Spud !
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titre Cette nuit-là il neigeait

L'histoire débute dans la maison du grand-père de Spud, au fin fond du Pôle Nord. Spud, c'est un bambin d'une dizaine d'années, avec sa casquette à l'envers sur le crâne, assez ingénieux et débrouillard. A son arrivée dans la maison du papy, Spud découvre un message du grand-père, projeté sur un hologramme. Le patriarche a été enlevé par un infâme personnage du nom de Chillblane, et emmené au Pôle Sud avec sa machine à produire des jouets. En effet, le grand-père de Spud, c'est le Père-Noël. Chillblane a l'intention de remplacer les jouets bienveillants de Noël en jouets terrifiants, et de conquérir le monde avec une armée de jouets maléfiques.
Sans plus tarder, vous allez fouiller la maison et rechercher des indices. L'objectif, c'est de remettre la main sur les quatre rennes qui tirent le traîneau magique, et de vous envoler pour le Pôle Sud. Parce que, détail important: Spud, c'est vous qui l'incarnez.

titre Un point and school old click


Pour les familiers de «Woodruff and the Schnibble of Azimuth», les fanatiques de la série «Discworld», les partisans de l'humour décalé de «Simon the Sorcerer», ce jeu ne vous décevra pas.
Sur la boîte du jeu, que vous pouvez admirer dans la section Cover Art sur la fiche de Spud! de MobyGames, il y a même un argument de vente qui précise que Spud! tient la dragée haute à «Myst», ce qui paraît exagéré.
Le jeu se présente sous une forme "cartoonesque", sur le mode de «Day of The Tentacle» ou bien «Chewy». Jeu de Point and Click, vous allez devoir explorer les décors dans les moindres recoins, et ramasser les objets qui prennent place dans les casiers de votre inventaire. Celui-ci se trouve dans une boîte, que vous récupérez tout au début du jeu: un clic pour entrer dans votre boîte: vous placez votre objet dans le carton qui se trouve sur l'établi, et l'objet intègre directement une place dans l'un des casiers.
Dans la première partie du jeu, vous allez chercher des lutins et des lapins, que vous placez dans votre inventaire, et qui s'entassent dans leur "boîte à gnomes" et "boîte à bunnies". Vous pouvez placer un lutin ou un lapin sur votre établi et placer un objet de votre inventaire sur lui, afin d'équiper votre personnage d'un accessoire. Par exemple, une pelle avec un lutin, ca donne un "lutin qui creuse".

Les icônes sont peu nombreux:

-Le pouce levé: une action/interaction est possible.
-La flèche: elle montre le chemin.
-La mâchoire: une conversation peut s'engager avec le personnage.
-La main avec une boule bleue: un objet à ramasser.
-La boîte: c'est l'inventaire qui devient accessible d'un clic (quand on a ramassé un objet).
-La loupe: Observer attentivement.

Dans votre inventaire, il y a trois emplacements (slots) pour sauvegarder et charger une partie. Cela peut paraître "short", mais c'est finalement acceptable: vous allez souvent écraser vos parties.
Une partie chargée (son de cloche) ou sauvée (un riff de guitare), ça signifie qu'il vous faut franchir la porte pour retourner au jeu, ça ne se fait pas automatiquement. Et à partir du CD 2, il faudra charger les parties à partir du lancement du CD2, accessible par un mot de passe.

Il y a des phases d'action, avec des Game Over possibles. Pensez à faire des sauvegardes stratégiques, et observez bien les possibilités de sortie d'un lieu, les interactions possibles avec les objets de votre inventaire. Essayez toutes les possibilités, y compris les plus saugrenues!
En définitive, c'est un jeu qui ne révolutionne pas le genre, mais qui contient quelques défauts dans son gameplay, et quelques bugs graphiques également, mais qui ne sont pas rhédibitoires pour le déroulement de votre partie.


titre Un studio qui fait une percée remarquée

«Spud!» est l'un des tout prremiers jeux d'un studio britannique éphémère qui n'a pas duré au-delà de l'an 2000. Mais Charybdis Limited aura marqué son époque, d'abord avec ce jeu, puis deux ans plus tard avec «The Quivering». Ce dernier aura été sa plus belle réussite, et «Spud!» semble avoir ouvert la voie à ce ton décalé, sarcastique, et même caustique, que l'on retrouve dans l'atmosphère de ses jeux.
Lorsque le jeu démarre, vous vous trouvez devant un personnage d'enfant un peu niais, dans une histoire abracadabrantesque qui semble rivaliser avec les jeux bas de gamme qui inondent le marché. Les voix sont doublées par des comédiens qui récitent leurs tirades, et qui les annonnent parfois. En ramassant un objet que vous glissez dans votre inventaire, une autre voix peu convaincante vous dit: "C'est un lutin!" ou "C'est une clé à mollettes!".
Le moteur du jeu (le même que dans «The Quivering», permet de regarder autour de soi, dans une vue à 360 degrés dite panoramique. Mais les mouvements sont parfois rapides et ne permettent pas de tout voir. Il y a un temps de rôdage pour s'habituer à ce moteur.
Les musiques sont entraînantes, enfantines au départ, et collent avec l'ambiance "youpi-tralala" du jeu.
Et soudain, en arrivant dans la cave, l'atmosphère vire au soft horrifique: musique angoissante, lutins couchés, dans une posture de cadavres, traces de sang sur le mur...on se prend à se pincer pour se dire que l'on ne rêve pas.
Un peu plus tard, on surprend un des rennes sous la douche, et comme le corps des rennes est identique à celui des humains, on devine les seins et les fesses de ce magnifique specimen de femelle renne.
Dans ce même chapitre, vous allez trouver une boîte avec un renne gonflable, sous le lit d'un renne mâle...
Au chapitre suivant, vous allez arpenter une galerie souterraine, et de nombreuses références viennent titiller votre mémoire et votre culture cinématographique, entre Tarzan et Indiana Jones. Il vous faudra éviter de nombreux pièges, et les cinématiques ne sont pas avares de détails avec la mise en scène atroce de votre mort par écrasement sous une dalle, ou par empalement, par électrocution, chute dans le vide...Et pour avancer, il ne faudra pas hésiter à sacrifier un lapin ou un gnome, avec un mauvais goût qui pourrait rebuter certaines personnes sensibles.
Au Pôle Sud, vous allez rencontrer tout une galerie de personnages dignes de vos pires cauchemars, comme ces pingouins sans pitié ou ces ours polaires que vous allez devoir massacrer sous une boule de neige pour déjouer leur vigilance. Il y a même une scène de mort de notre jeune Spud par décapitation après un coup de batte de baseball ajusté sur la nuque.
Bien entendu, passé l'effet de surprise, vous allez bien comprendre que ce festival de mauvais goût grinçant est d'abord un procédé narratif qui inscrit le jeu dans la parodie, et dans la satire.
En définitive, c'est un jeu qui ne ressemble à nul autre, mais qui est bien de son époque, à l'heure où «Carmageddon» joue à écraser des piétons, et où les scènes de meurtre de «Phantasmagoria» et du manoir de Stauf dans «The 11th Hour», donnent lieu à des cinématiques macabres. Un jeu à prendre d'abord avec des pincettes, puis au second degré!

titre Conclusion

It only looks like a kids'game, voilà ce que l'on peut lire (également) sur la boîte de jeu. Ca ressemble à un jeu pour les enfants, une sorte de croisement entre «Le Voleur d'Esprits», «les 9 Destins de Valdo» et «Toy Story».
Détrompez-vous, c'est un vrai jeu pour adultes, avec des scènes violentes, d'autres qui évoquent du sexe, et l'ironie mordante joue à marcher sur les platebandes du mauvais goût. En cela, la critique de Monsieur Pomme de Terre, dans le Joystick du mois de juin 1996, est tout-à-fait en accord avec ce que je ressens: un jeu qui ne peut convenir à des enfants, parce qu'il est trop "second degré". Mais convient difficilement à des adultes qui lui préféreraient «Harvester» ou «Phantasmagoria».
Pourtant, c'est un jeu qui déborde de charme et de nostalgie, et qui dit crûment ce que les jeux de 2015 ne diront plus avant longtemps. Un jeu qui respire l'audace d'hier, quand on pouvait rire de tout. Un jeu pas si facile, une durée de vie honorable, de l'humour noir, et même si les voix nasillardes des doubleurs sont énervantes, c'est un jeu qui mérite d'être connu par les amateurs de jeux d'aventure.

titre Lancement

Pour jouer à «Spud», vous allez devoir installer les deux CD du jeu. Le mieux est de commencer par le CD1 puis de procéder de même pour le CD2.
Après avoir décompressé l'image ISO avec 7z, montez l'image avec Daemon Tools. Le jeu fonctionne avec Dosbox ou avec D-Fend Reloaded.
Personnellement, j'ai testé le jeu avec Win 98. Utilisez le lecteur correspondant à la lettre du lecteur virtuel, et cliquez sur "Panneau de Configuration". Règlez votre affichage sur 16 bits, et cliquez sur "Sound Configuration Options". A l'aide des flèches directionnelles, choisissez votre carte son puis sur "Done".
Le CD2 doit être installé de la même façon. A la fin du CD1, vous obtiendrez un mot de passe. Pour chaque lancement du jeu sur le CD2, il faudra taper le mot de passe dans la boîte de dialogue, avant de lancer le chargement de la dernière sauvegarde, accessible dans le menu du jeu. Bon jeu.



titre Complétez cette fiche

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titre Liens divers

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