculable de clin d'oeil au cinéma populaire, au point de finir par créer sa propre mythologie. «Duke Nukem 3D» est d'ailleurs un cas unique et peu répandu à l'époque : l'auto-réflexion du personnage principal dans l'univers dans lequel il évolue. Duke Nukem est un personnage de jeu vidéo conscient de son évolution au sein d'un univers dont il est presque l'instigateur (la fameuse réplique à double sens "I don't have time to play with myself", alors que l'on souhaite jouer à la borne d'arcade le mettant en scène dans une salle de jeu). Au delà de la parodie, c'est donc davantage le recul que «Duke Nukem 3D» apporte au genre qui se révèle rafraichissant. Si ce n'est dans les jeux d'aventure, le jeu vidéo n'avait pas pris le temps de se moquer de lui même. Duke Nukem lui l'a fait pour nous. Sauver le monde (et quel monde !) n'a jamais été aussi jubilatoire.

Pour ce qui est du rendu du jeu même, soulignons quand un moteur, le fameux Build Engine, un peu plus performant que celui de «Doom». Par rapport à ce dernier, on note une nette amélioration dans la gestion des éclairages, de niveaux plus dynamiques (eau, sols mouvants, ascenseurs, salle rotative, ...) et de la capacité de détruire certaines parties du niveau. L’évolution la plus notable, et qui préfigure d’une certaine manière «Quake», est la capacité de créer des niveaux sur plusieurs étages, grâce à une astuce de programmation. En effet, «Duke Nukem 3D» n’est pas réellement programmé en 3D et les doom-like de l’époque ne sont pas capables d’une telle prouesse. Il en résulte une plus grande complexité dans le level design des niveaux, en accord avec la restitution d’un univers majoritairement urbain.


titre Gameplay

«Duke Nukem 3D» ne cache pas ses influences, c'est le moins que l’on puisse dire, et se veut comme la réponse insolente au roi du doom-like de l'époque : «Doom». Le gameplay est identique : aliens à dézinguer, armes de destructions massives (du simple pistolet au lance-roquette en passant par les mines lasers ou le canon pour rétrécir ces ennemis) et système de clef à trouver afin de pouvoir accéder à des zones inaccessibles. «Duke Nukem 3D» bénéficie aussi des amélioration des derniers FPS en date, notamment le système d’items, hérité d’«Heretic». Moins accessoires que dans ce dernier, ils comptent steroids (pour augmenter sa vitesse de déplacement), lunettes de vision nocturne (pour voir dans l’obscurité), bouteille d’oxygène (pour respirer sous l’eau) et surtout le fameux jetpack (pour voler). Le moteur du jeu, supérieur à «Doom», permet en effet de diversifier davantage les phases de jeu. On ne tire plus simplement en face de soi, mais aussi au dessus ou en dessous. Il est ainsi possible de sauter, nager, s'accroupir, autant d'actions qui en 1996 font réellement figure de nouveautés. Jusqu'alors, les FPS se pratiquaient majoritairement de manière horizontale, le joueur ayant le doigt posé sur le bouton 'Ctrl'. Le bestiaire est quant à lui composé de créatures en tout genre, chacun ayant son arme et sa manière de réagir bien spécifique. C'est là encore une nouveauté par rapport aux autres FPS qui se sont contentés jusque là d'ennemis statiques aux comportement très similaires. Certains ennemis disposent eux aussi de la faculté de sauter, voler, nager voire de disparaître un court instant !

Le jeu se divise comme «Doom» en 3 épisodes, qui nous font voyager d'Hollywood à la Lune. Chaque fin d'épisode offre le privilège de combattre un boss unique et d'assister en récompense à une petit vidéo de mise à mort, dans le pur esprit des films d'horreur et d'action de l'époque, le mauvais goût en plus. Si la durée de vie est plutôt faible (comptez un petit après-midi pour en venir à bout), la rejouabilité est de mise et ce ne sont pas les add-ons et niveaux amateurs qui manquent sur la toile. Si vous accrochez au genre, vous ne décollerez plus de votre siège.


titre Conclusion

L'héritage que laisse «Duke Nukem 3D» au FPS et même au jeu vidéo tout court est plus que conséquent. L'année 1997 verra fleurir plusieurs rejetons basés sur son moteur 3d et son gameplay : les illustres «Blood», «Shadow Warrior» (par les auteurs de «Duke Nukem 3D» eux même) et «Redneck Rampage». Pour ce qui est du gameplay, on retrouve l'influence de Duke Nukem dans le rapport à l'environnement, qui devient dans bon nombre de FPS futurs réellement interactifs. À titre d'exemple, citons «Half-Life», qui proposait son lot d'interactions avec le décor, elles aussi pas toujours utiles, et qui faisait sortir un peu plus le FPS de son unique composante guerrière.

Le jeu connaîtra plusieurs add-ons : le plus célèbre est le fameux Plutonium Pack, qui comprend un nouvel épisode, une nouvelle arme (une sorte de shrinker inversé, qui fait exploser les ennemis), quelques nouveaux adversaires et un nouveau boss. On retient aussi le Duke It Out In D.C, où Duke doit sauver le Président Clinton, qui comprend un nouvel épisode, particulièrement bien désigné (le premier niveau nous fait visiter la Maison Blanche, superbement reproduite). D'autres plus dispensables proposent une refonte graphique sur le thème de l'hiver (Nuclear Winter ) ou de la plage (Duke Carribean : Life's A Beach), mais des niveaux de piètre qualité.

On note enfin que de la même manière que «Doom», «Duke Nukem 3D» bénéficie d’une communauté active de joueurs encore aujourd’hui et que de nombreux mods et refontes graphiques peuplent le net. Le plus respectable est sans aucun doute DukePlus, amélioration intelligente d’un jeu déjà extrêmement bien conçu, qui ferait presque figure de suite à ce jeu mythique, qui n’a eu qu'un enfant illégitime nommé «Duke Nukem Forever». Duke sauvés par les joueurs de longue haleine ? Fort heureusement pour nous...

Un classique intemporel, un formidable coup de latte dans les testicules du politiquement correct vidéoludique. Plus de 15 ans après, le jeu n’a pas pris une ride, dans l’esprit du moins. Une référence absolue de la discipline du doom-like, vous ne pourrez pas y échapper. "Let's rock !".


titre Lancement sous DOSBox

Le jeu étant toujours en vente, nous vous proposons de le tester. La démo vous permettra de parcourir le premier épisode sur les 3 que contient le jeu complet.

Lancez le fichier DUKE3D.EXE. SETUP.EXE permet de configurer le jeu.
Et pour ceux qui ont la flemme de chercher dans les options, pour activer la visée à la souris, il faut appuyer sur 'U'.



titre Complétez cette fiche

Vous avez des screenshots, un avis personnel, des fichiers que nous ne possédons pas et qui concernent ce jeu ? Vous avez remarqué une erreur dans nos textes ?
Dans ce cas, aidez-nous à améliorer cette fiche : en nous contactant via le forum.

titre Liens divers

Vous pouvez trouver de nombreuses informations en allant sur les sites du Réseau Abandonware Francophone :
- Abandonware Forums pour trouver une aide technique, une astuce...
- La clinique des jeux vidéo, pour ceux qui veulent jouer avec DOSBox ou VDMS.





Vous souhaitez nous aider ?


Partenaires : Hébergement web - WoW - Association MO5 - Megatest.fr - Emu-France - Association WDA - Another Retro World - Planète Aventure