Dark Seed 2
Série
Année
1995 (Sortie FR)
Développement
Systèmes
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679 votes


titre Le scenario

L'histoire se déroule un an après les faits qui s'étaient produits dans le premier opus. Mike Dawson, traumatisé par son expérience vécue à Woodland Hills, a quitté la Californie pour s'installer dans la ville texane de son enfance, à Crowley. Prostré dans les souvenirs douloureux causés par sa rencontre avec le Monde Obscur, Mike est en panne d'inspiration, a perdu pied avec la vie sociale et se débat avec une dépression que personne ne comprend. Installé chez sa mère, qui lui reproche son inactivité à longueur de journée, Mike Dawson a failli retrouver un peu de tonus en se rapprochant de Rita, une amie d'enfance dont il est secrétement amoureux. Mais Rita a été assassinée et son corps a subi d'effroyables sévices. Le meurtre a eu lieu le soir du Bal des anciens du collège, et Mike est la dernière personne à avoir été vue en compagnie de Rita. Soupçonné de meurtre, Mike a du mal à présenter un alibi pour se défendre, parce qu'il ne se souvient plus de rien. Un écran noir a effacé ses souvenirs. Les Anciens, ces créatures postées dans le Monde Obscur qui jouxte le nôtre, le Monde Ordinaire, seraient-ils de retour? Les cauchemars reprennent, les migraines martèlent le crâne de Mike, qui apparaît comme le coupable idéal aux yeux de la communauté de Crowley. Vous qui incarnez Mike Dawson, vous n'avez que votre intuition, et l'aide ponctuelle d'un mystérieux allié, Jack, pour vous disculper et mener une enquête à la recherche d'indices. Et si l'assassin de Rita était un envoyé du Monde Obscur? Et si c'était un complot? Comment retrouver vos souvenirs de cette terrible nuit où Rita a été assassiné? A vous de jouer!

titre Le gameplay

Si vous avez joué au premier «Dark Seed», vous ne serez pas pris au dépourvu par sa suite: Le gameplay est résolument identique à son aîné. Tout se joue à la souris, même s'il existe des raccourcis clavier, que vous pouvez retrouver en téléchargeant le manuel.
La principale difficulté réside dans l'utilisation du clic droit, qui permet d'alterner trois icônes: la flèche permet de choisir une direction, la main représente une action, une combinaison d'objets, et le point d'interrogation permet d'observer.
Le menu est accessible en pointant votre curseur sur le haut de l'écran: vous y trouverez vos options de sauvegarde, de chargement de parties sauvegardées, d'options pour accélérer les déplacements du personnage, pour paramètrer le son, les sous-titres...
Le jeu est en anglais, mais les sous-titres sont en français, à part pendant les cinématiques où il n'y a pas de sous-titres. Mais heureusement, tout est facilement compréhensible.
L'inventaire est accessible en pointant votre curseur sur le bas de l'écran. Vous pouvez utiliser, prendre, combiner, examiner les objets de votre inventaire à l'aide des clics droit et gauche de votre souris.
Certaines actions se débloquent après une phase de dialogues. Vous pouvez sélectionner les phrases en utilisant la flèche qui se trouve à gauche du bandeau de dialogues, près d'une petite tête de mort. Ah oui, et pour déclencher les dialogues, il faut pointer la fléche sur le personnage avec qui vous voulez converser.
Rien de très difficile, en somme. Il s'agit d'un jeu d'aventure traditionnel. La principale difficulté sera de résoudre des puzzles en naviguant entre le Monde Obscur et le Monde Ordinaire, après avoir trouvé le moyen de s'y rendre.
La principale innovation, par rapport au premier opus, c'est que vous n'avez plus de temps limité pour accomplir vos actions. Fini le jeu en pseudo temps réel, avec des jours qui défilent, et qui, si vous n'avez pas réalisé tel objectif, vous laisse sur le carreau sans vous dire que vous êtes en game over. Dans cette suite, il se peut que vous erriez un certain temps avant de comprendre comment débloquer votre situation. La solution est de revisiter les lieux, de redialoguer avec les personnes et de rester vigilant par rapport à ce qui a changé (nouveaux personnages dans des décors, nouveaux dialogues...). La difficulté est raisonnable: ni trop facile, ni démesurément difficile. pourtant, on peut se retrouver bloqué à cause d'un objet difficile à distinguer, ou d'un lieu qu'on ne sait pas trouver. En effet, le jeu est labyrinthique, immensément labyrinthique. Un plan peut s'avérer nécessaire, même si un système de map permet au joueur de savoir où il va en cliquant sur le lieu où il souhaite se rendre, en quittant un endroit.
Enfin, il y a des situations de game over, qui nécessitent des sauvegardes fréquentes. La plupart du temps, vous saurez les éviter, mais parfois, votre personnage meurt à la suite d'une action qui semblait innocente, surtout dans le monde Obscur.
Dernière chose: il y a une scène d'action, qui consiste en une course-poursuite dans un labyrinthe. Il faut devancer le Behemoth, réincarnation extraterrestre du Mal, avant qu'il n'entre dans la dimension du monde ordinaire. Pas évident, mais on a toujours le loisir de se familiariser avec ce lieu, accessible assez tôt dans le jeu, alors que la phase d'action se situe tout à la fin.

titre Un jeu magnifique et une métaphore de la folie

Si l'action du jeu se déroule un an après le premier «Dark Seed», en réalité ce sont trois années qui séparent les deux opus. En 1992, Cyberdreams avait accordé sa confiance à une jeune équipe enthousiaste, et le jeu avait séduit un public asez large. H.R.Giger, l'artiste qui avait inspiré les créatures du film Alien, avait d'abord montré quelque réticence à collaborer à la réalisation d'un jeu vidéo. Mais le résultat l'avait tellement enthousiasmé qu'il avait décidé de rempiler pour une suite.
On retrouve avec bonheur des décors inspirés des tableaux et des art works du Maître Giger. Un Monde Obscur peuplé de créatures biomécaniques, avec des bébés monstrueux, des êtres répugnants, des lieux sordides et dérangeants. Les couloirs sombres et labyrinthiques résonnent de bruits métalliques, comme dans un cauchemar. Et en contrebas, le torrent qui s'écoule est celui d'une rivière de sang.
Les bâtiments à l'architecture futuriste, vous permettent d'entrer en contact avec des lieux plus glauques les uns que les autres. D'ailleurs, l'ouvrage phare, dans le jeu, s'intitule Necronomicon, comme l'ouvrage où Giger a rassemblé ses plus illustres scènes de la vie extraterrestre.
Ce Monde Obscur, il est agencé de façon à se superposer au monde ordinaire. Tous les lieux que vous traverserez dans la ville de Crowley ont un équivalent dans le monde des ténèbres.
Dans le Monde Ordinaire, vous arpentez des lieux variés et qui fourmillent de détails pointilleux. A la différence du Monde Obscur, le Monde Réel se présente sous la forme de décors où se trouvent, en avant plan, des objets ou des détails qui favorisent l'immersion dans le jeu. Par exemple, le cabinet du docteur Sims se présente comme une pièce spacieuse où une comtoise rappelle le temps qui passe. Un livre intitulé "dada", en référence au dadaïsme et au surréalisme, vient faire écho à un cadre monumental, au-dessus du canapé où Mike vient subir des séances d'hypnose, avec un cigare comportant le commentaire: "Ce n'est pas un cigare".
Et chaque pièce, ou presque, chacun des 40 lieux du monde réel, comporte ses détails, sa décoration, son atmosphère.
La palme reviendra probablement à la fête foraine, le carnival, avec le guichetier déguisé en clown sinistre qui n'est pas sans rappeler le malsain personnage de Stephen King, dans le roman-fleuve "ça". Les soeurs siamoises Minnie et Daisy ( une référence à Disney que l'on comprendra un peu plus loin), le géant dépressif Gargan, Pandora, l'énigmatique diseuse de bonne aventure, évoluent dans des décors tour à tour magiques et inquiétants. Le carrousel, symbole de l'invitation à flâner, jouxte des peintures de personnages torturés.
Tous les personnages apparaissent plus ou moins déjantés, comme si le temps était suspendu, la violence est feutrée et se devine, avant d'éclater au gré des rebondissements.
Un hymne à l'horreur, un hommage appuyé à Lovecraft ou à Stephen King, une musique grandiose, des arrangements musicaux, des bruitages, qui achèvent de vous immerger dans ce jeu où la folie rôde. Dans le manuel du jeu, il est écrit que «Dark seed 2» est une métaphore de la folie. C'est cette formule qui semble la plus appropriée pour caractériser ce jeu comparable à nul autre. Un polar surnaturel qui hésite entre vraie science fiction et une enquête au bout de la psychose, ce sera à vous de juger.

titre Une "dream team" pour Cyberdreams

En 1993, David Mullich devient le nouveau directeur de Développement du studio californien. Il a collaboré à des projets qui ont rencontré un écho favorable, avec des jeux aussi variés que «Dick Tracy» ou «Arachnophobia». Il a bien l'intention de donner une suite à «Dark Seed», mais il entend recruter les meilleurs artistes et graphistes pour concurrencer les Jeux Lucas Arts ou Sierra. Mike Dawson, l'auteur du premier jeu, est remercié avec son équipe. Seul, Giger demeure dans le projet, mais comme consultant. Le personnage de Dawson est reconduit, mais avec un autre visage, ce qui peut déplaire aux aficionados du premier opus (et j'en suis).
Un bon jeu c'est d'abord un bon scénario, avec des fausses pistes et des rebondissements. Mullich s'est tourné vers Raymond Benson, auteur avec qui il a déjà travaillé,qui est très inspiré par Stephen King, par les atmosphères lugubres et la science fiction. Benson a produit des oeuvres à succès comme Are you afraid of the dark?, «Dragonsphere», «Return of the Phantom», et bien sûr le hit «Ultima VII».
Le scénario de Benson tient ici toutes ses promesses, même si l'ensemble peut apparaître un peu dense, surtout avec les explications sur le complot des Anciens, qui viennent se superposer sur l'enquête "réelle", et avec la liste conséquente de suspects. Mais au final, le choix de Mullich a été plus que royal!
Pour les décors et environnements, deux équipes ont été constituées. La première, emmenée par Peter Delgado, avec la collaboration de H.R.Giger, a finalisé le Monde Obscur, avec des décors en 3D pré-calculés. La patte de Delgado, on la retrouve avec des softs comme «I have no mouth and I must scream» ou Cyber race, édités entre 1993 et 1995 par le même studio Cyberdreams.
L'autre équipe, celle du Monde Ordinaire, a été chapeautée par Jeff Hilbers, transfuge de chez Disney. On peut plus facilement comprendre les petits clins d'oeil, avec Minnie et Daisy, les deux soeurs siamoises inquiétantes. Les canotiers que portent les forains ne sont pas sans rappeler les personnages de Mary Poppins. Disney au pays de Lovecraft... Hilbers, qui a su exploiter tout le rendu du SVGA en 256 couleurs, a également travaillé sur des jeux comme «Stunt Island». Plus tard, il a poursuivi sa brillante carrière chez THQ, au cours des années 2000.
En ce qui concerne la musique, Mullich a déniché un des plus remarquables compositeurs pour l'entertainment, la télévision, le cinéma et les jeux vidéo, avec Mark Morgan en personne. La bande son de «Dark Seed 2» est tout simplement sublime, avec des thèmes qui épousent l'atmosphère de chaque lieu et de chaque situation. C'est encore une des grandes réussites de ce must. Plus tard, Mark Morgan a composé des musiques pour des hits comme «Zork Nemesis» ou «Zork Grand Inquisiteur», «Fallout», et en cette année 2013, il est crédité dans le projet Kickstarter de Torment: Tides of Numenera.
Un grand musicien, c'est bien, de bons ingénieurs du son, c'est mieux. Greg Chapman a apporté son talent en numérisant les voix de plus de quarante personnages, dont le casting a été organisé par Lisa Wasserman. Les acteurs qui ont été retenus ont été enregistrés dans les anciens locaux de Lucas Arts, à Los Angeles. Les personnages ont été photographiés, filmés, puis numérisés pour coller aux personnages qu'ils campent dans le jeu.
David Schultz, enfin, a numérisé des tas de sons plus ou moins déformés, pour coller au Monde Obscur, pour accompagner les scènes sanglantes, les visions horrifiques.
On pourrait continuer, car l'équipe de «Dark seed», c'est une cinquantaine de collaborateurs rigoureusement sélectionnés pour leurs compétences et leur rigueur. Un budget presque aussi imposant qu'un blockbuster de chez Sierra. Au final, près de 80 décors, plus de quarante personnages, une foison de dialogues, une dizaine de cinématiques, une BO de près de 25 titres. Une dream-team pour Cyberdreams.
Le jeu a eu un succès mesuré, mais pas suffisant pour éponger toutes les dépenses consenties à l'époque par Mullich. En 1995, un troisième opus semblait se profiler. A la fin du jeu, Jack nous salue et s'exclame "See you Later"...
Et si un Projet Kickstarter venait ressusciter la série?

titre Technique

Sous XP et Vista :
Pour installer : mettez SETUP.EXE en mode de compatibilité Windows 98.
Pour jouer : mettez DARK0001.EXE en mode de compatibilité Windows 98. Si le jeu ne se lance pas, mettez le bureau en 16 bits (65000 couleurs).
Le jeu étant en 640x480, je vous conseille de mettre le bureau en 800x600 avant de le lancer.



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