ELECTRONIC ARTS UK

1987 2012PuceRoyaume-Uni Langley (voir sur l'atlas)
La société mère, Electronic Arts, que fonde Trip Hawkins en 1982 possède sa propre fiche vers laquelle il sera utile de se reporter.
En 1983, lorsque EA distribue son premier jeu en Europe, la compagnie californienne est au 136 ème rang des entreprises de jeux vidéo au Royaume-Uni. 5 ans plus tard, elle est devenue la société la plus respectée Outre-Manche.
Comment est-ce possible ?

  • 1987- 1993 : Naissance d'un Distributeur pour le marché européen

Trip Hawkins a très vite compris l'intérêt que suscitait le marché britannique, et à plus petite échelle le marché allemand. Le distributeur officiel des jeux EA en Europe est Ariolasoft, mais pour Hawkins, la clé de la réussite, c'est de supprimer les intermédiaires pour établir des connexions avec la clientèle.

En 1987, EA installe des bureaux dans la banlieue de Londres, à Langley, pour prendre le relais de la distribution des jeux en Europe. C'est l'acte de naissance de Electronic Arts UK (avril 1987). Pour chapeauter la société, Electronic Arts place l'Américain Mark Lewis à Londres, et un trio d'adjoints vient compléter le staff : Ruper Easterbrook, Kevin Schrapnell et Joss Ellis.

Les méthodes de la société-mère sont importées :
  • Faire mieux que distribuer des jeux : traduire les notices et accompagner le packaging de cartes de référence permettant d'installer et de lancer les jeux.


  • Attirer les meilleurs développeurs et mériter leur confiance pour les fidéliser et distribuer les jeux des meilleures compagnies anglaises.


  • Diversifier les supports de jeux : Electronic Arts a tout mis en oeuvre pour distribuer des jeux pour des micros (Macintosh, Amiga surtout, PC, Atari ST). Peu à peu, SEGA puis Nintendo peuvent compter sur ce pilier de l'édition pour pénétrer le marché européen avec les consoles made in Japan.


  • Entrer sur des marchés européens prometteurs : La France devient un marché juteux avec une filiale de distribution exclusivement orientée vers l'hexagone : Exasoft.

Dès 1987, le slogan de la compagnie était : "Can a computer make you cry ?" Et ce slogan devient très vite la marque de fabrique d'une compagnie qui restera toujours plus centrée sur les micros que sur les consoles.

  • 1994-2000 : le temps de la société Tricéphale

En 1993-1994, la société Britannique suit la pente suivie par la maison-mère américaine. Editer et distribuer ne suffit plus : il faut racheter des studios renommés mais en perte de vitesse et utiliser leur notoriété pour opérer une concentration verticale : développement, édition, distribution.

En Angleterre aussi, cette stratégie est préconisée par la société EA. Le rachat de Origin par Electronic Arts permet de lancer la phase de développement en Europe.

En 1994, Electronic Arts achète des studios à Manchester et y installe une troupe de choc dirigée par les frères Erin et Chris Roberts et aussi Paul Hughes pour développer une simulation spatiale de haut vol (arf) : Privateer 2 : The Darkening.

Electronic Arts Manchester ne sera pas une entité indépendante. Le studio est rattaché aux bureaux Londoniens qui, en 1997, viennent matérialiser leur autorité sur les bureaux Mancuniens en décrétant leur fermeture pure et simple.
Chris Roberts va fonder une nouvelle société à Austin (Fever Pitch).
Erin Roberts et Paul Hughes vont créer un studio à Manchester : Warthog.
Certains des bureaux de Manchester restent chez Electronic Arts UK et migrent vers les bureaux flambants neufs du Comté de Surrey, et plus tard de Chertsey.

Mais le vrai coup d'éclat de EA-UK c'est d'avoir acquis les studios Bullfrog, à Guildford, en janvier 1995. Peter Molyneux avait commencé à travailler comme consultant pour EA en 1994, et sa société devenait la clé de voûte de EA-UK avec la licence Populous et surtout Dungeon Keeper (voir la fiche de Bullfrog Productions).

Au pays de sa gracieuse Majesté, la vraie bombe en cette fin de siècle, c'est la licence Harry Potter. Et pour répondre à la demande (jeux PC, consoles de salon, consoles portables...) il allait falloir de la ressource et beaucoup d'autorité.
La restructuration allait décapiter EA Manchester (1997) puis Bullfrog (faussement indépendante depuis 1995, comme en atteste la démission de Molyneux pour fonder Lionhead Studios).
Après le temps de la tricéphalie, la période de la fusion allait dominer le début du XXI ème siècle.

  • 2000-2008 : Wingardium Fusiona

La fermeture des bureaux de Bullfrog, à Guildford, a favorisé la fusion de toutes les ressources de la société, autour de la licence Harry Potter.
Cela n'empêche pas des accords de sous-traitance avec des anciens collaborateurs (Warthog en 2003 pour la version PS 2 et GameCube de Harry Potter à l'école des sorciers, KnowWonder pour les trois premiers opus pour Windows) mais pour tenir la barre de cette licence juteuse, le rachat des studios Criterion games, en 2004, s'avère une vraie aubaine. Et Guildford redevient le centre névralgique de la société EA-UK.
En effet, toujours par souci de restructuration et d'optimisation, EA-UK rassemble toutes ses ressources (vétérans de Bullfrog, de Criterion Games, de EA Manchester, nouveaux venus) dans un immeuble tout neuf, à Guildford. Et les équipes chargées de développer les petits jeux adaptés à la téléphonie et aux bureaux de tablettes, les "Casual games", intègrent cette nouvelle entité qui, en 2008, prend le nom de Bright Light.

  • 2008-2012 : Bright Light, ou lueur crépusculaire ?

Pour la première fois depuis 20 ans d'existence, Electronic Arts UK a un logo (et même deux, que nous avons emprunté à nos collègues de Mobygames). Harvey Elliott est le nouveau patron de cette société qui délaisse les licences juteuses mais onéreuses à développer, pour des jeux de consoles nouvelle génération (PSPn Nintendo DS) autour de jeux sans originalité (Yahtzee, Monopoly...).
Le déclin est inexorable. En 2011, Electronic Arts propose de fermer Electronic Arts UK. Fermeture effective en janvier 2012.

Depuis 2013, des anciens de Criterion Games ont repris le flambeau et créé une société héritière de cet âge d'or des jeux anglais : Criterion. Mais c'est une autre histoire.
RIP
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