The Longest Journey
Année
1999 (Sortie FR)
Développement
Edition
Systèmes
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titre "Raconte-moi une vraie histoire !"

L'introduction du jeu s'ouvre avec une vieille dame qui conte une histoire à deux jeunes qui lui demandent une "vraie histoire". La dame s'exécute et narre une étrange histoire. Générique et début de la quête.
Avec «The Longest Journey», vous voilà transporté(e,s) dans un futur un peu chaotique, au début du XXIII ème siècle, dans une ville industrielle nommée Newport.
Dans ce Point and Click à la troisième personne, vous incarnez April Ryan, une jeune étudiante en arts plastiques qui est en rupture familiale. La jeune fille est logée dans une pension de famille tenue par Fiona et Mickey, et a réussi à trouver un job où travaille également Charlie, un de ses voisins de palier à la pension The Border House.
D'étranges cauchemars assaillent April, où il est question de dragons et de monde en péril. Du coup, April ne peut plus guère se concentrer sur son travail d'artiste, et se demande si elle ne commence pas "à travailler du chapeau".
Au matin de ce premier chapitre, elle rencontre Cortez, un homme énigmatique qui semble savoir ce que la jeune femme ignore. Elle repousse Cortez, mais ce dernier ne s'avoue pas vaincu. Décidé à lui révéler ce que le destin réserve à April, il lui donne rendez-vous à une Galerie "où les enfants visualisent leurs rêves".
April s'apprête à vivre le plus long des voyages...


titre Un grand jeu d'aventure

Le jeu est une véritable ode au jeu d'aventure. Entre «Myst» et «Atlantis», vous menez une quête entre deux mondes, l'un technologique et sombre (Stark) et l'autre, Arcadia, monde onirique et magique. Guidé(e,s) par l'Equilibre, le joueur doit mener une enquête dense et pleine de rebondissements à travers les deux mondes. Des énigmes, des puzzles et de l'exploration à couper le souffle.
En ce qui concerne le Gameplay, le jeu se joue intégralement à la souris, et quelques raccourcis clavier permettent de sauvegarder ou charger les parties mémorisées.
Pour le reste, tout est intuitif, à partir de l'écran de menu, et à partir du bandeau supérieur, qui renvoie vers l'inventaire et les options de jeu.
L'histoire se déroule depuis le prologue jusqu'à la conclusion, à travers 14 chapitres qui imposent une linéarité qui retire un peu de sa fantaisie au jeu. On n'est pas dans «The Nomad Soul» mais ce manque de liberté est compensé par l'expérience féérique du jeu.
Les énigmes imposent beaucoup de lecture, à travers les pages du journal d'April qui s'écrit au fur et à mesure, et qui contient de précieux indices. Et lorsque le journal s'enrichit d'informations capitales, un son de clochettes et une aura lumineuse viennent prévenir le joueur.
L'aventure nécessite de collecter des objets et d'interagir sur l'environnement. Il y a aussi des dialogues avec des choix multiples, et le jeu peut se bloquer si un dialogue n'est pas entrepris avec un personnage.
Il faut également observer les objets contenus dans l'inventaire, et agir sur eux (Observer, parler, prendre).
Enfin, quelques puzzles sont disséminés au cours de votre progression (un puzzle de tuyau qui fuit et deux ou trois énigmes "mystiennes") mais tout peut se résoudre avec de l'observation. D'ailleurs, tous les dialogues et toutes les cinématiques peuvent être revus dans les options.
Pour ce qui est de l'Histoire, le scénario est dense, les personnages sont nombreux, les lieux à explorer se comptent par dizaines.
De nombreuses références culturelles émaillent votre expérience de jeu, avec des films cultes à l'affiche du cinéma Mercury (Le Faucon Maltais, Casablanca), et un regard nostalgique sur le temps qui passe, sur la vie qui avance vers la fin inexorable. Beaucoup de tendresse pour April, "monstre d'humanité", ou Emma, Charlie, Cortez, et tout une galerie de portraits qui transforment le jeu en un exposé humaniste.
Stark est la représentation de la terre rongée par la pollution et les effets pervers du capitalisme. Et derrière Venise, le quartier estudiantin d'April, des canaux où stagne de la vase putride alimentent la ville en relents tièdes. Le métro transporte des âmes solitaires vers des rues où grouillent des vagabonds ou des toxicos qui fument de l'amathine, drogue de synthèse de ce futur qui rebute.
Arcadia, plongée dans son écrin de verdure, propose des lignes courbes à l'architecture de ses maisons ou de ses bateaux. L'électricité et les technologies modernes sont remplacées par la magie et par les traditions. Malgré le Chaos qui approche, en dépit de la fin du monde qui s'annonce, ce monde symbolise celui des illusions perdues, celui des rêves qui enjolivent nos nuits.


titre Une équipe qui marque l'histoire du jeu d'aventure

A la fin des années 1990, les studios du Nord de l'Europe viennent renouveler le genre du jeu d'aventure initié par les LucasArts et Sierra. Que ce soit le Finlandais HousemarqueAlien Incident») ou le Polonais DetalionReah»), sans oublier le Russo-Allemand ExortusLiath») et l'inénarrable Suédois Daydream SoftwareSafecracker»), de nombreux studios cherchent à rebooster un genre délaissé par les éditeurs.
A Oslo, le studio Funcom tourne une page de sa courte histoire en décidant de développer «The Longest Journey». Jusqu'ici, les Norvégiens avaient lancé des petits jeux pour les consoles de salon (voir la fiche de Jyelcey).
Trois hommes portent le projet sur les ailes de leur talent:

  • Ragnar Tornquist

  • Il est le véritable père de l'aventure, coiffant la casquette de "Art Director", "Lead Designer", "Responsable de l'Ecriture". Diplômé de philosophie, d'histoire, de lettres, Ragnar est également un informaticien qui a travaillé chez Funcom dès 1994. Inspiré par la fantasy américaine, et plus particulièrement par l'oeuvre de Neil Gaiman, il a écrit l'histoire de ce conte moderne, avec la ferme intention de développer un Point and click dans le style des LucasArts. Le succèe planétaire du jeu lui vaudra une ascension irrésistible, et un véritable "Kit Mains Libres" pour développer le MMORPG «Anarchy Online» dès 2001.

  • Didrik Tollefsen

  • Véritable lieutenant de Ragnar, Didrik poursuivra sa collaboration avec ragnar sur «Anarchy Online» et sur «DreamFall», la suite des aventures d'April Ryan. Il est le graphiste des décors et de certains des personnages du jeu.

  • Morten Lode

  • Il est le troisième inséparable, et participera également aux projets de Ragnar et Didrik jusqu'en 2008. Sa spécialité réside dans la programmation.

Au total, c'est plus d'une quarantaine de personnes qui sont créditées sur le générique. Mais une place particulière revient à Bjorn Arve Lagim, le compositeur de la Bande-Son magistrale, que vous pouvez retrouver sur Biiper, à partir du lien présent sur cette fiche.
La musique du menu constitue à elle-seule un hymne hypnotique qui a grandement contribué à la notoriété du jeu.
Et pour finir, une mention particulière sera ajoutée pour l'équipe des 25 comédiens de doublage (en français) dont la composition est juste remarquable.
Mara Labadens apporte un souffle humaniste et sensible au personnage d'April Ryan.
La voix de Cortez est amenée par Eric Legrand que l'on retrouve dans le jeu «American MC Gee's Alice» en 2000.
Virginie Ledieu, qui double Meg Ryan pour le grand écran, incarne Emma avec talent. Et les plus attentifs auront fait le rapprochement avec Lady Georgia, dans le jeu «Titanic : Une aventure hors du temps».
Enfin, Christian Pelissier apporte un souffle épique à Nebevay, le capitaine du Dragon Blanc, et sa voix est bien connue des jeux video, avec des prestations sur «Heart of Darkness» ou sur «Grim Fandango».
Il y a bien eu des bugs (surtout pour la version initiale) et des défauts... mais «The Longest Journey» demeure un monument qui marque la réinvention d'un genre que l'on pensait éculé.


titre Conclusion

Une vraie histoire ne doit pas être nécessairement authentique, elle se doit d'être belle avant tout. Ragnar Tornquist nous raconte une des plus belles histoires que le jeu d'aventure ait jamais contée. Et ce qui rend beau ce récit, ce n'est pas le scénario - riche et dense, soit ! mais pas d'une originalité sans failles - c'est la profondeur des personnages, la force de conviction apportée au réalisme de l'héroïne April, à la fois si fragile et si forte, naïve mais bouleversante d'humanisme.
«The Longest Journey» vient clore le XXème siècle, vingt ans après l'invention de ce genre par les époux Williams et leur pépite «Mystery House». Un genre qui avait, semble t-il, connu son heure de gloire avec Sierra et LucasArts. Avec cette oeuvre magistrale, Monsieur Ragnar Tornquist a réinventé le genre. A l'heure où ces lignes sont écrites (2016), ce jeu a connu deux suites, mais c'est le premier épisode qui reste le fondement de la légende. Souvent imitée, jamais égalée. Garçon, un Abandonware d'Or s'il vous plaît ! C'est pour emporter !


titre Lancement

Jeu destiné à être lancé sous Windows 95/ 98; la version DVD se lance sous XP et sous Windows 7 / 64 bits. Non testée sous d'autres OS.



titre Complétez cette fiche

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titre Liens divers

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