FRANCE IMAGE LOGICIEL (FIL)

1985 1988PuceFrance Bagnolet (voir sur l'atlas)
Éditeur et distributeur français basé à Bagnolet, Seine-Saint-Denis (28 mars 1985).

La marque de logiciels France Image Logiciel est créée pour accélérer la création et la publication de logiciels pour micros Thomson, ce que leur label d'édition grand public To Tek ne peut faire seul, avec à sa tête François Robineau, ex-responsable des logiciels chez Nathan. Son capital de 10 millions de francs est réparti entre Thomson-SIMIV (35%), Answare, une filiale de la CGE dédiée aux logiciels Thomson (35%) et la CAMIF (20%). La société édite des développements tiers, qu'elle distribue également en France et en Italie. FIL est alors organisée en trois unités, Miclog pour les développements, Logifil pour la commercialisation et Cable pour la distribution.

S'intéressant d'abord au marché des micro-ordinateurs familiaux Thomson TO et Olivetti Prodest, il est tout naturel que FIL joue un rôle de premier ordre dans le plan Informatique Pour Tous (IPT) que certains d'entre nous ont connu: ils prennent en charge l'envoi des valises de logiciels aux écoles, la CAMIF s'occupant de la réception des commandes. Ils développent leurs propres jeux et logiciels éducatifs, et adaptent des jeux étrangers sur ordinateurs Thomson. L'implication dans le domaine éducatif permet à FIL de devenir le premier éditeur de logiciels familiaux, avec 80 millions de chiffre d'affaire en 1985 et 134 millions en 1986. Néanmoins, sur le plan ludique, les jeux réalisés par FIL ne sont pas d'une grande qualité, et la malette de logiciels professionnels Practi fait un flop.

Fin 1986, faute d'avoir rencontré le succès escompté, Thomson se désengage de la micro-informatique familiale pour se recentrer sur la production de compatibles PC et se retire du capital de FIL. Le 26 mars 1987, la CAMIF rachète les parts d'Answare et devient l'actionnaire majoritaire. Pour se relancer, FIL rachète 67% des parts de Cadre, la structure de distribution d'Infogrames, qu'elle rebaptise Cable. Initialement chargée de la distribution des logiciels du groupe Infogrames (incluant donc Cobra Soft et ERE Informatique, ces derniers étant alors déjà distribués par FIL), Softhawk et Free Game Blot, elle intègre très vite les jeux MicroProse (voir Trivia 1), puis ceux d'Activision, Firebird, Rainbird, Imagine... Dans le même ordre d'idée, elle s'associe avec la chaîne de magasins Micromania pour former la structure Logifil (intialement Microfil), qui devient le fournisseur exclusif de logiciels du réseau de boutiques NASA (94 adresses en 1987). FIL se lance également dans le développement d'une gamme de logiciels professionnels sous GEM, "Pur FIL" (traitement de texte Filtexte, base de données Filbase, tableur), qui va durer deux ans. Fin 1987, le chiffre d'affaire est retombé à 100 millions, la distribution n'atteint que 65 millions. François Robineau perd provisoirement son fauteuil de président, et la CAMIF met en place un conseil de surveillance.

En 1988, enfin, elle achète au prix fort (10 millions de francs !) les droits d'adaptation sur micros de plusieurs jeux d'arcade japonais (Continental Circus, The Ninja Warriors, Gemini Wings, Silkworm, Shinobi, Kid Niki : Radical Ninja, Paddle Mania, Time Soldiers) pour les sorti sur un nouveau label baptisé Rebel. A l'approche de l'automne, les jeux FIL commencent à atteindre un niveau de qualité correct, la gamme professionnelle est quasiment terminée, les adaptations de jeux d'arcade sont en chantier. Mais à ce moment-là, Infogrames a rompu le contrat qui le liait à Cable, mettant ainsi FIL en difficulté (voir Trivia 2). Et là, c'est le drame : considérant désormais l'énorme budget englouti pour la gamme de logiciels professionnels (29 millions !) comme une charge et non un investissement, la CAMIF arrête les frais et retire ses parts. Le 10 octobre 1988, FIL se déclare en cessation de paiement. La société est liquidée deux mois plus tard (voir Trivia 3). Une partie des employés fonde alors les Éditions Profil. RIP

Le slogan de FIL est : "Les prix FIL sont imbattables", avec cette variante : "Seuls les prix FIL sont imbattables".

Son adresse postale : Tour Gallieni 2, 36 avenue Gallieni, 93175 Bagnolet.

Trivia 1
Les logiciels Microprose disponibles en France à la suite de l'accord de distribution FIL-Microprose sont les suivants : Acrojet, F-15 Strike Eagle, Gunship, Kennedy Approach, Silent Service, Solo Flight. FIL adapte Silent Service pour la gamme Thomson. Nous l'avons trouvé très différent de la version pour Atari ST (les graphismes et le son n'ont hélas, que peu de chose à voir avec la version originale). Pour Thomson MO et TO sur cassette, 145 F. Sur disquette pour TO 8, 9 et 9+, 195 francs.

Trivia 2
Les deux parties semblent se renvoyer la balle sur les causes de cette débacle : François Robineau souligne les échecs commerciaux d'Infogrames, et notamment les 70% d'invendus de la série Bob Morane - des invendus que Logifil s'était engagé à reprendre dans le cadre de son accord avec les boutiques NASA (voir Trivia 2 bis) - tandis que Bruno Bonnell précise que les frictions avec FIL sont bien antérieures.

Trivia 2 bis
La chaîne de magasins NASA, cliente de Logifil, qui se trouve justement elle aussi en difficulté en cette année 1988 : elle a déjà changé deux ou trois fois de propriétaires et va devenir une habituée des tribunaux de commerce.

Trivia 3
On notera que sur les huit conversions d'arcade planifiées (citées dans Micro News 14), cinq seront finalement adaptées et éditées par Virgin Games en 1989 (ce sont même, avec Double Dragon II, les seules qu'ils sortent cette année-là), il est donc possible que Virgin Games ait racheté un lot de droits d'adaptations lors de la liquidation de FIL.
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