Fiche de la compagnie Interactive Magic
NomInteractive Magic
Autres nomsiMagic (Etats-Unis), i-Magic (Etats-Unis), iMagic Online (Etats-Unis)
PaysEtats-Unis
Création1994
Rôle(s)Développement, Distribution (Etats-Unis), Edition, Edition (Etats-Unis)
Développeur et éditeur américain basé à Morrisville, North Carolina (1994).

Fondé par Robert L. "Bob" Pickens (voir Trivia 1) et John Wilbur "Wild Bill" Stealey, la mission de la société est de développer et d'éditer des jeux de stratégie et des jeux de simulation de premier ordre. Robert L. Pickens préside la société alors que John Wilbur Stealey préside son conseil d'administration.

Basé dans le second plus important technopole des États-Unis, le Research Triangle Park, le premier titre de la société donnera une idée sur son devenir. Alors, flop ou pas flop ? Disponible pour DOS, Windows 95 et Mac OS System 7 et développé par Digital Integration, «Apache» sera un succès immédiat, avec 120.000 exemplaires immédiatement écoulés sur le marché étatsunien. Ce titre sera suivi d'une autre édition, «Capitalism» (1995), d'Enlight Software et d'un développement propre : «Star Rangers» (1995). On ne s’inquiétera donc pas pour l'avenir de la société bénéficiant de l'aura de MicroProse et de son fondateur hyper-médiatique (voir Trivia 2), qui aura également compris très tôt l'essor qu'allait prendre le jeu en ligne.

A partir de 1996, la société annonce son adoption de Direct3D, la technologie de Microsoft (ce qui aura son importance pour une annonce encore à venir), et prévoit que son premier titre à supporter cette technologie sera «Star Warriors», la suite de «Star Rangers». Pour autant, les premiers titres de l'année sont des éditions, «American Civil War», un wargame historique, et «Bruce Jenner's World Class Decathlon», une simulation sportive. Cette dernière prend tout son sens aux États-Unis, car commercialisé en juin 1996 alors que les 1996 Summer Olympics d'Atlanta (ceux du centenaire) démarrent le 19 juillet et appuyé par Bruce Jenner, présent en personne notamment lors de la seconde édition de l’Electronic Entertainment Expo de Los Angeles, California, entre le 17 et le 18 mai 1996. Si ça c'est pas du lancement, je ne m'y connais pas. En Europe, le jeu localisé met en avant Daley Thompson, sujet de Sa Majesté, mais sans JO, ni E3, il n'a pas le même impact.

Pour autant, Interactive Magic ne se contente pas de publier des jeux tiers finalisés, et participe parfois activement à leur développement quand elle juge bon de le faire ou lorsqu'on le lui demande. Deux exemples au cours de l'année 1996 : nous venons de parler d'«American Civil War». Ce wargame historique est en fait le troisième d'une série. Les qualités (et les défauts) de ses prédécesseurs étaient connues d'Interactive Magic qui a tenu à investir dans le produit de la société canadienne Adanac Command Systems pour améliorer graphismes, sons, intelligence artificielle et assurer la compatibilité avec Windows 3.1/95 (voir Trivia 3). Il en va de même avec la société Charybdis Enterprises en qui Interactive Magic a placé une grande confiance. C'est de sa faute, aussi, puisqu'elle a touché la fibre nostalgique de Bill Stealey : en se lançant dans le développement d'«iM1A2 Abrams», Charybdis Enterprises a fait rajeunir ce cher Bill de 6 années. Effectivement, dans un communiqué de presse, Bill rappelle, on l'imagine bien avec la larme à l'œil, sa participation au développement de «M1 Tank Platoon» chez MicroProse (voir Trivia 4).

Après les conversions pour Mac OS d'«Apache» et de «Capitalism», Interactive Magic finit l'année 1996 avec de gros titres, cette période étant toujours stratégique en termes de ventes. C'est ainsi que sortent tour à tour «Destiny» qui se compare, sans complexes, à «Civilization II», «HIND» qui fait suite à «Apache», des mêmes auteurs et, pour finir l'année en beauté : «Harpoon Classic 97» (voir Trivia 3) ainsi que «Capitalism Plus», pour démarrer la nouvelle. Quand on connaît le capital de respect et de sympathie qu'ont engrangé depuis des années des titres comme «Civilization», «Apache» ou encore «Harpoon», Interactive Magic a encore une fois visé juste.

Au début de l'année 1997, et en dehors du développement interne d'«iF-22» (voir Trivia 5), Interactive Magic perçoit l'Internet et le jeu en réseau comme l'évolution logique de son activité (voir Trivia 6). Elle rachète ainsi deux sociétés ayant une expertise dans ce domaine pour réutiliser leurs technologies. Ces deux sociétés sont MPG Net et Interactive Creations Inc. (ICI). Dès lors, des titres comme «WarBirds» et «Planetary Raiders» deviennent des titres Interactive Magic, ou plus précisément I-Magic Online, puisqu'ainsi est renommée Interactive Creations Inc. Il est prévu d'intégrer ses technologies à des versions multi-joueurs d'«iM1A2 Abrams», «Shattered Realities» et «Rim Worlds». Dès lors, des nouvelles expressions sont lâchées comme "megaplayer games" qui impliquent le support d'environ 200 joueurs en ligne. On entrevoit même la possibilité d'agréger 2.000 joueurs sans que le terme de "massivement multijoueur" ne soit encore utilisé.

L'année 1998 est également rythmée par un nombre important de sorties, dont certaines capitalisent sur des succès passés. Effectivement, le moteur d'«iM1A2 Abrams» va servir au développement de «iPanzer '44», quant au moteur de «Planetary Raiders», il est lui aussi réutilisé pour «Raider Wars», un jeu de combat spatial multijoueur en ligne. Initialement nommé «Warbirds 3D», «Warbirds II» est naturellement présenté comme une version améliorée de «WarBirds», avec un support de Direct3D plutôt que d'OpenGL. Quant à «iF-22 2.0», ce dernier améliorera le premier du nom tant au niveau du gameplay, des graphismes et de l'intelligence artificielle. Cette version intègre également tous les patches ainsi que le disque additionnel «Peacekeeping Mission: Persian Gulf». Pour finir sur les "séquelles", «Liberation Day» fait suite à «Fallen Haven», du même Micomeq.

En dehors de toutes ces "mises à jour", Erudite Software finalise sa saga "Great Battles" avec «The Great Battles of Caesar» et Interactive Magic signe «Semper Fi» de Stanley Associates, un wargame stratégique qui vous place à la tête d'un bataillon de Marines. Les productions Interactive Magic "maison", signées iMagic Labs (tm), et qui font suite à d'«iF-22» et à «Peacekeeping Mission: Persian Gulf» sont «iF/A-18E Carrier Strike Fighter» qui vous laissera aux commandes d'un McDonnell Douglas F/A-18 Hornet et «Malkari», un jeu de stratégie spatial, original, mais décevant.

3ème trimestre : Theocracy, RTS et UltraFighters.

Le premier slogan de Interactive Magic est : "Interactive Magic. How the future is played". Le slogan d'Interactive Creations/I-Magic Online est : "Worldwide Internet Games".

Interactive Magic a eu des implantations au Japon (Tokyo Metropolis, Kantō), au Royaume-Uni (Camberley, Surrey puis Bracknell, Berkshire) et en Allemagne (Gütersloh, Nordrhein-Westfalen).


Trivia 1
j'ai l'insigne honneur de rendre à Robert L. "Bob" Pickens ce qui lui est dû ... car la personnalité omniprésente de Wild Bill a trop souvent oblitéré son existence et son rôle de fondateur (pas un mot de lui, ni sur MobyGames, ni sur Wikipedia, etc.)

Trivia 2
L'ego de Bill Stealey est tel que oui, il se promène dans ses locaux du Research Triangle Park en tenue de pilote de chasse et qu'il n'hésite pas à faire envoyer aux distributeurs de ses jeux, des totems le représentant toujours dans cette tenue, et en taille réelle ! On voit couramment ce type de totems en carton dans les magasins de disques, pour la promotion des artistes. On en a donc la preuve, Bill Stealey est une rock-star. Ce n'est donc pas une surprise que la presse le décrive avant tout comme un homme de communication et de marketing.

Trivia 3
«American Civil War» est effectivement la version la plus aboutie des deux premières versions de «The Road from Sumter to Appomattox» d'Adanac Command Systems. Interactive Magic va même dupliquer cette recette consistant à reprendre à son compte un jeu existant, en le remettant au gout du jour, celui de Windows 95, avec une version modernisée et augmentée d'«Harpoon Classic» : «Harpoon Classic 97».

Trivia 4
si on lit le communiqué de presse de Interactive Magic concernant «iM1A2 Abrams» et la naissance de «M1 Tank Platoon» chez MicroProse, Bill Stealey déclare qu'il en est le co-concepteur, avec un certain Arnold Hendrick. Seulement, il y a un léger problème à ce sujet puisque son nom n'apparaît jamais dans les crédits du jeu, ni au chapitre de la conception, ni au chapitre de la programmation. Si sa participation aux versions DOS et Atari ST de «M1 Tank Platoon» relève simplement du plus pur mensonge institutionnel, son nom apparaît bien dans les crédits de la version Amiga au chapitre de l'assurance qualité, son nom faisant bien partie des testeurs du jeu. Pour faire court, il a joué (au moins une fois) à «M1 Tank Platoon» sur Amiga. De là à en être le co-concepteur ... il y a bien du chemin mais quand on s'appelle Wild Bill, on peut se permettre de ré-écrire l'histoire, non ? Rendons aux auteurs ce que Bill leur doit : «M1 Tank Platoon» a été co-conçu par Arnold Hendrick et Scott Spanburg.

Trivia 5
développement perturbé par une guéguerre avec le concurrent Novalogic : comment allait finalement s'appeler ce jeu ? allait-il seulement pouvoir exister ? Je n'exagère pas, puisque Novalogic avait dans l'idée de garder à elle toute information technique ainsi que les droits d'exploitation concernant l'avion de chasse F-22 Raptor. A ce moment, "F-22 Raptor" est une marque de commerce (tm) détenue par Novalogic. Elle a ainsi signé avec Lockheed Martin des contrats allant dans ce sens, empêchant quiconque d'utiliser spécifications, images et de commercialiser des produits dérivés. S'en est suivie une levée de boucliers bien compréhensible, puisque privatiser un bien commun (financé par le contribuable américain) était certes "fort de café". Sommés de se prononcer suite à ce contrat, l'United States Air Force (USAF) et l'Interactive Digital Software Association (IDSA) ont préféré botter en touche et se déclarer neutres dans l'arbitrage entre Novalogic et Interactive Magic. Les avocats d'Interactive Magic ont finalement gagné ce combat mais deux jeux ne pouvant pas porter le même nom, le leur s'appelorio Quezac, euh, non «iF-22». Et pourquoi pas Raptor, s'il te plait ? Second os : le mot "Raptor" est la propriété exclusive de, de, devinez qui ... C'est bien l'apogée (arf) des tracas pour Interactive Magic qui refuse de payer 100.000 dollars à d'avides texans juste pour un mot. Non pas qu'ils ne peuvent pas, mais ils ne le veulent pas, préférant garder cette somme pour améliorer le réalisme de leur prochain titre, lancent-ils. Une habile communication et un retournement de la situation en leur faveur, quoi qu'il en soit. Là où Novalogic a dû plier avec son «F-22 Raptor» ...

Trivia 6
cette stratégie ne date pas exactement de 1997, mais de 1995-1996. Un précédent est l'accord signé avec la société américaine Kesmai Corporation pour bénéficier de son expertise des jeux en réseau. Effectivement, la société existe depuis le début des années 80 et a lancé «Air Warrior», un simulateur de combats aériens, au début des années 90, disponible sur de nombreuses plateformes (micro-ordinateurs tant familiaux que personnels) et de services en ligne, comme GEnie et Compuserve. Grâce à l'accord avec Kesmai, Interactive Magic va reprendre à son compte «Air Warrior» et en produire des versions hors ligne en plus des traditionnelles versions en ligne. «Air Warrior II» et «Air Warrior III» suivront ainsi et la société annonce même des versions en ligne de «Destiny» et de «Star Rangers».

Pour la sortie d'«Air Warrior II», Interactive Magic a organisé une convention de pilotes sur simulateurs entre le 25 et le 28 septembre 1997. Elle s'est déroulée à Houston, Texas. Appuyée par les sociétés américaines Delphi, Kesmai Corporation et Discovery Channel pour l'infrastructure réseau et le contenu, par CH Products et Thrustmaster pour les périphériques, elle a donné lieu à un concours dont le premier prix était une mission de combat aérien offerte par la société Fighter Pilots USA. Cette convention a été finalement couronnée par un show aérien nommé "Wings over Houston".

La société appuie également des conventions d'amateures, car organisées par les utilisateurs mêmes, comme celle d'Orlando, Florida, entre le 31 octobre et le 2 novembre 1997 encore une fois autour d'«Air Warrior II».

"Hall of Fame" de Computer Gaming World, "Top 40 Best Games of all Time" de PC Gamer

Récompenses

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Médias

News dans Joystick n°57 (2/1995) p014
Interview dans PC Joker n°5/95 (5/1995) p069
Interview dans PC Games n°6/95 (6/1995) p036
News dans Génération 4 n°83 (12/1995) p022
Interview dans Power Play n°1/96 (1/1996) p190
Reportage dans Joystick n°70 (4/1996) p110
Interview dans Génération 4 n°88 (5/1996) p066
Reportage dans Edge n°33 (6/1996) p044
Reportage dans PC Zone n°40 (7/1996) p022
Interview dans PC Games n°10/96 (10/1996) p204
Article dans PC Power n°10 (10/1996) p034
Reportage dans PC Zone n°49 (4/1997) p034
News dans Joystick n°83 (6/1997) p017
News dans Génération 4 n°101 (7/1997) p022
Article dans PC Player n°30 (2/1998) p014
Interview dans PC PowerPlay n°25 (6/1998) p026
Interview dans Power Play n°6/98 (6/1998) p068
Article dans PC Games n°4/99 (4/1999) p037

Jeux développés
Jeux édités








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